Accueil Messages du Culte Message du culte du 08 novembre 2015 - « Elle a mis… tout ce qu’elle avait pour vivre… »
Message du culte du 08 novembre 2015 - « Elle a mis… tout ce qu’elle avait pour vivre… » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

1 Rois 17. 10 à 12 / Mc 12. 41 à 44 / Héb. 9. 27 et 28

« Elle a mis… tout ce qu’elle avait pour vivre… »

Q

u’est-ce qui compte pour nous ? Qu’est-ce qui est source de joie, de paix, de bien être ? Chacun le sait, c’est l’accomplissement de nos désirs qui nous procurent ce sentiment de bien être. Mais quels sont nos désirs ? Sont-ils bien ceux dont nous avons besoin ? Pour le philosophe et anthropologue René Girard, nos désirs sont essentiellement des « désirs mimétiques », et sont à l’origine de la violence et des conflits humains. D’où l’importance pour chacun d’y réfléchir et de les définir. Mais la Bible nous dit qu’au-delà de tous nos désirs humains légitimes, il en est un, qui est fondamental et important de poser dans notre vie. Celui de plaire à Dieu, à celui qui nous a crée. Car Dieu seul peut satisfaire pleinement notre cœur et purifier nos désirs.  C’est sur ce sujet que je vous invite à méditer. Le don de soi qui plait à Dieu, comme source de joie et de paix en toute circonstance.

1°) « Christ s’est offert une seule fois pour enlever les péchés de la multitude »

On ne peut parler de don de soi, de sacrifice, sans parler d’abord de celui du Christ. Ce don parfait qui donne la vie et l’accès à l’éternité à tous ceux qui croient. « Christ s’est offert une seule fois pour enlever les péchés de la multitude » nous dit l’auteur de l’épître aux hébreux. Ce sacrifice est le fondement même de la joie, de la paix, du salut, de la rédemption. Il met un terme à la domination du mal et du péché. Il ouvre un espace de liberté, de pardon total. Il annule toute condamnation et culpabilité pour celui qui croit. C’est le don suprême du Christ qui sauve et met un terme à l’engrenage du mal et de la violence qui ronge notre société. Comme l’a si bien remarqué le philosophe René Girard, ce qui fait la singularité et la force de ce sacrifice, c’est l’innocence de la victime expiatoire ou du « bouc émissaire ». C’est cette innocence du Christ qui signe la défaite du mal. Ainsi, c’est par l’injustice humaine, volontairement accepté par Jésus, que Dieu justifie les coupables que nous sommes et pardonne nos fautes. C’est par cette injustice que Dieu prend de court tous les calculs destructeurs du diable et les défaits. « Je voyais satan tomber du ciel… » disait Jésus à ses disciples. Ainsi le sacrifice innocent du Christ, son renoncement à la justice humaine, à la haine et au désir de vengeance met un terme à l’engrenage du mal et de la violence. La puissance de l’amour renverse pour toujours la domination du mal. Et cette puissance culmine sur la croix, lorsque, contre toute attente, Jésus s’écriera : « Père, pardonne leur, car ils ne savent ce qu’ils font… ». Si Jésus a fait cette prière, alors plus jamais, plus personne ne pourra dire qu’il ne peut être pardonné.

Rendons grâce pour le don du Christ. Accepter ce don par la foi, c’est comme une nouvelle naissance. Le réaliser à nouveau, c’est comme une renaissance !

2°) « Elle a mis… tout ce qu’elle avait pour vivre… »

Comment plaire à Dieu ? Comment traduire cela dans nos vies chrétiennes ? L’histoire de la veuve de Sarepta et celle de la veuve du temple nous en indiquent clairement un des aspects.

A Sarepta comme au temple, nous avons deux femmes qui vivent dans la précarité. L’une fait face à une terrible famine, l’autre est pauvre. Mais toutes les deux feront preuve de la même générosité. Elles donneront ce qu’elles possèdent. L’une au prophète Elie, l’autre au temple. Il s’agit pour l’une comme pour l’autre d’un don de soi total. En fait, elles renoncent à leurs biens le plus légitimes. L’une sur la demande du prophète, l’autre de façon tout à fait volontaire. Elles font preuve d’une étonnante et immense confiance en la providence de Dieu ! Et ce qui est étrange dans ces histoires, c’est que les mêmes gestes n’auront pas, en apparence, les mêmes effets. La veuve de Sarepta sera richement récompensée pour sa générosité. La suite du récit nous raconte comment, après avoir tout donné, elle recevra de Dieu beaucoup plus que ce qu’elle aura donné au prophète. La farine et l’huile ne lui manqueront plus. Bien plus encore, elle verra même plus tard la résurrection de son fils. Quant à l’autre, rien. On ne sait rien. Comment a-t-elle vécu ou survécu ? Mystère ! C’est injuste dirons-nous peut être ! Ou peut être pas. Peut être même qu’elle a reçu beaucoup plus : l’approbation du maître de l’Univers. Elle est devenue tout à coup, plus riche que tous les riches ! C’est Jésus qui le déclare : « Elle a donné beaucoup plus… ». Certes, on ne sait rien de sa vie par la suite, mais ce que l’on sait, c’est que Jésus a hautement apprécié son geste. Le don, le renoncement, le mouvement vers l’autre, la générosité, sont toujours source de bien être, de paix et de bénédiction.

3°) « Elle a mis… tout ce qu’elle avait pour vivre… »

A l’image du Christ et de ces deux veuves, l’évangile nous invite à être porteurs de ce beau message de la grâce. Dans ce monde de convoitise, du donnant, donnant, où l’accomplissement des désirs égoïstes s’impose en norme comme la seule espérance pour tant de nos concitoyens, soyons imitateurs du Christ.  « Soyez imitateurs de Dieu… ». Comment ? Comment plaire à Dieu et vivre en paix ?

Acceptons tout d’abord la grâce du don de Dieu et son pardon en Jésus. Et renonçons à ces « désirs mimétiques », qui ne sont que convoitises, source de tant de conflit, de malheur, de jalousie, de souffrance.

Et inspirons-nous de ces deux veuves, image de la fragilité, de la pauvreté, et pourtant si fortes et si riches par leur générosité, leur confiance en la providence divine !

Comme Jésus, renonçons à notre propre justice, au mal, à la haine, la vengeance. Renonçons à notre orgueil, notre égo, notre individualisme, notre égoïsme, notre confort...

Soyons des femmes et des hommes de la grâce, prêt à faire grâce à ceux qui nous entourent. Soyons prêt à donner de notre temps, de nos talents, de nos biens…. Sans attendre nécessairement un retour sur investissement visible. Ayons toujours ce mouvement vers l’autre, le souci de l’autre. C’est ce qui procure joie et bien être. C’est ce qui peut produire aussi de l’inattendu, une réconciliation, une guérison, une bénédiction…

Le don de soi peut être parfois source de bénédiction matérielle (à Sarepta), parfois bénédiction spirituelle, approbation de Dieu (au temple). Mais le don de soi est toujours joie et paix lorsque ce qui compte est de plaire à Dieu.

N’oublions pas que chaque fois que j’agis selon la grâce, c’est comme si Satan tombait à nouveau du ciel, pris à défaut. C’est une défaite pour celui qui pousse sans cesse les hommes au conflit, à la guerre, au mal, à l’amertume et à la vengeance.

Chaque fois que je reste dans mes petits calculs égoïstes, dans ma petite vie égoïste, dans mon amertume, mes droits, ma justice, je reste dans ma souffrance et dans certains cas, je l’impose aux autres.

Conclusion

« Elle a mis… tout ce qu’elle avait pour vivre… »

Que celui qui s’est offert pour nous offrir la vie éternelle, qui a vaincu le mal et le malin par le don de sa vie, le renoncement, nous inspire. Que l’imiter soit notre désir profond et pas seulement une formule évangélique. Que notre renoncement au mal ne soit pas que des mots. Que lui plaire soit ce qui compte pour nous.

Pasteur Joël Mikaélian
08/11/15

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux