Accueil Messages du Culte Culte du dimanche 29 mars 2015 - «Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! »
Culte du dimanche 29 mars 2015 - «Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Es. 50. 4 à 7 / Phil. 2. 5 à 11 / Marc 11. 1 à 10

« Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! »

L

a fête des rameaux nous rappelle chaque année cet événement singulier de l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, quelques jours avant la Pâque juive. Ce jour-là, il devait y avoir déjà pas mal d’effervescence à Jérusalem avec tous les pèlerins venus pour la fête. Et voilà qu’un imposteur ou un illuminé est acclamé comme nouveau roi par une foule en liesse. On imagine l’étonnement, la crainte et les questionnements du pouvoir en place et des responsables religieux ! Qu’est-ce que cela encore ! Est-ce vraiment un nouveau roi, ou bien y a-t-il un malentendu ? Certainement les deux : cet événement marque effectivement l’accomplissement de la prophétie de Zacharie concernant le Messie ; mais révèlera en même temps un grand malentendu. Car l’histoire le montrera, ce nouveau roi et son royaume n’auront pas grand-chose à voir avec les rois et les royaumes de ce monde. Comment cet événement peut venir nous rejoindre et nous questionner aujourd’hui encore ?

1°) « Béni soit le règne qui vient… »

La foule ne pense pas si bien dire. Certes, Jésus est le Roi, Messie annoncé par les prophètes, mais il est venu dans ce monde pour révéler l’existence d’un autre type de royaume, un royaume éternel, invisible et inaccessible aux hommes. Déjà les prophètes l’avaient annoncé. Par exemple, lorsque le prophète Daniel interprète la vision de la statue qui finit par être détruite par une simple pierre (Dan. 2.), il dit au roi Nebucadnetsar : « dans le temps de ces rois, le Dieu des cieux suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit… » (Dan. 2. 44). Le prophète Esaïe quand à lui fait souvent mention des souffrances et de la mort du Messie. Mais il précise chaque fois que Dieu le rendra toujours vainqueur et qu’il règnera éternellement.

De même dans les évangiles, Jésus ne cesse de parler du royaume de Dieu ou du royaume des cieux. « Le royaume de Dieu est proche… si un homme ne nait de nouveau il ne peut voir le royaume de Dieu… Il faut que j’annonce la bonne nouvelle du royaume de Dieu… ». Sans parler de toutes les paraboles qui expliquent ce qu’est ce royaume. Jésus nous le présente comme un royaume radicalement différent des royaumes de ce monde. C’est un royaume où règne l’amour, la paix, la joie. Un royaume où Dieu sera là, « il essuiera toute larme, la mort ne sera plus, il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur… » (Apoc. 21. 4) Un royaume réservée à tous ceux qui auront cru et accepté la grâce du pardon en Jésus, justifiés et purifiés par Lui. Car dans ce royaume, « Il n’entrera rien de souillé… » (Apoc. 21. 27). Ce royaume est ouvert à tous, sans distinction de race, de statut social. Et Jésus l’a dit, il n’y a qu’une porte, qu’un seul chemin, c’est Lui. Il est venu et a donné sa vie sur la croix pour que ce royaume puisse être accessible aux hommes.

Jésus est bien le roi de ce royaume, il a tout accompli pour que nous soyons accueillis dans son royaume. En ce jour des Rameaux, nous pouvons, nous aussi, nous réjouir et crier « Bénis soit celui qui vient au nom du Seigneur », Bénis soit le Seigneur pour ce royaume qu’il a ouvert pour nous et qu’il prépare pour nous ! Et nous devons aussi crier, prier « Hosanna… ! », « Sauve…, sauve encore ceux qui sont perdus, ceux qui n’ont pas encore accepté la grâce du salut ! et qui seront privés de ce royaume s’ils te rejettent ! ». Sauve Seigneur aujourd’hui encore !

2°) « Bénis soit le règne qui vient… »

La foule a raison, mais la foule se trompe aussi, victime d’un grand malentendu. Les mots sont les mêmes, mais on ne parle pas de la même chose. Ces gens ne pensent pas au même royaume. Témoin ce qu’ils feront entendre quelques jours après : « Crucifie-le… Nous n’avons de roi que César… ». Pilate est troublé par tant de violence, il préfèrera se laver les mains. Les principaux sacrificateurs des juifs contesteront jusqu’au bout le nouveau roi. Ils iront dire à Pilate : « N’écris pas : Roi des juifs. Mais écrit qu’il a dit : je suis roi des juifs ». Pilate répondra : « Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit ». Jésus est roi.

Quel malentendu pour eux et la foule. Ils ont mal compris le message de Jésus, le sens de ses paroles et de ses paraboles sur le royaume de Dieu. Les chefs religieux et romains ne pensent qu’au pouvoir qu’ils veulent conserver. La foule, elle, ne pense qu’à son bien être, aux bienfaits physiques et matériels que Jésus pourrait lui apporter s’il était au pouvoir. Jésus est tellement bon, miséricordieux, attentif à tous, même aux plus petits ! Ce serait si bien d’avoir un tel roi ! De plus il est puissant, il fait des miracles, il guérit, il multiplie la nourriture… ! « Hosanna ! Bénis soit le règne qui vient ! ». Quel malentendu ! On ne parle pas de la même chose. Et c’est finalement devant Pilate qui s’interroge, qui s’agace même de ces histoires de roi, que Jésus éclaire ce malentendu : « Mon royaume n’est pas de ce monde… ». On ne parle pas de la même chose, même si l’on emploie les mêmes mots.

N’y a-t-il pas aussi quelques malentendus chez nous aujourd’hui au sujet de ce roi et de son royaume ? Que de malentendus dans nos conceptions de la vie chrétienne, dans nos attentes de Dieu. Que de malentendus à cause de nos lectures parfois trop matérialistes des évangiles et du message de Jésus ! Evangile de la prospérité, évangile du succès, évangile du pouvoir, de la puissance selon ce monde, évangile de nos illusions, évangile de nos sélections, et finalement, « évangile du monde et non plus évangile du royaume… » D’où parfois nos déceptions, nos révoltes, nos questions : « Seigneur, pourquoi… ? ». Que Dieu éveille chaque matin nos oreilles pour que nous écoutions comme écoutent les disciples. L’apôtre Paul écrit dans sa lettre aux Colossiens : « Si donc vous êtes ressuscités avec Christ, cherchez les choses d’en-haut, où Christ est assis à la droite de Dieu. Attachez-vous aux choses d’en-haut, et non à celles qui sont sur la terre… » (Col. 3. 1 et 2)

3°) »Ayez les sentiments qui étaient en Jésus Christ… »

La fête des Rameaux souligne aussi le caractère particulier du nouveau roi. C’est un roi, autrement, un roi humble nous dit la prophétie de Zacharie. Un roi qui n’exerce pas son pouvoir par la force à la manière des hommes, mais un roi dont la force est ailleurs. Un roi remplis d’amour, de compassion réelle en faveur des plus petits. Un roi attentionné à tous ses sujets. Un roi qui montre au monde que la véritable force est dans l’amour et l’humilité. Car « Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles » nous dit l’épître de Jacques. C’est pourquoi, l’apôtre Paul nous invite à avoir les mêmes sentiments qui étaient en Jésus Christ. Il invite les citoyens de ce royaume, à vivre selon les lois, les principes de ce royaume. Amour, humilité, compassion, soucis des plus faibles, confiance totale en Dieu à l’image du Serviteur décrit par le prophète Esaïe : « J’ai livré mon dos à ceux qui me frappaient … Mais le Seigneur, l’Eternel m’a secouru… ».

Conclusion :

« Bénis soit le règne qui vient… »

En ce jour des Rameaux, accueillons avec joie ce règne de Dieu qui vient, qui s’approche de nous un peu plus chaque jour. Bénissons Dieu pour cette merveilleuse espérance du royaume de Dieu préparé pour nous. Que l’éclat de ce royaume fasse sans cesse pâlir l’éclat des royaumes de ce monde. Que la vie qui nous attend nous aide à vivre sereinement nos quotidiens pas toujours flamboyants. Que l’avenir du royaume modère toujours nos ambitions, nos désirs d’être et de paraître dans ce monde. Que ce royaume qui nous attend soit toujours le sujet de notre joie, de notre espérance. Ce vers quoi nous regardons, tout en jouissant avec gratitude des biens que Dieu nous donne chaque jour.

Que Jésus le roi règne sur nous par sa Parole et son Esprit. Qu’il nous éclaire sans cesse et nous accompagne jusqu’au jour où nous entrerons dans son royaume. Qu’il règne sur nos pensées, nos paroles, nos actes, nos choix, nos vies quelles que soient les circonstances. Ayons, cultivons les mêmes sentiments que notre roi.

« Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! »

Pasteur Joël Mikaélian le 29/03/15

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux