Accueil Messages du Culte Message du culte du 03 juillet 2016 - «Car je n’ai pas honte de l’Evangile… »
Message du culte du 03 juillet 2016 - «Car je n’ai pas honte de l’Evangile… » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

2 Rois 22. 1 et 2 / Rom. 1. 16 et 17 / Luc 10. 17 à 20

« Car je n’ai pas honte de l’Evangile… »

L

’apôtre Paul fut un infatigable propagateur de l’Evangile. Il avait été saisi par le Christ sur le chemin de Damas et sa vie en fut totalement bouleversée. La bonne nouvelle de la grâce de Dieu en Jésus, du salut par la foi seule, avait totalement changé sa façon de voir les choses. Lui qui était profondément religieux, qui était profondément convaincu qu’il fallait mériter l’approbation et le salut de Dieu par des œuvres, avait été transformé par la découverte de la grâce. Désormais, une seule chose comptait pour lui : annoncer cette bonne nouvelle de l’Evangile au plus grand nombre. Ce fut aussi la même découverte qui bouleversa un certain Martin Luther au 16ème siècle. Il en fut de même pour les fondateurs de l’Eglise Evangélique Arménienne au 19ème siècle. En ce 170ème anniversaire, laissons-nous questionner par leurs exemples. Quels sont les défis qu’ils mettent devant nous ? Que faisons-nous de l’héritage spirituel qu’ils nous ont légué ? Dans quelle mesure notre vie a-t-elle été bouleversée par la grâce de Dieu ? Méditons à partir des textes que nous avons lus ce matin.

1°) « Josias fit ce qui est droit aux yeux du Seigneur… »

Le livre des Rois nous raconte la vie et la succession des différents rois d’Israël et de Juda dans la période préexilique. Cette lecture est parfois, surprenante, choquante même. On y voit des rois idolâtres, infidèles, injustes et d’autres dont il est dit qu’il faisait ce qui est droit aux yeux du Seigneur. Ce qui étonne, ce sont les contrastes que nous rencontrons ; contrastes qui nous rappellent que chacun est responsable de lui-même. La foi des ancêtres n’est pas un gage pour les générations suivantes. Par exemple, il se passe presque un siècle entre le roi Ezéchias et son arrière-petit-fils Josias. Ezéchias faisait ce qui est droit aux yeux du Seigneur. Son fils Manassé qui lui succéda fut l’un des pires rois idolâtres d’Israël (et il régna même 52 ans !). Le fils qui lui succéda suivit son chemin. Par contre son fils Josias qui lui succéda fut un des plus grands réformateurs religieux. Il ramena son peuple vers Dieu. Quelle fut l’origine de ce réveil spirituel chez lui et chez son peuple ? La redécouverte de la loi de Dieu. A sa lecture Josias fut bouleversé en réalisant à quel point il vivait en désaccord avec elle. Il se repentit profondément et s’attacha à obéir à cette Parole et tout le peuple avec lui. Ce fut un grand réveil spirituel.

2°) « Je n’ai pas honte de l’Evangile… »

Il y a 170 ans, à Constantinople, une poignée de fidèles de l’Eglise Apostolique Arménienne faisait cette même découverte de la grâce en Jésus. Jusque-là, la Bible n’était pas traduite en arménien moderne, accessible à tous. Elle était seulement traduite en arménien classique et seul le clergé y avait accès. Mais au 18ème siècle, des missions américaines traduisirent et éditèrent la Bible en arménien moderne et la diffusèrent largement à Constantinople. C’est alors que se constituèrent des groupes d’études bibliques. Beaucoup découvrirent l’Evangile de la grâce en Jésus-Christ. Plusieurs feront alors l’expérience de la nouvelle naissance et se mirent à vivre l’Evangile et à le partager autour d’eux. Ce fut une révolution spirituelle, le début d’un réveil spirituel que rien ne pourra arrêter. Ni les moqueries des uns, ni l’opposition du clergé, ni même la menace de l’excommunication. Certes, lorsque celle-ci fut déclarée par le Patriarche de Constantinople, plusieurs rentrèrent dans les rangs. Mais 40 d’entre eux restèrent fidèles à leurs convictions évangéliques. Ils furent alors contraints de créer un nouveau groupe religieux qu’ils nommèrent « Eglise Evangélique Arménienne », le 1er juillet 1846. En quelques années des dizaines de nouvelles églises verront le jour dans l’empire ottoman. Suite au Génocide de 1915, les évangéliques rescapés des massacres, fonderont à leur tour des Eglises partout dans le monde, comme ici à Paris en 1928. Nous sommes leurs héritiers spirituels. Aujourd’hui, nous devons, certes, rendre grâce à Dieu pour ce bel héritage que nos anciens nous ont laissé. Rendre grâce à Dieu pour sa fidélité envers nous, pour tout le chemin parcouru. Rendre grâce que rien n’ait pu arrêter cette belle œuvre de réforme spirituelle. Nous devons rendre grâce à Dieu également parce que depuis, les relations se sont apaisées avec l’Eglise Apostolique Arménienne. Nous entretenons aujourd’hui des relations fraternelles avec elle, comme avec l’Eglise Catholique Arménienne. Mais n’oublions pas ! Nous avons, nous aussi aujourd’hui, le devoir de vivre pleinement l’Evangile et de le transmettre aux générations qui nous suivent ; le devoir de poursuivre avec la même foi, le même zèle, le même attachement à l’Evangile, puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit. A nous de veiller afin que chaque génération soit fidèle à Dieu et à sa Parole.

3°) « Réjouissez-vous que vos noms sont inscrits dans les cieux… »

En ce 170ème anniversaire, n’hésitons pas à nous questionner. Qu’en est-il de nous ? Avons-nous été saisis par le message de l’Evangile ? Cette bonne nouvelle de la grâce du salut en Jésus ? Notre nom est-il inscrit dans les cieux selon la promesse de Jésus à ceux qui croient en lui ? Savons-nous nous réjouir de cela ? Sommes-nous émerveillés par la grâce ? Emerveillés au point de prier, de témoigner, de nous engager dans l’église afin que beaucoup d’autres encore entendent cette Parole ! Quelle est notre soif de Dieu, de sa parole, de son Eglise ? Avons-nous le même zèle que nos pères fondateurs ?

En ce 170ème anniversaire, réjouissons-nous et rendons grâce à Dieu pour la puissance de l’Evangile. Pour le sacrifice de Jésus que nous allons commémorer. Soyons reconnaissants pour le pardon de nos fautes, pour le don de la vie éternelle, le don de l’Esprit Saint. Pour cette présence bienveillante en nous et autour de nous. Soyons reconnaissants pour le témoignage de nos anciens, pour l’église que nous formons, pour nos frères et sœurs en Christ. Pour ces liens qui nous unissent les uns aux autres en Jésus-Christ.

Conclusion :

« Car je n’ai pas honte de l’Evangile… »

A la suite de l’apôtre Paul, de tous les témoins qui nous ont précédés, n’ayons pas honte de l’Evangile, continuons à le proclamer et à participer à sa propagation, ici et au loin.

Pasteur Joël Mikaélian
3/07/16

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux