Accueil Messages du Culte Message du culte du 30 août 2015 - «Garde ton cœur plus que tout autre chose… »
Message du culte du 30 août 2015 - «Garde ton cœur plus que tout autre chose… » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Prov. 4. 23 / Mc 7. 1 à 8 et 14 à 23

« Garde ton cœur plus que tout autre chose… »

« Le cœur de l’homme est tortueux par-dessus tout…  Qui peut le connaître ?» (Jér. 17. 9).

L

e célèbre penseur et mathématicien Blaise Pascal disait : « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point ». C’est dire toute la complexité de l’être humain. Le cœur dont il est question ici est le siège de nos émotions, de la raison, de la volonté… Il représente l’être le plus profond de nous-même. C’est au point que l’on peut dire que gagner le cœur d’une personne, c’est la gagner elle-même. Les dirigeants comme les grands décideurs de notre monde l’on bien comprit. Ce qui explique que chacun tente de l’atteindre afin de pouvoir « manipuler », séduire, conditionner la personne humaine. Les nouveaux moyens de communications, idoles des temps modernes peut être, facilitent grandement les choses. (cf. les « Smartphones », dont sont friands nos enfants, ados et jeunes). Les chrétiens n’échappent pas à la règle. Ce qui nécessite la plus grande vigilance de notre part, pour nous comme pour les générations qui nous suivent. C’est sur ce point que la Parole de Dieu nous invite à méditer ce matin. Quel est l’état de notre cœur ? Qu’est-ce qui influence notre cœur, notre vie ? Comment avoir et garder un cœur pur ? Quel est le degré d’engagement et de sincérité dans notre vie spirituelle ?

1°) « Ce peuple m’honore des lèvres mais son cœur est éloigné de moi… »

Quel verdict sévère de la part de Dieu vis-à-vis de son peuple ! Que s’est-il passé ? Pourquoi un tel jugement ? Le contexte historique d’Israël à cette période est révélateur à ce sujet. Certes, sa pratique cultuelle demeure centrée sur le temple de Jérusalem, mais il semble que le cœur n’y est plus. Au fil du temps, des générations, la loi est devenue une obligation et non plus une grâce, un privilège de l’avoir reçu de Dieu lui-même. Le culte, l’adoration, est devenu une simple formalité culturelle. Puis, on regarde autour de soi, on voit d’autres cultures, d’autres religions, d’autres situations et on s’adapte. On maintient les fondamentaux, mais on les « enrichis » de nouveautés, de nouvelles traditions… Et peu à peu on s’éloigne du seul vrai Dieu et de l’adoration qui lui est due. Le cœur n’y est plus, ou plus justement, il est partagé. Alors que le premier commandement disait : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur… ». En apparence tout semble normal, mais Dieu ne se laisse pas tromper, car il sonde les cœurs, il voir les cœurs. Il ne se laisse pas impressionner par les apparences, les formes…

C’est pourquoi, il appelle son peuple à la conversion, à la sincérité. Au chapitre suivant il dit par la bouche de son prophète : « Cependant, l’Eternel désire vous faire grâce, et il se lèvera pour vous faire miséricorde… Alors, il répandra la pluie sur la semence… ». Suit toutes sortes de promesses de pardon, de restauration, de bénédictions conditionnées à une profonde repentance. Mais on le sait, de ce temps-là, le peuple n’écoutera pas et continuera à penser que Dieu ne peut pas connaître le secret des cœurs. Cette hypocrisie le conduira à la ruine et à la déportation.

2°) « Ce peuple m’honore des lèvres… »

Plusieurs siècles après, Jésus reprend ces mêmes paroles et les appliques à la situation spirituelle du peuple d’Israël de son temps. Les années ont passées et il semble que de façon récurrente, le peuple soit tombé à nouveau dans les mêmes travers spirituels. La tradition cultuelle qui lui a été transmise par Dieu a perdu de son intérêt. Elle n’est suivie et pratiquée que par obligation, par habitude culturelle, identitaire. On va au temple pour les fêtes, en cas de besoin, par respect des traditions familiales, nationales. De plus on en rajoute. Ici par exemple, c’est en fonction des besoins matériels du temple. C’est ce que Jésus révèle et récuse. Vous dites : « Si un homme dit à son père ou à sa mère : ce dont j’aurai pu t’assister… est une offrande à Dieu… », Il peut se passer d’aider ses parents.

Mais la véritable question n’est pas là. Elle est ailleurs. La véritable question est une question de cœur, de sincérité, d’authenticité de la pratique cultuelle. La véritable question est l’état du cœur, de sa pureté. Et Jésus révèle que cette pureté n’est pas liée à une pratique cultuelle si bonne soit elle. Le fait de se laver les mains est une bonne pratique d’hygiène, mais ne peut en aucun cas apporter une purification spirituelle. Comme le fait d’entrer dans une église ne fait pas de nous des chrétiens. La question de la pureté est ailleurs, elle est dans le cœur. C’est du cœur que tout vient. C’est le cœur qui a besoin d’être purifié et gardé pur, plus que vos mains ! Aucune tradition religieuse, quelle qu’elle soit, ne peut purifier le cœur de qui que ce soit ; pas plus que les efforts humains. Seul le sacrifice du Christ, la grâce du pardon de Dieu peut purifier le cœur de l’homme. L’apôtre Jean écrit : « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner et pour nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1. 9). C’est le cœur de l’évangile. C’est grâce au sacrifice du Christ que le cœur de l’homme, son être profond peut être purifié, libéré de toutes mauvaises influences, de toutes mauvaises pensées, de toutes les tentations et séductions du mal. C’est par la confession et la foi en Jésus que le cœur peut être purifié.

3°) « Ce peuple m’honore des lèvres… »

Et nous aujourd’hui ? Que pouvons-nous dire de notre pratique cultuelle ? De l’état de notre cœur, de la sincérité de notre vie spirituelle, de nos motivations, de la qualité de notre amour pour Dieu ? Comment ne pas tomber dans ce piège du formalisme religieux ?

« Mon fils, donne-moi ton cœur… » (Prov. 23. 26)

C’est l’invitation du Seigneur. Donne-moi ton cœur pour que je le purifie, que je te donne ma paix et te remplisse de mon Esprit. Afin que je te libère et que je chasse toutes pensées mauvaises de ton cœur. Afin que tu m’honore de tout ton cœur et pas seulement des lèvres. Pour que tu viennes m’adorer avec amour, avec joie, et non par tradition ou par obligation. « Donne-moi ton cœur… ».

Et, « Garde ton cœur plus que tout autre chose… »

Dieu le sait, tout vient de notre être intérieur, de notre cœur. C’est pourquoi il nous dit : « Garde ton cœur… », Dieu fait appel à notre vigilance car il connaît la fragilité du cœur humain ; sa sensibilité au mal, la facilité avec laquelle il se laisse séduire par le mal. Cette parole nous invite à prendre conscience de notre responsabilité. Une responsabilité, non pas culpabilisatrice, mais libératrice, placée sous le signe de la grâce en Jésus. Comme l’apôtre Jean le rappellera aux chrétiens : « Si notre cœur nous condamne, Dieu est plus grand que notre cœur, et il connait toutes choses… » (1 Jean 3. 20). Cela nous invite à la confession, à vivre dans la transparence sous le regard d’amour de Dieu. Seul l’insensé dit que Dieu ne voit pas. Apprenons à confesser à Dieu nos fautes, nos mauvaises pensées, plutôt que de les cacher. C’est insensé que de croire que l’on peut cacher des choses devant Dieu. Prenons garde à notre cœur à nos pensées. « Que tout ce qui est honorable, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est aimable, tout ce qui mérite l’approbation, ce qui est vertueux et digne de louange, soit l’objet de vos pensées… » (Phil. 4. 8)

Conclusion :

« Garde ton cœur plus que tout autre chose… »

Que ce soit notre désir en cette rentrée. Que notre participation à la vie de l’église soit une joie. Qu’elle soit empreinte d’amour, de sincérité, d’un cœur entier et purifié.

Pasteur Joël Mikaélian
30/08/15

 

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux