Accueil Messages du Culte Message du culte du 06 septembre 2015 - «Ephphatha… ouvre-toi… »
Message du culte du 06 septembre 2015 - «Ephphatha… ouvre-toi… » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Es 35, 4-7 / Mc 7, 31-37

« Ephphatha… ouvre-toi… »

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ous connaissons tous la fameuse formule : « Sésame, ouvre-toi ». Formule magique qui traduit nos désirs humains de  « toute puissance » lorsque nous sommes face à une situation « fermée ». Que la vie serait simple si nous avions ce pouvoir ! Encore faudrait-il savoir en user avec sagesse. « Sésame, ouvre-toi », c’est certainement le vœu de ces centaines de milliers de réfugiés qui fuient la guerre et qui se retrouvent actuellement face à des frontières fermées. La vie serait simple pour eux, si la formule pouvait marcher ! Mais hélas, le pouvoir n’est pas de leur côté, il est du nôtre, et on ne peut pas dire que l’on en use avec sagesse. Certes, nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde, mais nous ne pouvons pas non plus rester insensibles à tous ces drames. Fallait-il que l’on mette en ligne la photo d’un petit enfant syrien sans vie, pour que nos gouvernants se réveillent ? Que de cœurs fermés, d’oreilles sourdes, dans ce monde comme autour de nous également ! Comment ne pas faire entendre et réentendre la bonne nouvelle de l’évangile dans ce monde ! « Ephphatha… ouvre-toi… ». Quel message pour nous, pour le monde ? Ouvrons nos cœurs à l’Esprit Saint.

1°) « On lui amène un sourd… »

Le texte de l’évangile nous met en présence d’un sourd qui avait de la difficulté à parler. Cet homme n’a pas pu venir seul, de lui-même. Ce sont des amis peut-être, des voisins, qui l’ont amené avec foi vers Jésus. Ce sont eux aussi qui prient Jésus de lui imposer les mains, car cet homme a du mal à s’exprimer. Il a besoin que d’autres parlent à sa place. Ces hommes ont foi en Jésus, ils s’attendent à lui et ils ne seront pas déçus. Ils font partie de ces gens, sensibles aux souffrances des autres. Ils ne sont pas de ces « biens portants », indifférents, fermés aux autres. Ces hommes nous interpellent ce matin quant à notre attitude vis-à-vis de ceux que la vie a éprouvé ou éprouve durement. Ils nous interpellent quant à notre attitude vis-à-vis de ce monde qui se perd. C’est comme si le Seigneur nous disait ce matin : « Ephphatha… ouvre-toi… ». Ouvre tes oreilles à ceux qui souffrent autour de toi. Ouvre-toi aux autres, ouvre tes yeux, ton cœur, ta bouche pour ceux qui souffrent comme pour ceux qui se perdent loin de Dieu ! Ne restons pas indifférents, agissons, aidons, prions. Amenons au Seigneur ces situations dramatiques, ces personnes qui ne peuvent peut-être même pas prier.

2°) « L’ayant pris à part de la foule… »

L’attitude de Jésus est difficile à comprendre, de même que ses gestes pour guérir ce malade. D’autant plus que nous n’avons pas d’autres récits de ce miracle dans les autres évangiles. Seul Marc a retenu cette histoire. Mais il semble que comme souvent, Jésus n’est pas dans une logique de foule et de spectacle. Il n’est pas venu montrer sa puissance pour épater le monde. Mais comme la prophétie d’Esaïe l’avait annoncé, il est venu ouvrir nos oreilles spirituelles, nos yeux, nos cœurs sur les réalités spirituelles. Il est venu donner sa vie pour nous ouvrir le ciel et l’éternité. Il est venu dans ce monde pour que nous ayons une relation personnelle avec Dieu. Le salut est une question de foi personnelle. C’est pourquoi Jésus mène cet homme à l’écart. Ses gestes sont là pour manifester, exprimer sa compassion avec cet homme. Il met ses doigts dans ses oreilles, avec de la salive, il touche sa langue. Puis il lève les yeux au ciel pour montrer d’où vient sa puissance. Il soupire pour exprimer son désir profond de l’intervention divine et lui dit : « Ephphatha… ouvre-toi… ». Et cet homme vit une guérison, une libération. Sa vie change, ses oreilles s’ouvrent, il parle très bien. Il s’ouvre à nouveau à la vie, à une relation plus facile avec les autres. C’est tout son être qui s’ouvre sur cette prière de Jésus.

« Ephphatha… ouvre-toi… » Le Seigneur prie pour nous aussi ce matin. Nous qui sommes sourds, indifférents à sa Parole. Nous qui sommes souvent sourds quant aux réalités spirituelles. Si préoccupés par cette vie que nous en oublions l’essentiel, l’éternité. « Ephphatha… ouvre-toi… » Il prie pour que s’ouvre tes oreilles, tes yeux, ton cœur ; pour que tu t’ouvres à son amour à sa grâce, à son Esprit. C’est sa prière, sa parole pour toi.

Accepte son amour, son pardon en Jésus, et décide de le suivre en t’engageant par le baptême. Ne résiste pas à son appel, à sa prière. Ne remet pas à plus tard, le Seigneur peut revenir à l’instant. Ouvre-toi à sa Parole, qu’elle soit ton véritable guide, la lumière qui éclaire ta route.

Accepte, reçoit son amour, même si tout te dis que tu n’es pas aimé, si tout te dis que Dieu ne t’aime pas ou ne t’aime plus. Ouvre ton cœur, regarde à la croix, regarde ce qu’il a fait pour toi. Ouvre tes oreilles à sa parole. « Dites à ceux qui ont le cœur troublé : Prenez courage, ne craignez point ; voici votre Dieu, … il viendra lui-même et vous sauvera… ».

Ouvrons sans cesse nos cœurs, nos vies à l’Esprit Saint afin que Dieu accomplisse son œuvre en nous, les projets qu’il a pour nous, la mission qu’il a pour nous.

3°) « Ephphatha… ouvre-toi… sa langue fut déliée, et il parlait très bien…»

L’expérience de cet homme est aussi pour nous un appel à nous ouvrir les uns aux autres. Lorsque Dieu ouvre nos oreilles spirituelles et que nous les ouvrons à sa Parole, il nous invite à vivre une relation nouvelle avec lui et avec nos frères et sœurs. Il nous invite à communier, à communiquer avec lui et les uns avec les autres.

Que Dieu ouvre nos cœurs afin que nous nous ouvrions les uns aux autres. Que nous puissions communiquer, nous encourager mutuellement. Que nous puissions prier ensemble, louer Dieu ensemble librement.

Conclusion :

« Ephphatha… ouvre-toi… » Que Dieu ouvre les oreilles de nos cœurs.

Que cette prière du Seigneur nous rappelle nos responsabilités vis-à-vis de ce monde qui se perd et de tous ceux qui souffrent autour de nous.

Qu’elle nous rappelle la réalité des choses spirituelles, la réalité de l’amour de Dieu, de sa grâce et que nous n’y soyons pas indifférents.

Qu’elle nous rappelle ces relations nouvelles vis-à-vis de nos frères et sœurs, notre ouverture aux autres, et même à ceux qui sont différents de nous.

« Ephphatha… ouvre-toi… »

Pasteur Joël Mikaélian
6/09/15

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux