Accueil Messages du Culte Message du culte du 14 février 2016 - «Il était dans le désert, conduit par l’Esprit… »
Message du culte du 14 février 2016 - «Il était dans le désert, conduit par l’Esprit… » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Deut. 8. 1 à 5 / Os. 2. 16 à 18 / Luc 4. 1 à 13

« Il était dans le désert, conduit par l’Esprit… »

« Vivre une traversée du désert » ; l’expression dépasse largement aujourd’hui, le domaine religieux où elle a pris naissance. Elle est souvent utilisée pour évoquer une période difficile de la vie, que ce soit sur le plan personnel, familial ou professionnel. Généralement nous vivons mal ces situations. Elles représentent souvent pour nous des injustices. Parfois, nous tentons de les nier ou de les fuir. Parfois elles nous submergent et nous découragent. La Parole de Dieu nous parle aussi de déserts. Et elle nous dit que dans certains cas, ils peuvent même avoir un sens positif. Méditons sur ce sujet en ce premier dimanche de Carême. Et si nous portions un autre regard ce matin sur certaines traversées de désert ? Comment les traverser et en faire des temps de renouveau ?

1°) « Je la conduirai au désert… »

Il arrive que Dieu conduise ses enfants au désert. Le peuple d’Israël a connu de nombreuses traversées du désert. L’une d’entre elles a été réelle et a duré 40 ans. Il s’agissait, nous disent les textes du Deutéronome, d’une mise à l’épreuve, pour tester la foi, la confiance et la fidélité du peuple vis-à-vis de son Dieu. C’est ce que Moïse dit au peuple : « Tu te souviendras de toute la route que le Seigneur ton Dieu t’a fait parcourir dans le désert… ainsi il t’éprouvait pour connaître ce qu’il y avait dans ton cœur… Reconnais, à la réflexion, que le Seigneur ton Dieu faisait ton éducation… » (Deut. 8. 5). Certes, cette éducation ne s’est pas faite sans mal, sans souffrance, sans révolte même. Mais au bout du compte, Moïse invite le peuple à reconnaître la fidélité de Dieu et les aspects positifs de cette longue traversée du désert. Au final, l’expérience, quoique douloureuse parfois, aura été bénéfique pour ceux qui furent attentifs au Paroles du Seigneur.

Certaines de nos traversées du désert peuvent être pour nous aussi, des temps de mise à l’épreuve ou d’éducation. Ne les considérons pas toujours comme des punitions, ou des signes d’abandon de Dieu. Même si nous ne pouvons pas toujours en discerner les causes, certaines traversées du désert peuvent être bénéfiques pour nous. Elles peuvent devenir des temps de réflexion, de conversion, d’approfondissement de la foi, de nouvelle consécration et d’éducation spirituelle. Ne les refusons pas, ne les vivons pas dans la révolte. Tournons-nous vers Dieu et reconnaissons que le Seigneur nous conduit parfois au désert pour nous éduquer.

2°) « Là, je parlerai à son cœur… »

C’est en ces termes que Dieu s’adresse à son peuple par la bouche du prophète Osée. La traversée du désert peut être un temps de nouvelle communion. Dieu est parfois contraint de nous conduire au désert afin de nous parler de façon plus intime. Il utilise ici un langage qui exprime le désir amoureux de regagner la confiance de son peuple. (C’est le sens du terme hébreux). Dieu est amoureux de son peuple et se soucie lorsque pour une raison ou une autre il s’éloigne de lui. Lorsque notre amour se refroidi, lorsque nous nous égarons, quelle grâce, Dieu espère toujours ! Il aime toujours, il œuvre toujours pour faire tout concourir au bien de ceux qui l’aiment. Il est des traversées du désert qui permettent à Dieu de mieux nous parler de plus nous aimer encore. A nous d’entendre sa voix nous dire son amour, sa tendresse, sa bonté. Ouvrons nos cœurs dans nos déserts, ce matin, entendons sa voix, ses promesses : « Je mettrai un chemin dans le désert… Il change le désert en étang… Les eaux jailliront dans le désert… ». En lui, le désert ne reste jamais aride. Il peut devenir source jaillissante de vie, d’espérance et de paix. Si nous restons ouverts à son Esprit.

3°) « Il était dans le désert, conduit par l’Esprit… »

Jésus aussi a eu ses traversées du désert, dont la plus dure fut celle de la tentation. Pour lui, dans son humanité, il s’agissait d’une sorte de mise à l’épreuve. Jésus vient d’être baptisé, l’Esprit Saint vient de témoigner avec force qu’il est le Fils bien-aimé de Dieu. L’Esprit le conduit au désert. Il va rester là 40 jours sans manger. C’est à ce moment que le diable vient le tenter. Il est des déserts où le malin se pointe pour tenter de nous détourner de notre chemin avec Dieu. Jésus passe le test avec un succès qui force l’admiration. Seul avec le diable, il lui résiste avec une sagesse extraordinaire. Avec calme, il répond et tourne en dérision chacune de ses provocations. A la tentation de satisfaire ses besoins en nourriture, Jésus répond qu’il est plus important pour lui d’être nourri par une autre nourriture. Quant à celle auquel le diable fait allusion, il sait que Dieu peut le nourrir comme il a nourrit son peuple dans le désert. Il n’a aucun doute à ce sujet. Dieu pourvoit toujours aux besoins de ceux qui l’honorent et lui font confiance. A la tentation du pouvoir, il répond par l’adoration au seul Dieu qui détient réellement tout pouvoir. Rappel cinglant au diable de sa déchéance, il n’a pas tous les pouvoirs, il n’est qu’un menteur. A la tentation de l’orgueil, de faire une démonstration originale qui prouverait qu’il est bien le Fils aimé de Dieu, il répond par l’humilité et le respect de Dieu. Il n’entre pas dans une sorte de surenchère avec le malin. A court d’idée et déstabilisé par les réponses de Jésus, le diable se retire.

Aujourd’hui encore, le tentateur est à l’œuvre et essaie par tous les moyens de nous détourner de Dieu. De façon très subtile il nous encourage soit à rester indifférents face à l’amour de Dieu. Soir à nous contenter d’une vie chrétienne à minima. A tolérer toutes sortes de compromis. A être davantage occupé par la recherche de notre confort matériel, nos besoins matériels sans fin. Il nous tente par l’orgueil, le pouvoir, ce désir de paraître aux yeux des autres. Ou bien encore il nous encourage à abuser de la grâce de Dieu par une mauvaise compréhension de sa parole. Ou bien à douter de notre identité en Jésus : « Si tu es un enfant de Dieu... pourquoi ? ».

Sachons dire et vivre nous aussi que : « L’homme ne vivra pas de pain seulement… ». Nos besoins matériels ne sont pas les plus importants. Apprenons à les maîtriser en cette période de Carême par des renoncements volontaires. Renonçons à sacrifier au consumérisme, cette idole des temps modernes qui détruit notre humanité.

Sachons dire et vivre aussi : « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et c’est à lui seul que tu rendras un culte ». Apprenons à adorer Dieu en Esprit et en vérité, à rendre réellement un culte à Dieu lorsque nous venons ici. Avec respect, fidélité, ponctualité, joie et amour fraternel.

Sachons dire et vivre aussi : « Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu ». Gardons-nous d’abuser de la patience de Dieu, de son amour, d’utiliser sa parole n’importe comment, de la mépriser en quelque sorte au lieu de lui obéir. Ne jouons pas avec le feu.

Conclusion :

« Il était dans le désert, conduit par l’Esprit… »

Il est différentes sortes de désert dans la vie. Certains sont là pour nous éduquer, approfondir notre foi, notre amour pour Dieu. Ne les fuyons pas, vivons-les avec confiance, espérance. Vivons-les dans l’attente des sources d’eaux que le Seigneur saura faire jaillir en son temps.

Mais il est des déserts dont nous ne sommes pas toujours conscients. Ils sont les plus terribles et les plus destructeurs. Ce sont ces déserts spirituels d’une vie sans Dieu, d’une vie de désobéissance, d’indifférence ou de tiédeur spirituelle dans laquelle le tentateur nous maintien ou tente de nous conduire. Résistons-lui avec une foi ferme et il fuira loin de nous.

Pasteur Joël Mikaélian
14/02/16

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux