Accueil Messages du Culte Message du culte du 06 mars 2016 - «Soyez réconcilié avec Dieu… »
Message du culte du 06 mars 2016 - «Soyez réconcilié avec Dieu… » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Luc 15. 11 à 32 / 2 Cor. 5. 17 à 21

« Soyez réconcilié avec Dieu… »

C’

est aujourd’hui le quatrième dimanche du carême, de ce temps qui nous mène vers Pâques, la fête de la résurrection du Christ. Comment parler de réconciliation dans un monde en guerre ? Le monde est en guerre. On parle de guerre économique due à la mondialisation, de guerres idéologiques ou religieuses au Moyen Orient ou en Afrique. On parle de conflits sociaux. Le monde est en révolte permanente, en rébellion. Nos sociologues s’interrogent et s’inquiètent de la montée de violence chez les jeunes. Il semble que beaucoup soient dépassés par ce qui se passe aujourd’hui. Les textes bibliques que nous avons lus aujourd’hui nous révèlent la source de ces conflits et le remède pour la paix. Puissions-nous entendre, vivre et répandre ce message de réconciliation.

1°) « Donne-moi la part de bien qui me revient… »

Tout commence par là : « Donne-moi… ». On revendique sa part. A l’image du jeune fils, l’homme réclame sans cesse ce qu’il considère être sa part légitime. Il en va ainsi dans la société et dans le monde. Le désir de posséder pour soi, de profiter pour soi uniquement est à la base de toutes les guerres et les conflits. La soif du pouvoir, du gain, l’égoïsme provoque souvent la guerre. Surtout lorsque l’on veut posséder ce qui est à autrui. Dans la parabole dite « du fils prodigue », le jeune frère représente cette humanité rebelle, qui ne veut pas de Dieu. Il représente cette humanité qui rejette toute responsabilité, toute soumission, toute considération de l’autre. Le jeune fils ne pense qu’à lui. Peu lui importe ce que pense son père ou son frère ainé. Peu importe pour lui, les conséquences de sa décision pourvu qu’il fasse ce qu’il veut. C’est bien là une image d’un monde sans Dieu, qui veut vivre selon ses désirs, sans penser aux autres et aux conséquences de ses décisions. Sans relation aucune avec Dieu, il préfère de loin la rupture. Ce fils, c’est peut-être nous parfois ou toujours.

2°) « Le père leur partagea son bien… »

Etonnement, le père partage son bien sans rien dire. Il donne à chacun de ses fils ce qu’il lui revient alors que rien ne l’y oblige si ce n’est son amour pour ce jeune fils. Ainsi Dieu donne à chacun ce qui lui revient. Dieu est bon, généreux comme ce père, il donne. Chacun reçoit sa part d’héritage dans ce monde. Chacun reçoit la vie, des dons, des capacités et peut revendiquer le droit d’en user selon son bon plaisir. Chacun peut revendiquer son autonomie, son désir de vivre loin du père, loin de Dieu. Chacun peut partir, dissiper ses biens, gaspiller sa vie loin de Dieu et de l’église. Comme chacun est libre de rester et de vivre avec le père comme le fils ainé. La parabole souligne que la vie loin du père semble attrayante : pas besoin de travailler, pas de contrainte, pas de souci d’autrui. Alors qu’auprès du père il en est autrement. Le fils aîné n’a pas tout à fait tord de se plaindre de l’attitude de son père à l’égard de son frère à son retour ! Le fils aîné représente tous ces croyants sincères qui s’interrogent souvent à propos de la « réussite » des méchants, de leur vie joyeuse. Beaucoup de textes bibliques évoquent ce constat révoltant. C’est peut-être ce que nous pensons parfois : il n’y a pas de justice. Et de plus, il nous semble que Dieu est trop bon envers ces pécheurs lorsqu’ils se repentent et reviennent vers lui. Le père ne fait aucun reproche, aucun sermon, aucune remontrance. La parabole met en avant cet amour du père et sa joie de revoir son enfant. Dieu est toujours prêt à accueillir avec joie ceux qui viennent vers lui quel que soit leur parcours de vie.

3°) « Etant entré en lui-même… »

Dans la vie de tout un chacun, il est des temps de remise en question nécessaires et salutaires. Il est des temps où les biens que l’on gaspille tarissent. Il est des temps où des circonstances adverses nous atteignent telle la famine de la parabole. C’est alors que chacun peut vivre des moments de vérité et réflexion comme le jeune fils de la parabole. Il entre en lui-même et voit les choses autrement. La vie avec le père lui paraît tout à coup bonne. Son père devient bon. Certes, il est difficile de revenir, de reconnaître ses erreurs ! Il est difficile de revenir vers Dieu et de demander pardon. Mais mieux vaut être serviteur chez son père, que perdu !

Il est des temps de vérité nécessaires dans nos vies aussi. Parfois, ce sont les circonstances qui nous invitent à voir les choses autrement. Il semble que nous ayons nous aussi besoin de nous réconcilier avec Dieu régulièrement. Lorsque nous nous éloignons de lui, lorsque nous perdons de vue sa bonté, ou que nous trouvons la vie chrétienne trop difficile, la vie d’église trop contraignante. Lorsqu’il nous arrive d’envier ceux qui vivent sans difficultés et sans se soucier de Dieu. Lorsque nous trouvons Dieu injuste avec nous. Il est de nombreuses situations dans la vie chrétienne où nous perdons de vue la bonté et l’amour de Dieu. Nous avons besoin parfois, nous aussi, de « rentrer en nous-même » et de considérer tout à nouveau l’amour du Père, sa joie de nous avoir près de lui ou de nous voir revenir vers lui.

« Soyez réconcilié avec Dieu… »

Cette parole s’adresse à tous, croyant ou pas. Nous avons besoin de nous réconcilier avec Dieu. C’est ce que nous faisons une première fois à la conversion. Mais nous devons faire à nouveau cette démarche chaque fois que nous perdons de vue la bonté de Dieu. Chaque fois qu’il nous semble injuste, difficile à comprendre. Nous avons besoin de porter un autre regard sur Dieu et sur notre vie. De dire avec le psalmiste : « Voyez combien le Seigneur est bon… ». Ce matin, en partageant ce pain et ce vin, réalisons combien le Seigneur est bon, combien il nous aime. Combien il est généreux en amour et en pardon à l’image de ce père de la parabole.

Vivons pleinement cette réconciliation et portons ce message dans ce monde en guerre, ce monde de rébellion, de revendication, d’égoïsme. Que Dieu nous donne toujours ce courage, cette force d’entrer en nous-mêmes et de nous tenir devant lui tels que nous sommes. Non pour nous justifier ou pour nous mépriser, mais simplement pour retrouver notre Père céleste et le réjouir de notre présence et voir la vie autrement.

Pasteur Joël Mikaélian
06/03/16

 

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux