Accueil Messages du Culte Message du culte du 13 décembre 2015 - « Que devons-nous faire ? »
Message du culte du 13 décembre 2015 - « Que devons-nous faire ? » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Soph. 3. 14 à 18 / Phil. 4. 4 à 7 / Luc 3. 10 à 18

« Que devons-nous faire ? »

L

a foule s’interroge, elle interroge Jean-Baptiste qui parle d’un temps nouveau de l’histoire humaine. Il parle de repentance, de baptême, dénonce l’hypocrisie religieuse… Certains lui rétorquent : « Nous avons Abraham pour père… ». D’autres par contre l’interrogent, des publicains, des soldats même : « Et nous, que devons-nous faire ? ». Et nous ce matin, en ce troisième dimanche de l’Avent, dans quelle disposition sommes-nous devant Dieu ? Laissons-nous interpeler par l’attitude de ces gens, leur soif de Dieu, de vérité, de vie. Mettons de côté nos questions ou préoccupations quotidiennes, et interrogeons le Seigneur comme ces gens qui interrogeaient jadis Jean-Baptiste à propos du royaume de Dieu. Nous vivons, nous aussi, des temps particuliers de l’histoire humaine. Nous sommes dans l’attente de son retour. « Le Seigneur est proche… Que devons-nous faire ? »

1°) « Pousse des cris de joie… Réjouissez-vous… »

Bien avant la naissance de Jésus, le prophète Sophonie reçoit la révélation de sa venue. Il est touché par le déclin moral de son peuple et il sent bien que quelque chose va se passer. Il annonce le jugement de Dieu, la guerre, la chute de Jérusalem. Il invite malgré tout ceux qui veulent à revenir vers Dieu « Cherchez l’Eternel, vous tous humbles du pays… ». Mais ce sera en vain. Le peuple connaîtra l’exil annoncé. Mais après ces révélations, le prophète discerne un autre temps à venir ; un temps de salut, de restauration, de paix pour son peuple, et au-delà. « Alors je donnerai aux peuples des lèvres pures, afin qu’ils invoquent tous le nom de l’Eternel ». (Soph. 3. 1) C’est ce temps de la grâce que Jésus a inauguré par sa naissance. C’est pourquoi nous sommes invités à nous réjouir. « Pousse des cris de joie… » Pourquoi ? « Car l’Eternel a détourné tes châtiment… éloigné ton ennemi… l’Eternel est au milieu de toi… ».

En Jésus, Dieu a détourné les châtiments que méritaient nos fautes, nos péchés, nos méchancetés, nos mauvaises pensées, … Ce que le prophète Esaïe confirmera plus tard en écrivant au sujet du Messie « Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui… » (Es. 53. 5). Sur la croix, Jésus a subit le châtiment que méritaient nos fautes à savoir, la mort. Par sa mort il nous libère de la mort (le dernier ennemi), et de celui qui avait la puissance de la mort, le diable (Héb. 2. 14).

En Jésus, Dieu est venu parmi nous, l’Eternel est au milieu de nous. Le Dieu de toute éternité, créateur de l’Univers, le tout-puissant est venu au milieu de nous. Il s’est fait semblable à nous. Il a connu notre condition humaine, les joies et les peines de ce monde. Il a connu la joie de la vie, de la création, de l’amitié. Il a connu les peines du mépris, de l’indifférence, de l’injustice, de la barbarie humaine ; la trahison aussi, l’abandon, la solitude… Il a connu tout cela afin de pouvoir compatir à nos faiblesses, de comprendre nos états d’âmes, pour nous aider. Il est là au milieu de nous dans ce temps de la grâce. Il est là plein d’amour, même lorsqu’il se tait et qu’il semble absent. Et lui-même se réjouit de nous, de nous voir… Il se réjouit de son église, de nos engagements…

Reste à chacun de croire en lui, en ce qu’il a accompli pour nous, d’en témoigner par le baptême et de se réjouir de ce salut.

2°) « Que devons-nous faire ? … Que faire d’autre ? « Que celui qui a deux tuniques partage… »

Pour Jean-Baptiste, la véritable repentance n’est pas une valeur abstraite dénuée de toutes considérations pratiques. Jésus confirmera cela aussi tout au long de son ministère et de son message. Il ne suffit pas de dire, encore faut-il faire ! La véritable spiritualité est celle qui s’incarne dans une vie de tous les jours. Elle nous invite au partage, à l’amour du prochain, au respect de chaque être humain. Elle nous invite à nous décentrer de nous pour voir les besoins autour de nous et y répondre dans la mesure de nos moyens. Ici il ne faut pas penser aux choses matérielles seulement. L’amour se partage, la considération, un encouragement, se partagent… La véritable spiritualité nous invite aussi à vivre avec honnêteté, intégrité, à ne pas tricher, à être respectueux des lois, de la justice… Elle nous invite à ne pas frauder et à vivre dans le contentement de ce que Dieu nous donne.

« Que devons-nous faire ? » De plus ? L’apôtre Paul dans son épître aux Philippiens, nous parle de douceur. Le terme grec peut signifier aussi, la patience, l’indulgence, la bonté. Parce que « Le Seigneur est proche » il nous dit aussi de ne pas nous inquiéter mais de prier. « Faites connaître vos besoins à Dieu… ». Jésus lui-même a parlé maintes fois de la prière. Il nous en a même donné une comme modèle. Lui-même a donné à la prière une place de choix dans sa vie humaine. Priez, priez encore, rendez grâce à Dieu. Quelle place donnons-nous à la prière dans nos vies, nos agendas ? Certes, nous prions tous chez nous, nous prions en permanence dans le silence de nos cœurs et Dieu entend, nous dit Jésus. Mais qu’en est-il de notre prière communautaire ? Et si nous participions tous aux réunions de prière ?

C’est dans la prière que Dieu nous donne sa paix, qu’il apaise nos cœurs lorsqu’ils sont troublés. C’est dans la prière et l’action de grâce que nous sommes en communion avec Dieu. Ne nous en privons pas.

3°) « Que devons-nous faire ? » Comment vivre cette dimension ?

« Moi, je vous baptise d’eau » dit Jean-Baptise, « mais il vient, celui qui est plus puissant que moi… il vous baptisera du Saint Esprit et de feu ». Jésus est venu dans ce monde pour nous sauver, nous donner part à l’éternité et à la gloire céleste. Mais il est venu aussi pour nous baptiser, nous immerger du Saint Esprit et de feu. Il est venu nous donner la force de vivre et de témoigner dans l’attente de son retour et de notre entrée dans son royaume. C’est ce qu’il a promis à tous ceux qui croiraient en lui, la plénitude du Saint Esprit. Ce baptême est différent du baptême d’eau. Il ne se vit pas qu’une seule fois, mais il est permanent. Il peut se renouveler chaque jour, chaque instant, chaque fois que l’on en a besoin ou que l’on en ressent le besoin. C’est la promesse du Seigneur d’être avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde. Le Saint Esprit, c’est la présence spirituelle du Christ dans notre vie intérieure. Présence qui peut être étouffée, attristée par notre façon de vivre notre vie chrétienne. Attristée par le péché, certes, mais aussi par la tiédeur, l’indifférence, le manque de zèle, de consécration, lorsque le Christ, sa parole, sont relégués aux choses secondaires de nos vies.

Je suis toujours très impressionné par le zèle que peuvent avoir des militants de causes politique ou autre. Leur zèle pour des choses d’importance tout de même relative ! Ce zèle devrait nous interroger quant au nôtre pour une cause ô combien plus importante !

« Que devons-nous faire ? », laissons-nous baptiser du Saint Esprit et de feu. Laissons le Christ nous immerger du Saint Esprit, de zèle, d’amour brûlant comme un feu pour lui et pour nos semblables.

Conclusion :

« Que devons-nous faire ? »

Croire en Jésus et pousser des cris de joie pour ce qu’il a fait pour nous. Nous réjouir du salut et de la grâce.

Vivre le partage, en honnêteté, avec douceur, patience, donnant toute sa place à la prière et à l’action de grâce.

Et laissons-nous baptiser du Saint Esprit et de feu, qu’un zèle nouveau nous anime en cette préparation des fêtes de Noël.

Pasteur Joël Mikaélian
13/12/15

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux