Accueil Messages du Culte Message du culte du 20 mars 2016 - De la joie et des larmes, comment trouver la paix ?
Message du culte du 20 mars 2016 - De la joie et des larmes, comment trouver la paix ? PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Luc 19. 28 à 44 / Zach. 9. 9 et 10

De la joie et des larmes, comment trouver la paix ?

L

e récit de Luc sur l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem est riche en contrastes. Il est le seul des quatre évangiles à mêler joie et larmes, louanges et jalousie, détresse et paix. Il est le seul à avoir rassemblé tous ces éléments. Sans oublier de souligner, comme les autres évangiles, que Jésus accomplit ici la prophétie de Zacharie. Prophétie qui annonce un temps nouveau de paix qui s’étendra au monde entier. Alors que nous entrons dans la semaine sainte, que la paix demeure fragile dans tant de lieux, que tant de choses demeurent troublantes dans l’actualité, méditons et prions quelques instants à partir de ces contrastes et laissons l’Esprit Saint nous éclairer.

1°) Joie et larmes

La joie semble énorme, démesurée en ce jour où Jésus entre à Jérusalem. Etonnement, Luc ne nous parle pas de « Rameaux ». Ce n’est pas ce qui retient son attention. Comme quoi, ce n’est peut-être pas le plus important de cette journée ! Ce qui l’impressionne, c’est surtout la joie de la foule, et il y a de quoi. C’est comme un embrasement qui gagne la foule au fur et à mesure que Jésus avance. Les gens sont heureux d’accueillir un nouveau roi. Un roi qui fait des miracles, souligne le texte, n’est-ce pas intéressant ? Ah si nos gouvernants pouvaient faire des miracles, ne serions-nous pas les plus heureux ! Mais, avouons-le, leur tâche n’est pas facile. Et ils ont plus que jamais besoin de nos prières.

Mais à Jérusalem ce jour-là, tout va bien. La foule est dans la joie. Car il lui semble qu’avec un tel roi, tous les rêves sont possibles. Et elle ne se prive pas de manifester sa joie en criant « Hosanna… Sauve ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur… !».

Jésus semble se prêter au jeu quelques instants. Il ne reprend pas cette foule immédiatement. Peut-être y a-t-il aussi quelque chose de vrai dans cette joie ? Quelque chose que Jésus apprécie. Une sorte de reconnaissance de sa royauté, même si elle est confuse. N’oublions pas que ce sera tout de même son acte d’accusation, inscrit à la croix : « Celui-ci est le roi des Juifs ». Mais très vite son visage s’assombrit, car il voit autre chose. Il ne voit plus la joie de la foule, mais il voit plus loin. Les déceptions qu’ils éprouveront lorsqu’ils se rendront compte qu’il n’est pas conforme à leurs attentes. Lorsqu’ils découvriront que leur nouveau roi marche vers la croix. Jésus voit les conséquences de ce rejet, elles seront terribles. Des ennemis viendront de toutes parts et mettront la ville à sac. Il en souffre déjà et en pleure. Ce qui nous montre à quel point il n’est pas indifférent aux souffrances des hommes.

Quel est le roi que nous acclamons aujourd’hui ? Quelle est la raison de notre joie ? Celle du salut éternel en Jésus ? Celle de l’assurance du pardon de nos péchés acquis au prix de son sacrifice sur la croix ? Ou est-il pour nous aussi celui de qui nous attendons la réalisation de tous nos désirs charnels ? Le Seigneur ne verse-t-il pas des larmes aujourd’hui encore sur nos désobéissances, nos égarements ?

2°) Louanges et jalousie

La joie du salut conduit à la louange. La louange nous remplit de joie. C’est un cercle vertueux. Evoquer l’amour, la bonté, la fidélité de Dieu nous poussent à nous réjouir, à chanter, à louer. Ce qui nous remplit d’assurance, de force, de bien-être… Comme le dit ce chant que nous chantons souvent avant nos repas « compte les bienfaits de Dieu… tu verras en adorant combien le nombre en est grand… ». Que notre louange soit vraie ! Qu’elle soit fondée sur le Christ et sur ce qu’il a fait pour nous. Que notre louange ne soit pas tournée vers nous, mais vers celui qui seul en est digne. Quelle ne soit pas animée d’intérêt personnel comme celle de la foule ce jour-là. Faute de quoi nous risquons de vivre des déceptions comme la foule. Apprenons à louer Dieu en Esprit et en vérité, à le louer pour ce qu’il est.

Le texte de Luc nous montre aussi que la louange provoque la jalousie. Il s’agit ici de jalousie des pharisiens qui n’est autre que celle inspirée par le malin, qui rêve d’être loué et adoré (cf. la tentation de Jésus). Il faut le savoir, la louange, l’adoration portée à Dieu provoque la jalousie du malin. C’est son rêve brisé. Mais Jésus n’y prête pas vraiment d’attention. Sa réplique est aussi directe que surprenante. On ne plaisante pas sur ce sujet avec le Seigneur. « S’ils se taisent, les pierres crieront ». Rien ne peut arrêter la réalisation du plan de Dieu. Ne nous laissons jamais impressionner par le malin. Ne laissons pas les pierres crier et louer Dieu à notre place ! Faisons-le chaque jour, chaque matin, chaque soir. Faisons-le non parce que la journée s’annonce bonne ou parce qu’elle aura été particulièrement conforme à nos attentes. Mais parce que nous avons été sauvés en Jésus, par sa mort sur la croix. Parce que tous nos péchés sont pardonnés, parce qu’il n’y a plus de condamnation pour ceux qui sont en Christ ! Parce que nous sommes aimés de Dieu.

3°) Détresse et paix

Les paroles de Jésus soulignent également à quel point, le rejet nous expose à vivre des temps de détresse. Certes, il serait dangereux ici de faire une règle générale sur ce point. Il est des détresses qui proviennent de circonstances inexpliquées. Des détresses qui sont ces épreuves que l’Ecriture mentionne à plusieurs reprises. Mais ici, les choses sont claires et Jésus le précise. « Si toi aussi tu connaissais les choses qui appartiennent à ta paix ! … Mais … il viendra des jours… tes ennemis t’entoureront… ils te détruiront… parce que tu n’as pas connu le temps où tu as été visité ». Le rejet, l’indifférence, le refus de l’amour et de la grâce de Dieu auront toujours des conséquences fâcheuses. Il ne faut jamais l’oublier. Aujourd’hui encore le Seigneur ne se réjouit pas de tous ceux qui le rejettent, ou qui vivent dans la désobéissance, ou dans l’indifférence. S’il en souffre de cela, combien plus est-il sensible à nos angoisses dans nos épreuves ! Il n’est pas un Dieu indifférent. Il ne se réjouit jamais des détresses humaines qu’elle qu’en soient les causes.

« Si toi aussi tu connaissais les choses qui appartiennent à ta paix ! Les propos de Jésus nous indiquent qu’il est une paix divine offerte pour toutes les détresses de ce monde. Cette paix n’est pas humaine. Elle n’est pas de nos efforts si louables soient-ils. On ne peut la trouver réellement qu’en Dieu, en Jésus, par la présence de l’Esprit Saint. L’apôtre Paul parlera de cette paix qui surpasse toute intelligence (Phil. 4. 6). Cette paix est celle du Christ, totalement différente de celle que le monde peut nous offrir. Jésus l’a dit à ses disciples avant de les quitter : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix… je ne vous donne pas comme le monde donne…  ». (Jean 14. 27).

Il veut ce matin encore nous donner sa paix. Ouvrons nos cœurs à son Esprit pour la recevoir. Il est le roi, le prince de la paix. Recevons ce matin cette paix : Paix du pardon ; Paix de la consolation ; Paix de sa présence ; Paix de son amour et de sa bonté ; Paix de l’assurance de sa fidélité.

Celui qui a accompli cette prophétie de Zacharie est fidèle. Il œuvre dans le temps pour faire concourir toutes choses au bien de ceux qu’il aime. Recevons sa paix ce matin. Laissons-nous visiter par le Saint Esprit.

Pasteur Joël Mikaélian
20/03/16

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux