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Message du culte du 19 juin 2016 - «Prenez courage… » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

1 Rois 19. 8 à 15 / Jean 16. 25 à 33

« Prenez courage… »

C

’est par ces mots que Jésus conclut son dernier entretien avec ses disciples avant de prier pour eux et d’être arrêté. Dans ses propos, Jésus évoque des temps troublés. Il annonce à ses disciples leur trahison et leur dispersion. Il ne leur en veut pas, au contraire, il les encourage à rester fidèle : « Prenez courage.. ». Le courage est une force intérieure qui permet à l’homme de faire face à toutes les situations qui auraient tendance à lui faire baisser les bras. La racine du mot vient de « cœur » (en arménien, d’ailleurs, le mot courage fait explicitement référence au cœur). Cela revient à dire : « ayez du cœur, de la force intérieure ». On emploie souvent cette expression pour encourager quelqu’un qui fait face à une situation difficile. Ou parfois pour le plaindre : « bon courage… ! » Du courage, il en faut pour vivre ! Il arrive même parfois d’en manquer ou de le perdre lorsque les difficultés s’accumulent. Avouons-le, il est des jours avec et des jours sans. Que faire lorsque l’on perd courage ? Comment trouver, retrouver courage chaque jour ? D’où le prendre ? Je vous invite à méditer sur ces questions ce matin à la lumière des textes que nous avons lus.

1°) « Pourquoi es-tu ici Elie ? »

Le texte du livre des Rois nous met en présence d’un grand prophète. Capable de faire descendre le feu du ciel, comme la pluie simplement en priant Dieu ! Sans parler de ses miracles ! Il est l’exemple d’un homme à la prière efficace (Epître de Jacques) ! Il a été enlevé au ciel, tout comme Enoch. Il est présent au côté de Moïse sur la montagne où Jésus a été transfiguré. C’est un grand prophète qui nous apparaît ici dans toute sa fragilité humaine. Il fuit la colère de la reine Jézabel, il a peur pour sa vie. Et pourtant il demande à Dieu de le reprendre. « Il s’assit sous un genêt isolé. Il demanda la mort… Seigneur, prend ma vie… ». Elie n’a plus le courage de vivre. Il n’a pourtant rien fait de mal, au contraire ! « Je suis rempli de zèle pour le Seigneur… ».

Il est des moments de découragement dans la vie de tout un chacun comme dans la vie de tout chrétien, même des plus grands. Ces temps sont parfois plus ou moins longs, plus ou moins fréquents. Ils nous guettent tous. Ne soyons pas surpris. Comment réagir ? Comment trouver ou retrouver courage ?  Que faire ? Rien, si ce n’est nous adresser au Seigneur, comme Elie, l’attendre et l’écouter. « Lève-toi… ». Elie se lève et va à la montagne de Dieu, il va à la rencontre de Dieu. Et c’est là que Dieu va lui redonner courage. « Tiens-toi sur la montagne… Le Seigneur va passer… ». Après toute une démonstration de « force et de puissance » où il nous est dit que Dieu n’était pas dans ces choses, celui-ci se révèle tel « une voix de fin silence ». Un murmure doux, léger, une parole empreinte d’amour et de compassion. C’est Dieu ! C’est ce qui prédomine chez Lui, ce qu’il choisit de révéler à Elie à ce moment de sa vie. Ce dont Elie avait besoin. Elie sort et se tient devant Dieu. Nous avons là une des plus belles rencontres ! Dieu est là avec Elie, un homme de la même nature que nous ! Quelle rencontre ! Dieu n’abandonne jamais ses enfants, ceux qui espèrent en Lui. Il ne les laisse jamais sombrer dans le désespoir. Il leur donne et redonne sans cesse la force intérieure dont ils ont besoin pour faire face aux situations les plus désespérées. Il suffit d’aller à lui et de l’attendre, de l’entendre nous dire son amour. Le courage vient de son Amour infini et incompréhensible. C’est là que nous le trouvons.

2°) « Prenez courage… » Dit Jésus à ses disciples.

« En ce monde, vous aurez des tribulations… ». Les disciples ont vécu des moments de communion intenses avec Jésus le soir de la dernière Pâques. Ils ont alors l’impression et la conviction qu’ils ont tout compris ! Mais Jésus les surprend à nouveau. Il leur annonce leur trahison. Il leur parle de leur fragilité, de la fragilité de leur foi, de leur courage, de leur force intérieure. Mais il ne leur en tient pas rigueur. « Vous me laisserez seul. Mais je ne suis pas seul, le Père est avec moi… ». Le Seigneur comprend ses disciples. Il comprend aussi nos moments de doutes, de craintes, de peur. Il sait que le chemin n’est pas facile. Il sait que comme l’écrira plus tard l’apôtre Pierre « Tous ceux qui veulent vivre pieusement en Christ seront persécutés… ». Il sait que ses  disciples auront des difficultés à vivre à contre courant dans le monde. Alors il les encourage. Comment ? En leur révélant cette vérité : « J’ai vaincu le monde… ». Il ne s’agit pas pour Jésus de dire : « Allez, bon courage ! » en quelque sorte : « Je vous plains, je compatis… ! ». Non ! Le Seigneur invite ses disciples à prendre courage, non pas en eux-mêmes, mais en lui, dans sa victoire à la croix. La croix est la victoire sur toutes les forces du mal. Cet innocent plein d’amour et de bonté qui meurt sur une croix sans rien dire, signe la victoire éclatante de Dieu sur le mal. La croix est le lieu où le Seigneur nous invite à prendre courage face à toutes nos situations difficiles et toutes nos craintes de la vie. « Oui, pensez à celui qui a enduré de la part des pécheurs une telle opposition contre lui, afin de ne pas vous laisser accabler par le découragement… » (Héb. 12. 3). Notre courage est dans la victoire du Christ à la croix, dans la communion avec lui. Nous pouvons l’expérimenter lorsque nous le suivons sur le chemin de l’humilité, de la compassion, du pardon, de la sainteté, d’une totale dépendance et confiance dans l’amour, la bonté, la sagesse et la justice de Dieu. La croix demeure aussi un des signes les plus forts de son amour pour nous.

3°) « Va, reprend ton chemin… »

Tout ne s’arrête pas là. Le Seigneur restaure Elie afin qu’il poursuive son ministère et sa mission. Il lui donne une feuille de route. Elie a encore beaucoup de choses à faire au nom du Seigneur. Mais il n’aura plus peur, ni de la reine, ni du roi. Il n’hésitera pas à dénoncer leur crime contre Naboth… Lui qui pensait que tout était fini pour lui !

Le Seigneur nous restaure, nous donne et redonne sans cesse courage, pour que nous puissions continuer à le servir. C’est en effet après ces paroles que Jésus fera une longue prière pour ses disciples (Jean 17). « Prenez courage, j’ai vaincu… et je prie pour vous… ». Pourquoi il prie ?

Le Seigneur prie pour que Dieu nous donne la vie éternelle, pour qu’il nous garde, pour que nous soyons un, unis les uns aux autres, pleins d’amour les uns pour les autres. Il prie pour que Dieu nous accorde la grâce d’être là où il est dans la gloire. Il prie qu’il se fera connaître encore à nous afin que l’amour du Père demeure en nous et entres nous. Il prie et nous envoie dans ce monde. Aujourd’hui, il nous envoie dans ce monde en crise qui a tant besoin de courage, de cette force intérieure que l’on trouve en sa victoire. Il nous envoie afin qu’on le serve avec zèle, joie et amour.

Conclusion :

« Prenez courage… j’ai vaincu le monde…»

C’est comme si le Seigneur nous disait ce matin : « Avec moi, comptant sur ma victoire, allez-y avec cœur, vivez avec cette force intérieure de l’Esprit Saint, pour faire face à vos craintes et vos peurs, afin de servir Dieu avec amour et avec zèle. N’abandonnez jamais en chemin. J’ai vaincu le monde, vous aurez toujours la victoire en moi, en marchant sur mon chemin ; chemin d’humilité, d’amour, de pardon, de service, de don de soi… Que Dieu renouvelle notre courage à chacun.

Pasteur Joël Mikaélian
19/06/16

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux