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Culte du dimanche 05 avril 2015 -«Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Esaïe 53 / Luc 24. 1 à 11

« Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? »

A

près avoir vécu des jours particulièrement troublants, quelques femmes, disciples de Jésus, se hasardent à aller au cimetière, le premier jour de la semaine. Deux jours avant, elles avaient vécu des événements atroces, dignes de ces drames que l’actualité nous livre chaque jour. Elles avaient vu de leurs yeux la prophétie d’Esaïe se réaliser. Elles avaient vu Jésus « Méprisé et abandonné… Brisé… Maltraité… son corps cloué sur une croix… son côté percé par une lance… ». Elles avaient assisté à la crucifixion de Jésus, à son agonie. Elles l’ont accompagné jusqu’à son dernier souffle, espérant peut-être une intervention de Dieu, au dernier moment ! Mais non, Dieu est resté silencieux devant ce déchainement de haine et de violence. Comme en 1915 pour les arméniens d’Anatolie, comme pour tant d’autres aujourd’hui ! Dieu s’est tu, il a assisté en silence à la mort violente de son Fils bien-aimé. Il aurait pu intervenir, mais il ne l’a pas fait car il avait un autre plan : le salut de l’humanité. Après le sabbat, ces femmes se risquent malgré tout à aller au tombeau de bon matin, avec des aromates. Elles vont pour accomplir un rite, embaumer un mort. Mais ce jour-là, elles iront de surprise en surprise. Il n’y aura plus de mort. Suivons-les et laissons-nous interpeler par leur expérience.

1°) « Pourquoi cherchez-vous parmi les morts… »

Jésus est-il mort ? Oui, il n’y a pas de doute à ce sujet, les soldats ont bien vérifié. Jésus a-t-il été mis au tombeau, enseveli ? Oui, il n’y a pas de doute. Un notable lui a même offert un tombeau tout neuf et les femmes ont bien vu sa mise au sépulcre. Jésus est-il vivant ? Certains le croient aujourd’hui, d’autres pas. Mais ce matin-là, personne n’y croyait encore. Pourtant, beaucoup avaient vu Lazare sortir de son tombeau. Mais les soldats s’étaient tellement acharnés sur Jésus, ils l’avaient tellement « abimé » ! Il n’avait aucune chance de s’en sortir ! Alors, ces femmes vont au tombeau sans espérance, avec des aromates, pour embaumer son corps. C’est tout. Il semble qu’elles ne cherchent rien d’autre, elles n’attendent rien d’autre.

Et nous, croyons-nous à cette résurrection, fondement de la foi chrétienne ? « Si Christ n’est pas ressuscité…, disait l’apôtre Paul aux chrétiens de Corinthe, …votre foi est vaine, vous êtes encore dans vos péchés ». (1 Cor. 15. 17). C’est la résurrection qui atteste le message du Christ, valide la promesse du pardon, du salut et la victoire sur la mort. Y croyons-nous vraiment ? Oui !

Mais, si nous croyons que Christ est ressuscité… Alors… Pourquoi cherchez-vous parmi les morts… ? Pourquoi ces craintes constantes, ces découragements, ces doutes qui s’installent dans nos vies ? Pourquoi ces inquiétudes face aux épreuves ? Pourquoi ces angoisses qui nous paralysent parfois et nous empêchent de vivre pleinement ?

Pourquoi aussi ce sommeil spirituel qui nous envahit si facilement ? Pourquoi cette vie chrétienne de tradition, d’habitude, sans enthousiasme ? Pourquoi si peu de consécration au service de Dieu et tant de sacrifice pour cette vie appelée à disparaître ? Comment venons-nous à l’église les jours de fête, ou tout les dimanches ? Avec des aromates, pour embaumer un mort, ou avec notre cœur pour louer, écouter et prier un Dieu vivant ?

Certes, cela ne veut pas dire que toutes ces choses et ces comportements incohérents ne devraient plus exister pour celui qui croit en la résurrection de Jésus. Il ne s’agit pas d’être parfait. Non, nos faiblesses, nos craintes, nos lassitudes font et feront toujours partie de notre nature humaine. Elles pourront toujours traverser nos vies. Mais comme le disait le réformateur Martin Luther à propos du péché : « Tu ne peux pas empêcher que les oiseaux passent sur ta tête, mais tu peux les empêcher d’y faire leur nid ! ». Il en va de même de toutes nos incohérences ! Nous ne pouvons pas les empêcher de traverser nos vies, mais nous pouvons les empêcher de s’y installer durablement. Comment ?

2°) « Souvenez-vous de quelle manière il vous a parlé… ! » disaient les anges aux femmes.

« Souvenez-vous… ce que Jésus disait : il faut que le Fils de l’homme soit livré… crucifié… et qu’il ressuscite… ». Souvenez-vous ! « Et elles se souvinrent des paroles de Jésus… ». C’est alors que tout s’éclaire pour elles, c’est alors que tout change. Lorsqu’elles se souviennent des paroles du Christ. Et c’est un souffle de l’Esprit, un souffle puissant de foi et d’espérance qui les envahit. On ne parle plus d’aromates, de mort à embaumer. Il n’y a plus de craintes, plus de déception, de découragement, de doute, de résignation… Jésus est vivant, il a vaincu la mort, toutes ses promesses sont vraies, le salut est accompli, la vie éternelle est accessible à celui qui croit. Il a détruit le pouvoir de la mort.

N’avons-nous pas besoin, nous aussi, de nous souvenir ou de nous « ressouvenir » des paroles de Jésus ? C’est le secret du changement, du renouvellement. C’est la seule façon d’éviter que le péché, comme les craintes, les angoisses, le découragement, le doute… ne fassent leur nid sur nos têtes. C’est la seule façon d’éviter que le sommeil spirituel nous envahisse et nous paralyse. C’est le remède que Dieu a choisi pour nous réveiller et nous remplir de l’Esprit Saint. D’où l’importance de la méditation quotidienne de la Parole, de l’étude de cette Parole. A moins que nous fassions partie de ces chrétiens qui pensent tout connaître et qui n’ont plus besoin de méditer la Parole, d’écouter un message, de participer à une étude biblique… « Ne t’inquiète pas, dit le malin, toi tu n’as pas besoin de tout ça, tu n’es pas comme les autres, tu sais déjà ce que le Pasteur va dire, occupe toi des aromates… ». C’est en général ainsi que l’on devient ce que l’apôtre Paul appelle un chrétien charnel, seulement humain.

3°) « A leur retour du sépulcre, elles annoncèrent toutes ces choses… »

Ce qui change aussi pour ces femmes, c’est ce désir de partager avec les autres ce qu’elles ont vécu. Elles seront les premières, témoins de la résurrection de Jésus, premières à le dire malgré le scepticisme des disciples. (« Encore de ces rêveries de femmes au cœur sensible, émotives, qui se laissent berner par le premier venu ! Allons donc, nous les hommes, on ne va pas les écouter ! On ne va tout de même pas les croire ! ») Mais pourtant, Pierre se lève et court au sépulcre !

Alors n’hésitons pas, hommes, femmes ou enfants, n’ayons pas peur de croire et de dire que Jésus est ressuscité des morts, qu’il est vivant pour toujours, qu’il a vaincu la mort, que tous ceux qui croient en Lui ressusciterons un jour pour l’éternité.

Conclusion :

« Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? »

En ce jour de Pâques, quittons le sépulcre de notre incrédulité, de nos traditions mortes, de nos vies chrétiennes traditionnelles, routinières. Arrêtons de vivre comme si Christ était resté au tombeau. Arrêtons de chercher parmi les morts celui qui est vivant. Laissons nos aromates et ne laissons jamais le péché, la crainte, le doute, l’inquiétude, la lassitude spirituelle s’installer dans nos vies.

Allons toujours à lui avec foi, avec confiance pour l’adorer, l’écouter, le prier. Méditons sa Parole chaque jour, comme une Parole vrai, digne de confiance. Adressons-nous à lui comme l’on s’adresse à un Dieu vivant. Attendons-nous à lui comme l’on s’attend à un Père vivant et aimant.

Et soyons-en les témoins autour de nous.

Pasteur Joël Mikaélian
5/04/15

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux