Accueil Messages du Culte Message du culte du 06 décembre 2015 - «Préparer le chemin du Seigneur… »
Message du culte du 06 décembre 2015 - «Préparer le chemin du Seigneur… » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Esaïe 40. 3 à 5 / Luc 3. 1 à 6

« Préparer le chemin du Seigneur… »

C

’est dans la crainte et la peur des attentats que notre monde se prépare à fêter Noël, l’anniversaire de la naissance de notre Seigneur. Ce temps de l’Avent qui nous invite à la joie, à la reconnaissance se trouve placé cette année sous haute surveillance un peu partout dans le monde. Qui sait si les fameuses trêves de Noël seront respectées ? Faut-il pour autant gâcher la fête, sombrer dans la psychose et ainsi donner raison à ses promoteurs ? L’histoire du monde a connu de nombreuses situations de crise, de périodes sous hautes tentions. Du temps de Jean-Baptiste et de Jésus plusieurs territoires comme la Judée et la Galilée étaient placés sous haute surveillance. Le texte le dit avec précision. Mais cela ne les a pas pour autant paralysés dans l’accomplissement de leur mission ; comme plus tard les premiers chrétiens. Laissons-nous interpeler par la Parole de Dieu qui nous invite à « Préparer le chemin du Seigneur… ». De quelle façon devons-nous le faire ?

1°) « C’est la voix qui crie dans le désert… »

Les évangiles reprennent ces paroles du prophète Esaïe pour présenter le ministère de Jean-Baptiste. Tout comme Esaïe, Jean-Baptiste a été pour son temps, une voix dans le désert. Le désert dans la Bible, représente souvent un temps d’épreuve, de difficulté, de souffrance. Il représente parfois un temps de solitude, de dénuement, propice à une communion intime avec Dieu. Il représente parfois un temps d’apostasie, d’indifférence totale à l’égard de Dieu. On parle alors de « désert spirituel ». Les prophètes ont souvent été des voix de Dieu dans ces périodes de désert spirituel. Ainsi Jean-Baptiste en son temps. Tout au long de l’histoire humaine des voix se sont élevées pour faire face au mal, condamner les injustices, apporter guérison, soutien, espérance à ceux qui n’en avaient plus. Le Pasteur Paul Berron et bien d’autres dans les heures sombres du peuple arménien suite au Génocide ont été de tels prophètes. Paul Berron a été pour nos églises un homme providentiel en créant la mission « Action Chrétienne en Orient ». Mission d’aide et de soutien aux réfugiés arméniens fuyant la barbarie turque. C’est grâce à cette mission que nos églises, nos familles, ont pu se reconstruire spirituellement et matériellement. Nous ne devons jamais l’oublier. Oublier le bien que l’on nous a fait, c’est trahir, c’est renier son histoire, se renier. Chaque année, la journée de la Règle d’Or, deuxième dimanche de l’Avent, est pour nous l’occasion de faire mémoire et d’exprimer notre reconnaissance par nos dons à cette mission qui continue à œuvrer en faveur des chrétiens d’Orient. Il s’agit pour nous d’appliquer cette parole de Jésus : « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites le de même pour eux ». C’est à nous aujourd’hui d’être à notre tour de ces voix qui crient dans le désert ; voix d’amour, d’espérance. C’est dire à ceux qui vivent dans ces déserts qu’ils ne sont pas oubliés. C’est déjà une façon de préparer le chemin du Seigneur ; de faire vivre le message de l’évangile dans ces déserts de souffrances du Moyen Orient par nos prières et par nos dons.

2°) « Préparer le chemin du Seigneur… »

C’est vivre et faire entendre l’évangile dans les déserts de notre monde ici. Dans ces déserts créées par l’injustice sociale, l’égoïsme, l’indifférence ; mais aussi dans ces déserts spirituels dus à l’incrédulité, au péché, à la révolte contre Dieu, à la société de consommation, aux philosophies ambiantes. Préparer le chemin du Seigneur, c’est aussi vivre et faire entendre l’évangile malgré les déserts de nos épreuves… C’est à cela que nous sommes appelés chaque jour et tout particulièrement en ce temps de l’Avent et en ces temps de crises.

Vivre l’évangile :

Le message du prophète Esaïe, repris par Jean-Baptise est clair. Il est message de repentance, changement intérieur, transformation intérieure. Il s’agit de reconnaître nos imperfections, le mal qui habite en nous, les mauvaises passions, les rancunes, les révoltes, les indifférences, l’ingratitude, l’égoïsme, l’orgueil, l’hypocrisie, … ces choses qui sont là ou qui s’installent en nous. Il s’agit de les reconnaître et de les confesser devant Dieu pour recevoir le pardon en Jésus, la rémission des péchés. Le message nous concerne tous. Il nous invite à une vie conforme à l’évangile. Ce que Esaïe comme Jean-Baptiste illustrent par cette image du chemin raboteux à aplanir, des voies tortueuses à redresser, des montagnes à abaisser, des vallées à combler… Que ce temps de l’Avent nous aide à préparer le chemin du Seigneur, en faisant de ce temps, un temps de confession confiante, un temps de renouveau spirituel, de remise à niveau de notre engagement spirituel. Approchons-nous avec assurance, car tout a été pardonné en Jésus. Son sacrifice à la croix nous donne l’assurance de la rémission des péchés.

Faire entendre l’évangile :

Le message d’Esaïe, repris par Jean Baptiste, suggère aussi que nous devenions à notre tour des voix dans le désert. Dans ce désert spirituel qu’est devenue notre société moderne, secouée par la peur, troublée par le réchauffement climatique, la course aux armements, la mondialisation, les révolutions technologiques et scientifiques… L’église se doit d’être cette voix prophétique dans le désert spirituel de notre monde. Prophétique de l’amour de Dieu, du respect du prochain, du respect de la nature… Noël est à nouveau un temps particulier où nous pouvons questionner le monde sur la naissance et le message du Christ. Plus que jamais, il nous faut crier. Crier par nos vies d’abord, vie personnelle mais communautaire aussi. Vivre et crier cet amour de Dieu pour ce monde. Crier que Jésus est le sauveur du monde. Qu’importe l’indifférence, c’est à cela que nous sommes appelés, à « prêcher dans le désert ». Mais qu’importe, « ceux qui sèment avec larmes, moissonneront avec chants d’allégresse » (Ps 126). Un jour...

3°) « Toute chair verra le salut de Dieu… »

Cette parole est en train de s’accomplir. L’évangile progresse partout dans le monde à travers les missions, les nouveaux moyens de communication. Cette parole nous rappelle qu’un jour, à son retour en gloire, « tout œil le verra… ». Un jour viendra où le Christ apparaîtra dans la gloire et mettra un terme à l’histoire mouvementée de ce monde. Ce jour-là, tout sera clair. Pour ceux qui auront cru, ce sera un jour lumineux, de joie, de paix, d’un bien être indescriptible. Pour ceux qui auront refusé de croire, ce sera fini pour toujours, le désert de l’absence de Dieu, de son amour, pour toujours.

Conclusion : « Préparer le chemin du Seigneur… »

« Des voix dans le désert… » Il y en a eu tout au long de l’histoire humaine. Ce sont toutes ces voix de Dieu qui ont résonnées à travers ses prophètes et ses serviteurs. Elles ont été porteuses d’espérance pour tous ceux qui les ont entendues et écoutées. Elles ont été porteuses de vie, de salut, de renouveau dans bien de circonstances de crise. Entendons-les et faisons-les entendre en ces temps de l’Avent. Réjouissons-nous du salut de notre Dieu. Que rien ne vienne nous ravir cette joie de Noël, de la naissance du Sauveur du monde, de notre sauveur.

Pasteur Joël Mikaélian
6/12/15

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux