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Message du culte du 10 juillet 2016 - «Va et, toi aussi, fais de même » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Deut. 30. 10 à 14 / Luc 10. 25 à 37

« Va et, toi aussi, fais de même »

La Parole de Dieu interpelle, questionne, intrigue parfois. L’Evangile le fait à maintes reprises, comme ici ce matin. Nous lisons trop souvent l’Evangile comme une suite de préceptes, de conseils de vie, de vivre ensemble, en société. Certes, la Bible regorge de paroles pertinentes, riches de sens et profondes. Certaines concernent notre relation avec Dieu, d’autres nos relations humaines, fraternelles, sociales. Mais à chaque fois, la Bible nous renvoie d’abord à nous-même, comme ici. C’est dire toute l’importance que Dieu attache au concept de la responsabilité individuelle. Il nous faut sans cesse faire l’effort de recevoir ces paroles pour nous-mêmes avant de penser à les appliquer aux autres. L’épître de Jacques compare d’ailleurs la Parole de Dieu à un miroir. C’est là que nous sommes appelés à nous voir tel que nous sommes et à prier l’Esprit Saint de nous modeler à l’image du Christ.

Méditons ce matin sur cette Parole et laissons nous éclairer sur ce que Dieu veut nous dire.

1°) « Maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? »

Bonne question que celle de cet homme, question essentielle même. La réponse de Jésus est étonnante. Elle n’est pas très évangélique au premier abord. Sauf si on pousse un peu plus la réflexion de savoir ce que veut dire : « aimer Dieu de tout son cœur… ». Jésus le précise en d’autres endroits. Aimer Dieu, implique garder sa Parole et obéir à cette Parole. Obéir à cette Parole qui nous invite d’abord à la conversion, la repentance de nos fautes, de notre état de pécheur, pour accepter la grâce du pardon en Jésus. Aimer Dieu c’est croire fermement à la vérité de sa Parole sur nous. Aimer Dieu, c’est obéir à cette Parole qui nous invite à vivre et à grandir ensuite dans la sainteté, à persévérer dans la prière, à l’adorer et le louer chaque jour pour ses innombrables bienfaits. Aimer Dieu de tout son cœur c’est lui donner la première place dans nos vies ; c’est avoir du plaisir, de la joie de communier avec lui.

Mais aimer Dieu, c’est aussi aimer son prochain comme soi-même. En Matthieu, c’est Jésus qui rappelle ce commandement du Lévitique et le lie de façon très étroite avec le premier commandement. Ici c’est notre homme lui-même qui le fait. L’amour de Dieu ne dispense pas de l’amour du prochain, et inversement aussi d’ailleurs. L’apôtre Jean l’écrit aussi dans ses lettres. « Si quelqu’un dit : j’aime Dieu et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur… Que celui qui aime Dieu, aime aussi son frère… ». Ce qui ne veut pas dire que l’on doit avoir toujours les mêmes pensées, les mêmes avis sur tout… L’amour respecte au contraire la différence et travaille à en faire une richesse plutôt qu’un handicap. Voilà dit Jésus, c’est très bien : « Fais cela et tu vivras… ». Mais…

2°) « Qui est mon prochain ? »

Bonne question aussi. C’est qui que je dois aimer comme moi-même ? Certes, il y a la famille, les amis, les gens de l’église, mais aussi tous ceux qui m’agacent, qui me blessent, me font du mal, ceux qui ne sont pas aimables. Il est probable qu’en posant la question, notre homme espérait secrètement que Jésus fasse des différences entre ceux qui seraient aimables et ceux qui ne le seraient pas. « Qui est mon prochain ? » Et si je posais moi aussi la question ce matin ? Seigneur, dis-moi, quels sont ceux que je dois aimer ? Ecoute !

3°) « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho… »

Jésus raconte cette parabole dite du « bon samaritain ». Elle ressemble à un fait divers comme on en entend tous les jours. Il est étonnant que Jésus ne s’attarde pas sur l’aspect injuste de l’agression, ni sur les agresseurs. Il n’essaie pas d’expliquer pourquoi ce genre de situation arrive. Il veut donner un exemple de ce qu’est le véritable amour du prochain et qui est ce prochain. Pour accentuer le contraste, il met en scène deux juifs religieux, pieux, de qui on était en droit d’attendre cette charité, mais qui passent outre. Puis un samaritain, un homme méprisé des juifs, étranger, ennemi. C’est la plus grande distance qu’il pouvait y avoir entre deux hommes : un samaritain et un juif probablement. L’amour qu’il manifeste est complet, exemplaire et total. Il comporte des risques et n’hésite pas à voir loin. Le samaritain est touché, il s’approche, prend du temps, change son programme. Peut-être va-t-il rater un rendez-vous important ? Il le soigne, le met à sa place et marche à ses côté. Il reste avec lui une nuit, puis il part, le confie à l’hôtelier et prend en charge les dépenses…

Quel enseignement pour nous ! Aucune distance humaine, aucun fossé de séparation n’est trop grand pour l’amour que Dieu attend de nous. L’amour ne connaît pas de différence ethnique, pas d’ennemi face à un homme à terre. L’amour, la compassion comporte des risques, risque d’être incompris par d’autres. La compassion se laisse aussi déranger dans son agenda. Elle touche aussi le portefeuille, son amour propre. Elle ne connaît pas le mépris de l’autre même le plus différent. Ce caractère radical de l’amour est là pour nous faire prendre conscience de nos limites. Nous avons besoin que l’Esprit Saint répande l’amour de Dieu dans nos cœurs afin de pouvoir aimer ainsi.

« Lequel des trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé parmi les brigands ? ». Jésus retourne la question. Il ne demande pas, qui a considéré cet homme comme son prochain. Mais qui a été le prochain de cet homme ? Pourquoi ? Pour dire que toute relation humaine est à double sens. Nous sommes les prochains les uns des autres. Il n’y a pas ceux qui sont à terre et ceux qui sont debout. Nous sommes tous appelés à aimer et à être aimés. A exercer la miséricorde et à recevoir la miséricorde. Et ce sans aucune limite.

« Va et, toi aussi, fais de même »

Que Dieu nous aide à l’aimer et à aimer notre prochain. Certes, ce ne sont pas nos bonnes œuvres qui peuvent nous sauver. Le salut reste une grâce que l’on reçoit en aimant Dieu. Il devient effectif pour nous lorsque nous répondons à l’amour de Dieu par notre amour. Mais le salut est aussi une responsabilité, celle d’aimer notre prochain. Nul ne peut raisonnablement en faire l’impasse au risque de devenir menteur aux yeux de Dieu.

Pasteur Joël Mikaélian
10/07/16

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux