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Culte du dimanche 12 avril 2015 «Huit jours après... Jésus vient...» PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Luc 24. 25 à 32 / Jean 20. 19 à 31

« Huit jour après… Jésus vient… »

D

imanche dernier nous avons fêté la résurrection de Jésus, le grand miracle de Pâques. Miracle qui en dit long sur la puissance de Dieu, qui permet aux croyants d’espérer toujours, d’espérer même face à la mort. En Jésus, la vie ne se finit pas dans le néant, ou dans une hypothétique réincarnation. Elle se poursuit par une ouverture sur la vie éternelle pour ceux qui croient. Ceux qui meurent en Christ ressusciteront pour la vie éternelle à son retour en gloire. Mais Dieu le sait, la foi ne peut pas se nourrir que d’espérance. Elle a besoin aussi de réflexion, de raisonnement, de faits tangibles parfois. Nous sommes des êtres doués d’intelligence. C’est pourquoi les textes des évangiles nous invitent à méditer. Ce matin, l’évangile nous invite à réfléchir sur les réactions diverses des disciples les jours qui suivirent la résurrection de Jésus. Que dire d’eux, de leurs craintes, de leurs incompréhensions, de leur incrédulité ? Comment les analyser, les comprendre ?

1°) «Le soir de ce jour, qui était le premier de la semaine… »

Jésus est ressuscité, il a vaincu la mort, et les disciples se rassemblent le soir même. Ils ont peur. Leurs craintes sont-elles justifiées ? Sont-elles rationnelles, raisonnables ? Pourquoi avoir peur ? De qui avoir peur ? Ils ont été témoins d’un événement extraordinaire, d’une manifestation de la puissance de leur Dieu. Mais voilà que plutôt que de se réjouir de la victoire de leur maître, d’être plein de foi, de confiance, ils sont gagnés par la peur. Une peur difficile à comprendre. Ils n’ont rien à envier à Thomas en matière d’incrédulité. Ils ne sont pas plus croyants que lui. Thomas a peut être dit tout haut ce que chacun pensait tout bas : « Pierre tu as peur, pourquoi ? Et toi Jean ? Oui j’ai peur… que va-t-il nous arriver ? Dès que les autorités religieuses et civiles apprendront que le tombeau de Jésus est vide, ils vont nous accuser. Vous allez voir, on va avoir des ennuis… ». Et alors que tout est verrouillé, « Jésus vint… au milieu d’eux… La Paix soit avec vous… ». Le Seigneur n’abandonne pas les disciples à leur crainte. Il vient vers eux pour les rassurer, les fortifier dans leur foi naissante. Rien ne peut arrêter le ressuscité. Sa présence, sa parole chasse la crainte et la remplace par la joie.

N’avons-nous pas nous aussi parfois des craintes difficiles à comprendre ? De ces peurs qui nous assaillent, qui nous surprennent dans nos jours d’épreuves ? Ne sommes-nous pas souvent enfermés dans notre incrédulité ? Que de fois nos cœurs sont verrouillés à cause de la crainte ! Crainte de l’avenir, crainte des événements, crainte des autres… On ne comprend pas toujours ce qui nous arrive. Il est des situations qui mettent notre foi à dure épreuve. Et l’on ne comprend pas pourquoi et comment on se retrouve dans la situation des disciples. Oui, notre foi ne peut pas se nourrir que d’espérance. Elle a besoin d’entendre et de réentendre la voix du ressuscité nous dire : « La Paix soit avec vous… ». Soyons reconnaissants, le Seigneur n’abandonne jamais ses disciples dans leur crainte. Il vient toujours nous rassurer, fortifier notre foi lors ce quelle défaille. Il ne nous abandonne jamais dans nos angoisses. Rien ne peut arrêter le ressuscité, si ce n’est notre liberté de le rejeter et de ne pas croire. Ouvrons nos cœurs ce matin à celui qui nous dit : « La paix soit avec vous… ». Soyez en paix en vous, mais aussi entre vous. « Je vous donne ma paix… ». C’est le vivant qui nous invite à la recevoir tout à nouveaux ce matin.

2°) « Reste avec nous… »

Plusieurs d’entre-nous connaissent ce chant qui dit : « Reste avec nous Seigneur le jour décline, la nuit s’approche et nous menace tous… ». C’était un chant que l’on nous faisait chanter en colonie de vacances avant de nous demander de regagner nos chambres pour nous coucher. C’était un chant apaisant, rassurant. Mais il me semble que pour beaucoup, nous ignorions que c’était la prière des deux disciples de Jésus sur le chemin d’Emmaüs, le soir du premier jour de la résurrection de Jésus. Qu’en fait, elle n’était pas une prière pour aller se coucher, mais au contraire, une prière pour rester éveillé, pour en savoir davantage sur le Messie. Ce n’était pas une prière pour se rassurer face aux inconnus de la vie et de la nuit, mais une prière pour demander au Christ de continuer à leur parler. C’était une prière pour dialoguer, converser avec le ressuscité, pour mieux comprendre ce qui s’est passé ce jour de Pâques. Et ce soir-là, les disciples ne furent pas déçus de ce temps passé avec Jésus. Peu à peu, leur foi s’est éclairée, leur incompréhension, leur déception se sont changées en foi, en désir joyeux de partager la bonne nouvelle de la résurrection de Jésus. La foi ne se nourrit pas que d’une vague espérance, mais de temps de communion avec le ressuscité.

« Reste avec nous… » Que représente cette prière pour nous ? Comment la considérons-nous ? Comme une prière pour nous rassurer, nous apaiser, ou comme une prière pour dire au Seigneur notre désir de communier davantage avec lui ? Pour mieux le connaître et le comprendre. Faisons nôtre cette prière : « Reste avec nous Seigneur, nous avons soif de ta présence, soif de mieux te connaître, soif de communier avec toi ».

3°) « Huit jours après… »

Le dimanche suivant, les choses ont-elles changées ? Pas vraiment. Les disciples sont toujours assemblés, c’est bien, même Thomas est là, il a rejoint le groupe. Mais les portes sont toujours verrouillées. Ils ont toujours peur. Jésus leur avait pourtant dit : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie… Recevez le Saint Esprit… ». Mais eux sont toujours là dans la crainte. Jésus ne désespère pas, il vient à nouveau vers eux et leur adresse les mêmes paroles : « La paix soit avec vous… ». « N’ayez pas peur, laissez de côté vos craintes, vous ne risquez rien, je suis avec vous… ». Et puis Jésus surprend. Alors que jusque-là il avait interdit à quiconque de le toucher, il demande à Thomas de le faire. Thomas s’exécute et comprend tout à coup que Jésus a vaincu la mort, que la mort n’est plus un drame irréparable. La foi ne se nourrit pas que d’espérance, elle se nourrit aussi de signes tangibles de la présence du ressuscité. De signes tangibles de la puissance de Dieu, de son amour de sa bonté, de sa puissance et de son attention.

Certes, pour nous aujourd’hui, il nous est impossible de voir et de toucher physiquement le ressuscité. Mais nous pouvons ouvrir nos yeux sur tous les signes de sa puissance, de son amour et de sa grâce qui nous entoure. Ouvrons les yeux sur la beauté de la création, le miracle de la vie, la naissance d’un enfant. Ouvrons nos oreilles spirituelles sur la réponse à une prière, une circonstance inattendue, ou tout simplement la foi de croire que ce qui a été écrit par les disciples de Jésus est vrai. Comme le rappelle l’apôtre Jean : « ces choses ont été écrites pour que vous croyez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu et pour qu’en croyant vous ayez la vie en son nom ».

Ouvrons nos yeux et nos oreilles sur tous les signes tangibles de la puissance de Dieu, de son amour que la vie nous montre, que les écritures nous révèlent. Ouvrons nos yeux pour sortir de nos craintes et de nos enfermements. La foi en Jésus Christ, c’est la vie !

Conclusion : « Huit jour après… Jésus vient… »

Au-delà de nos craintes souvent pas très rationnelles, ouvrons nos cœurs à la paix du Christ, comptons toujours sur lui. Il est vivant et fidèle. Il est présent même dans nos enfermements, attendant que nos verrous d’incrédulité sautent.

Au-delà de nos incompréhensions, de nos déceptions, prions-le de rester avec nous. Désirons toujours plus cette communion avec lui. Il le fera, il sera là dans nos réflexions, nos méditations.

Au-delà de nos doutes, de notre incrédulité, sachons discerner les signes tangibles de son amour, de sa puissance et de sa bonté…

Et sortons de nos maisons fermées pour aller le dire aux autres.

Pasteur Joël Mikaélian
12/04/15

 

 

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux