Accueil Messages du Culte Culte du dimanche 22 mars 2015 - «Celui qui aime sa vie la perdra… »
Culte du dimanche 22 mars 2015 - «Celui qui aime sa vie la perdra… » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Jér. 31. 31 à 34 / Jean 12. 20 à 33 / Heb. 5. 7 à 9

« Celui qui aime sa vie la perdra… »

D

ans un monde de violence, de rancœur, d’amertume, Dieu se révèle comme celui qui pardonne. Dans un monde de compétitivité, d’orgueil, de course à la performance, Jésus se présente à nous comme celui qui s’humilie jusqu’à mourir. Et de plus, c’est sur cette voie qu’il nous invite à avancer en ce 5ème dimanche du carême. Une voie qui nous rebute souvent, tant notre nature humaine est faite de désirs et de passions qui vont à l’encontre de ces pensées. Quel message recevoir ce matin ? Que signifie « Haïr sa vie dans ce monde » ? Faut-il renoncer à vivre, à réussir sa vie ? Que veut dire cette invitation à « mourir » tel le grain de blé, pour porter beaucoup de fruit ?

1°) « Voici les jours viennent, dit l’Eternel… je ne me souviendrais plus de leur péchés… »

Ces paroles que Dieu adresse à son peuple par la bouche du prophète Jérémie, nous rappellent avec force l’immensité de l’amour et de la grâce de Dieu. Elles nous disent combien Dieu a une capacité de pardonner qui nous dépasse. Nous voyons ici que malgré la désobéissance du peuple, Dieu lui fait encore une belle promesse. « Voici, les jours viennent… je ne me souviendrais plus de leur péché. » Dieu croit beaucoup plus en l’homme que l’homme ne croit en lui. Il recommence sans cesse, inlassablement, il pardonne, relève, restaure, redonne vie et espérance. C’est cette grâce qui s’est manifestée pleinement en Jésus pour tous. Cette même promesse que le Christ accomplira sur la croix en allant jusqu’à prier pour ses bourreaux « Père, pardonne leur, car ils ne savent ce qu’ils font… ». Seule une telle grâce libère de la culpabilité et devrait pousser tout homme à la repentance, à l’abandon de ses péchés, à la conversion et à la sanctification. Cette grâce devrait nous pousser à l’adoration, à un amour toujours plus grand pour ce merveilleux sauveur que nous avons en Jésus. Seule cette grâce nous permet de vivre, d’être sans cesse relevés, restaurés, renouvelés. Car Dieu a cette capacité d’oublier nos fautes, cette force d’amour de ne jamais désespérer de ses enfants.

Le pardon est la réponse à la condamnation, à l’amertume, au désir de vengeance. A ces sentiments qui sont souvent les nôtres et qui traversent sans cesse nos vies. Et si c’était ça, « haïr sa vie dans le monde, mourir ? » Non pas renoncer à vivre, mais pardonner à notre tour comme Dieu nous a pardonné ? Si c’était ça que Jésus voulait dire en disant : « Celui qui aime sa vie la perdra… » Aimer sa vie au point de refuser le pardon à celui qui me le demande ? Et préférer garder de l’amertume envers ceux qui nous ont fait du mal ?

2°) « Maintenant mon âme est troublé… »

Peut être la nôtre aussi ! Soit par cette invitation à « mourir », soit par nos épreuves. « Nous voudrions voir Jésus… ». Seul l’évangile de Jean nous parle de ces grecs, venus célébrer la Pâque à Jérusalem. Ils veulent voir Jésus, simple curiosité, désir de le connaître ou de voir quelques miracles, on ne sait le texte ne le dit pas. Mais Jésus répond à ses disciples en évoquant sa mort de façon imagée. Le grain de blé doit tomber en terre et mourir pour porter du fruit, pour donner vie. Mais mourir, ce n’est pas si simple pour Jésus aussi, bien qu’il sache d’où il est venu et où il va. Ici Jésus nous surprend. Il se présente à nous dans toute son humanité, un peu comme au jardin de Gethsémani.  « Mon âme est troublé… Que dirais-je… ? » Jésus se questionne, il questionne le Père intérieurement, il entend son propre désir de vouloir échapper à la mort tout en considérant celui de Dieu et le but de sa mission. Celle-ci va dans un sens totalement opposé. Que faire, que dire ? « Père glorifie ton nom ! » Le choix est fait, c’est celui de l’obéissance à Dieu, comme le rappelle l’épître aux hébreux. Sa prière est que le Père soit glorifié, que Dieu soit révélé dans tout son amour à travers son sacrifice, son obéissance. C’est alors qu’il portera beaucoup de fruit, il vaincra le prince de ce monde et sauvera des milliards d’être humains pour l’éternité. Sa mort est le prix de la grâce, le prix du pardon.

Il se peut que nous soyons nous aussi parfois troublés par nos épreuves, nos soucis, nos difficultés, des situations douloureuses. N’hésitons pas à aller vers Dieu, à exprimer nos craintes, nos angoisses, à être vrai avec Dieu. Il peut tout à fait nous comprendre puisqu’il les a vécues ces choses en Jésus. C’est dans la prière que le Seigneur nous fortifie, nous apaise, nous redonne confiance, courage et foi pour affronter nos épreuves. C’est là qu’il nous libère ou qu’il nous donne la force d’attendre. Attendre pour que son nom soit davantage glorifié. N’oublions jamais, il n’y aurait pas eu la gloire de la résurrection sans la croix. Pas de victoire sur la mort sans la mort de Jésus. Il n’y pas de victoire sans épreuves. Regardons toujours au-delà de nos épreuves, à la gloire que Dieu manifestera, à la façon dont il fera éclater sa gloire et sa libération. Et si c’était ça, « mourir, haïr sa vie dans ce monde », affronter nos épreuves avec foi, avec la force du Saint Esprit ?

3°) « Si quelqu’un me sert… »

Et pour finir, le Serviteur par excellence nous invite à le servir en le suivant. Ces quelques mots caractérisent pleinement la façon dont nous sommes appelés à servir le Seigneur. C'est-à-dire que nous devons le servir selon le même principe que lui-même a suivit. Celui de l’obéissance à Dieu, celui du grain de blé qui meurt. Servir en suivant Jésus, veut dire tout simplement servir dans l’obéissance, l’humilité, l’amour, le respect d’autrui. Il ne s’agit pas de faire ce que je veux, quand je veux, comme je veux. C’est tout l’inverse, comme Dieu veut, individuellement et communautairement. Servir la gloire de Dieu, chercher l’honneur de Dieu, ce qui donne du « poids » à Dieu, de l’importance à Dieu. Et si c’était ça, « mourir, haïr sa vie dans ce monde ? » Non pas refuser de vivre, mais servir, vivre, réussir pour la gloire de Dieu, pour l’honneur de Dieu ! Vivre pleinement, servir non pas comme nous le voulons ou l’entendons, mais vivre et servir en suivant Jésus, avec sa grâce, son pardon, sa générosité, son obéissance, sa consécration, en prière, en recherchant la gloire de Dieu. Mettre de côté ses rancœurs, ses amertumes, es vengeances ; son orgueil, sa susceptibilité, ses désirs personnels…

« Celui qui aime sa vie la perdra… »

« Et moi, quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi »

Laissons-nous attirer par lui ce matin laissons-le nous pardonner, nous restaurer, nous redonner foi, courage pour affronter les moments difficiles de la vie.

Afin qu’à notre tour, nous soyons des hommes des femmes de pardon, de celles et de ceux qui tiennent ferme dans l’épreuve, jusqu’au moment favorable de Dieu. Afin que nous le servions dans l’église, comme il veut et non pas comme je veux. Comme ce grain de blé qui meurt et qui porte beaucoup de fruit.

Afin que, selon sa promesse, nous soyons avec lui au dernier jour.

Pasteur Joel Mikaélian
22/03/15

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux