Accueil Messages du Culte Message du culte du 07 février 2016 - «Sois sans crainte… »
Message du culte du 07 février 2016 - «Sois sans crainte… » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Es. 6. 1à 8 / Luc 5. 1 à 11

« Sois sans crainte… »

I

l existe plusieurs sortes de craintes. Celles que l’on ne devrait pas avoir, et celle que l’on devrait avoir. Concernant les premières, la Parole de Dieu emploie souvent le mot à la forme négative. On dit même qu’elle le mentionne 365 fois « Ne crains pas… ou ne craignez pas… », au sens de « n’ayez pas peur » ; ne craignez pas face à l’avenir ou à vos épreuves.  Ayez confiance en l’amour, la bonté et la grâce de Dieu. Mais la Parole de Dieu nous parle aussi d’une autre crainte, celle que l’on devrait éprouver en présence de Dieu. Celle qui nous conduit au respect et qui constitue le commencement de la sagesse. « La crainte de l’Eternel est le commencement de la sagesse » (Ps. 110. 11). C’est sur ces craintes que je vous invite à méditer ce matin. Celles qu’on ne devrait pas avoir et celle que l’on devrait avoir.

1°) « Malheur à moi… Retire-toi de moi… »

A plusieurs siècles d’intervalle, Esaïe le prophète et Pierre, l’apôtre, vivent une expérience spirituelle analogue. Pour Esaïe, on ne sait pas trop dans quelle circonstance il voit le Seigneur sur son trône. Est-ce une vision, un songe ? Etait-il en prière, en recherche de Dieu ? Le prophète ne nous parle pas de cela. Il nous décrit la majesté divine, et met l’accent sur la sainteté de Dieu. Face à cette sainteté, le prophète est envahi par un sentiment plutôt négatif : « Malheur à moi ! Je suis perdu… » Est-ce de la peur ou du respect ? Difficile à dire, peut-être un peu les deux à la fois.

C’est dans des circonstances autres que Pierre éprouvera ce même sentiment face à Jésus. Jésus est là, il enseigne la foule, puis il invite Pierre à avancer pour pêcher. Pierre s’exécute même si l’invitation lui paraît étrange. Et face au miracle, il tombe à genoux devant Jésus : « Seigneur, retire-toi de moi, parce que je suis un homme pécheur (coupable) … ». Peur ou respect ? Difficile à dire aussi. Peut-être les deux à la fois.

Quels sont nos sentiments lorsque nous nous tenons devant Dieu ? Lorsque nous prenons conscience de la grandeur, de la sainteté et de la puissance de Dieu, tout en prenant conscience de nous-même ; de nos limites et de nos imperfection ? C’est peut-être ce sentiment que nous devrions toujours avoir lorsque nous nous tenons devant Dieu, ici ou dans nos maisons. Certes, en Jésus nous sommes des « amis » du Christ, mais l’amitié ne dispense pas du respect. Bien au contraire, une telle amitié, avec un être si grand, devrait nous remplir de crainte et de respect.

2°) « Sois sans crainte… »

Il semble qu’au départ, Esaïe comme Pierre n’aient pas bien saisit ce qu’est la véritable crainte de Dieu. Ce qui oblige le Seigneur à clarifier les choses. Il semble que leur respect, leur inclinaison soit aussi mêlée de quelques peurs. Ils sont gagnés par la peur devant quelqu’un qui les dépasse, qui est « tout autre » qu’eux. C’est ce qui oblige le Seigneur à les rassurer. Pour Esaïe, ce sera un ange, une braise et une parole libératrice : « Ta faute est écartée, ton péché est effacé ». N’aie pas peur Esaïe, je sais que tu es pécheur, mais je te pardonne. Pour Pierre, ce sera un regard de compassion et une parole de Jésus : « Sois sans crainte… ». Sous-entendu, « sois sans crainte pour ton péché ». Car celui qui parle est celui qui va porter le péché du monde sur une croix ». Le Crucifié, crucifiera avec lui, le péché du monde. « Sois sans crainte pour cela…

Pour nous aussi, ce sera toujours cette même parole. « Sois sans crainte… Crains Dieu et éloigne-toi du mal… ». Pour nous, la réponse de Dieu à ces sentiments de craintes, de peur, de respect, d’indignité… sera toujours ce pain et ce vin que nous partageons en mémoire de ce qu’il a fait pour nous. Pour nous qui croyons en lui, chaque fois que nous sommes traversés par ces sentiments, nous pouvons nous incliner devant son sacrifice et entendre sa voix nous dire : « Sois sans crainte… ton péché est effacé… crains Dieu et éloigne-toi du mal… c’est la sagesse et l’intelligence…».

3°) « Désormais, tu seras pêcheur d’hommes… »

Etrange jeu de mots : c’est à un pécheur pêcheur de poisson que Jésus adresse cette parole. C’est par ce jeu de mot, cette image que le Seigneur confie à Pierre une nouvelle mission. Il l’invite à changer de vie, de projet de vie avec quelques similitudes tout de même. Le pêcheur d’homme ou de poisson se doit d’être un homme de foi. Jeter un filet dans la mer alors qu’on ne voit rien est un acte de foi. C’est comme annoncer l’évangile dans le monde. Il faut y aller avec foi, espérant que les hommes seront attirés par cette bonne nouvelle du salut et de la vie éternelle. C’est là que l’image n’est plus appropriée. Ceux qui viennent dans le filet y viennent pour leur salut. Pierre change de projet de vie et s’engagera avec le Seigneur.

La crainte, le respect de Dieu, engagent, nous engagent à être des témoins dans le monde à la suite des apôtres. La crainte et le respect de Dieu nous conduisent à l’action de grâce, l’humilité et à l’obéissance. La désobéissance, l’orgueil, l’ingratitude sont comme un mépris de Dieu et de sa Parole. Esaïe et Pierre ont vécu une rencontre qui a profondément marqué leur vie. Qu’en est-il de nous ? Avons-nous vécu cette rencontre avec le Christ ? Avons-nous besoin d’une nouvelle rencontre ? Avons-nous besoin de prendre tout à nouveau conscience de la grandeur et de la sainteté de Dieu, du privilège de sa grâce en Jésus, de son appel à être témoin de son amour ? Certes, nous ne sommes pas tous appelés à être des prophètes ou des apôtres, mais nous sommes tous appelés à être acteurs, participants de l’œuvre de Dieu. « Nous avons été créés en Jésus Christ pour les œuvres bonnes que Dieu a préparées d’avance afin que nous les pratiquions » (Eph. 2. 10).

Esaïe aurait pu vivre sa vie sans tenir compte de l’appel de Dieu, Pierre aurait pu continuer à pêcher des poissons. Nous pouvons, nous aussi continuer notre vie sans tenir compte de l’appel de Dieu. Ce qui serait bien triste !

« Sois sans crainte… »

N’ayons pas peur dans nos épreuves, face aux dangers de ce monde, restons confiants en Dieu. Craignons Dieu, ayons un profond respect pour lui, sa Parole. Honorons-le par nos louanges, dans l’humilité face à sa grandeur. Soyons émerveillés par son amour et son appel, et répondons-y avec joie et enthousiasme. Que nous ayons toujours cette crainte de Dieu et un peu moins cette crainte de ce que nous sommes devant Dieu, ou de cette peur dans nos épreuves ou nos lendemains incertains.

Pasteur Joël Mikaélian
7/02/16

 

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux