Accueil Messages du Culte Message du culte du 13 mars 2016 - « Je vis une foule immense que nul ne pouvait dénombrer… »
Message du culte du 13 mars 2016 - « Je vis une foule immense que nul ne pouvait dénombrer… » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Dan. 12. 8 à 13 / Apoc. 7. 9 à 17

« Je vis une foule immense que nul ne pouvait dénombrer… »

L

e livre de Daniel, comme celui de l’Apocalypse de Jean, fait partie de ces livres qui renferment des textes déroutants, mystérieux même pour leurs auteurs. Lorsque l’on m’a demandé d’apporter un message à partir d’Apocalypse 7. 9, j’ai accepté sans trop réfléchir. La Parole de Dieu a toujours un message à apporter à ceux qui veulent l’écouter. Mais que dire à propos d’eschatologie, à une assemblée constituée de chrétiens de dénominations différentes, aux approches théologiques parfois opposées à ce sujet ? Que penser de ces mystères ? Peut-on réellement les percer ? Force est de constater qu’en matière de « fin des temps » et de vie dans le royaume futur, Dieu n’ait pas souhaité tout nous dire. Il nous faut l’accepter avec humilité, comme Daniel. « J’entendis mais je ne compris pas… Va, Daniel, car ces paroles sont tenues secrètes…». Ce qui n’enlève rien à l’intérêt et à l’utilité de la recherche et des débats théologiques.

Faudrait-il alors tourner ces pages sans les méditer ? Ou devrions-nous les recevoir avec leur part de mystère et nous laisser interpeler par ce qu’elles nous révèlent tout de même ? C’est ce que je vous invite à faire ce matin. Quel message pouvons-nous retirer de ces paroles, quels encouragements, quelles remises en questions ? Quelle espérance pour nous ?

1°) « Je vis une foule immense… »

Ils sont nombreux devant le trône de l’agneau ! Si nombreux que nul ne peut les compter ! Les premiers, du début du chapitre 7 sont 144 000. Les suivants, on ne peut même pas les compter ! Déroutante cette parole ! Comment la concilier avec certaines questions ou paroles de Jésus que nous trouvons dans les évangiles ?  « Seigneur, n’y aura-t-il que peu de gens qui seront sauvés ? Et Jésus de répondre : Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite…Car il y a beaucoup d’appelés mais peu d’élus ». Et puis, c’est quoi ça ? « De toutes nations, tribus, peuples et langues… ! » Où va-t-on ? Moi qui croyais qu’il n’y aurait que des Arméniens évangéliques dans le royaume de Dieu, ou bien que des baptistes, ou que des « libristes », ou que des pentecôtistes… ! Moi qui croyais être le seul détenteur de la Vérité !

L’apôtre Jean voit une foule immense. Ils sont nombreux, mais qui sont-ils ? Les interprétations d’Apocalypse 7 divergent ici. On parle parfois de l’église militante sur terre pour les 144 000, d’autres pensent au peuple d’Israël ou à certains élus. Puis pour la foule immense, certains parlent d’église triomphante dans le royaume de Dieu, pour d’autres ce serait uniquement les chrétiens de l’église persécutée qui seraient là. Mais Paul ne dit-il pas que « Tous ceux qui veulent vivre avec piété dans le Christ seront persécutés… » (2 Tim. 3. 12). Ne dit-il pas également qu’en Jésus, il n’y a plus ni grecs, ni juifs… ? Quoi qu’il en soit et quelles que soient nos interprétations, la bonne nouvelle à recevoir, c’est que dans le royaume de Dieu, il y aura une foule immense, de toutes nations de toutes tribus peuples et langues. Nous serons nombreux à rendre un culte à Dieu ensemble par-delà nos différences, nos chapelles, nos histoires. Nos cultes en commun, comme bien de nos rassemblements n’en sont-ils pas les prémices ? Nous pouvons nous réjouir de cela, le vivre mieux encore dans l’attente de ce jour. Ce qui nous rappellerait que nous ne sommes pas les seuls vrais chrétiens sur terre.

2°) « Ils se tenaient debout… »

Cette foule se tient debout devant le trône. C’est dire toute la proximité, l’amitié de celui qui est sur le trône, le Christ qui les accueille dans son royaume. Ils peuvent se tenir debout devant sa gloire et sa sainteté. Quelle vision encourageante pour tous ceux qui ont fait et qui font alliance avec Christ ! Pour tous ceux qu’il appelle « amis » parce qu’ils font ce qu’il leur commande ! Quel encouragement pour tous ceux qui le suivent malgré les épreuves, les questions, les incompréhensions qu’ils vivent dans ce monde ! Tous ceux qui persévèrent en Jésus dans ce monde, ceux qui le servent dans son église, seront un jour debout devant son trône. C’est ce qui sera dit à Daniel : « Heureux celui qui attendra et qui parviendra… Toi, va jusqu’à la fin... Tu seras debout pour ton héritage à la fin des jours ». Un jour, nous serons debout avec toute cette foule, devant le trône du Christ. Ce sera un jour de gloire qui n’aura plus de fin. Quelle belle espérance en Christ !

3°) « Ils proclamaient à haute voix… »

Le texte nous met en présence d’une foule qui adore, qui rend un culte à Dieu. Ce culte céleste se présente à nous comme un temps de proclamation à haute voix. Mais que proclament-ils ? Que devrions-nous toujours proclamer dans nos cultes ?

« Le salut est à notre Dieu… ». En d’autres termes, c’est Dieu qui nous a sauvés et qui nous sauve. C’est lui qui en a pris l’initiative et non pas nous. Dieu nous a aimés alors que nous étions pécheurs, ennemis. Il a préparé ce royaume depuis la fondation du monde. Avant même que nous existions, il nous a aimés. Dire « le salut est à notre Dieu », c’est renoncer à toute nos prétentions spirituelles. C’est renoncer à toutes ces comparaisons, ces compétitions de spiritualité qui divisent tant nos croyants et nos églises. C’est renoncer à croire que nous serions des enfants « préférés » de Dieu, parce qu’ayant une piété meilleure que celle de nos frères et sœurs. « Le salut est à notre Dieu » et à personne d’autre ! L’apôtre Paul écrivait aux Corinthiens (1 Cor. 4. 7). « Qui te distingue en effet ? Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi tirer fierté comme si tu ne l’avais pas reçu ? »

« Le salut est à notre Dieu… et à l’agneau »

La foule proclame aussi que leur sainteté, leur pureté, ces robes blanches qui leur permet de se tenir debout devant le trône, vient du sacrifice du Christ. C’est la croix, ce sacrifice que nous allons commémorer ensemble qui nous purifie de tous nos péchés. C’est le Christ qui nous justifie, qui nous rend saint, qui nous libère, qui nous lave des souillures de ce monde. C’est une grâce offerte à tous ceux qui veulent l’accepter. Le sacrifice du Christ est le seul acte qui ait pu satisfaire la sainteté et la justice de Dieu. Loin d’être un encouragement à la paresse spirituelle, une justification de nos écarts volontaires, cette grâce est ici « sujet » d’adoration. Adoration car elle a un prix ! Elle n’est pas une « grâce à bon marché » comme le disait si bien Bonhoeffer. « La grâce à bon marché est l'ennemie mortelle de notre Eglise... La grâce à bon marché, c'est la grâce considérée comme une marchandise à liquider, le pardon au rabais, la consolation au rabais, le sacrement au rabais... La grâce qui coûte, c'est le trésor caché dans le champ : à cause de lui, l'homme va et vend joyeusement tout ce qu'il a ; c'est la perle de grand prix ; pour l'acquérir, le marchand abandonne tous ses biens ; c'est la royauté du Christ : à cause d'elle, l'homme s'arrache l'œil qui est pour lui une occasion de chute ; … Elle coûte parce qu'elle appelle à l'obéissance ; elle est grâce parce qu'elle appelle à l'obéissance à Jésus-Christ… La grâce coûte cher d'abord … parce qu'elle a coûté à Dieu la vie de son fils… parce que ce qui coûte cher à Dieu ne peut être bon marché pour nous ». (Cf. « Le prix de la grâce » de D. Bonhoeffer)

A chacun de l’accueillir par la foi et d’en vivre chaque jour avec reconnaissance, conscient de sa valeur et de son prix. De ce qu’elle a coûté au Seigneur et à Dieu.

« Et celui qui siège sur le trône les abritera… »

La vision se termine par de belles promesses. En réponse à ce culte céleste, le texte nous dit que le Seigneur fait du bien à ceux qui l’adorent. Il les rassasie, étanche leur soif, les conduit tel un berger, essuie leur larmes. Le Seigneur fait du bien à ceux qui lui rendent un culte. Mais la question se pose : ce culte céleste a-t-il déjà commencé sans nous ? Ou bien, est-il seulement une vision du futur ? Difficile à dire. La question peut rester ouverte. Certes nous vivons dans le « déjà terrestre » de pas mal de choses, mais nous sommes pas mal ignorants du « déjà céleste » sans parler du « pas encore céleste » !

Conclusion :

« Je vis une foule immense que nul ne pouvait dénombrer… »

Quelle belle vision ! Quelle gloire ! Quelle espérance pour tous ceux qui croient ! Dans l’attente de ce jour rendons gloire à Dieu pour sa grâce. Réjouissons-nous des cultes que nous pouvons rendre à Dieu chaque dimanche avec nos frères et sœurs. (Veillons à ce que ces cultes ne commencent pas sans nous !) Allons en foule dans nos églises, avec joie, avec nos questions, nos attentes, nos prières ! Allons rendre grâce à Dieu pour son salut, son amour ! Allons rendre grâce au Seigneur pour son sacrifice. Proclamons-le ! Réjouissons-nous de la présence de nos frères et sœurs. Que ce culte céleste inspire nos cultes terrestres. C’est là que le Seigneur envoie la bénédiction, c’est là qu’il nous fait du bien en réponse à notre adoration. Vivons nos cultes terrestres comme prémices de ce culte céleste.

Faisons-le tout en levant nos têtes vers ce futur. Tel celui qui court, qui persévère tout en regardant la ligne d’arrivée. Cette ligne que Dieu nous donnera de franchir un jour par sa grâce : Notre participation à ce culte céleste.

Ouvrons nos cœurs ce matin aussi à celui qui veut nous faire du bien et soyons ses témoins ensemble dans ce monde.

Pasteur Joël Mikaélian

Culte en commun des églises de l’Entente Paris Rive Gauche

13/03/16

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux