Accueil Messages du Culte Message du culte du 31 juillet 2016 - « Attention, gardez-vous… »
Message du culte du 31 juillet 2016 - « Attention, gardez-vous… » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Eccl. 2. 20 à 23 / Col 3. 1 à 4 / Luc 12. 13 à 21

« Attention, gardez-vous… »

Nous avons vécu ces derniers jours des événements dramatiques en France. De nouveaux attentats qui s’ajoutent à la liste déjà trop longue des drames que connaît notre humanité aujourd’hui. Certes, les réponses et les solutions à ces questions ne sont pas simples. Ceux qui nous gouvernent le savent bien et nous devons prier pour que Dieu les aide. Nous devons prier également pour toutes les victimes, les blessés, les familles endeuillées. De Nice à Saint-Etienne-du-Rouvray, chacun se demande aujourd’hui quelle sera la prochaine cible ? Entre colère, révolte et raison, il devient de plus en plus difficile de trouver un chemin. Entre justice, désir de vengeance et amour, pardon, prières, les chrétiens ont aussi du mal à se positionner. Comment vivre ensemble, dans le respect de nos différences, sans trahir nos convictions spirituelles ? Gardons-nous de confondre fraternité humaine et fraternité spirituelle. Ne nous contentons pas de ces discours qui tendent à gommer les différences dans une sorte de syncrétisme religieux qui n’apporte pas grand-chose. La vrai réponse, on le sait est ailleurs, dans le cœur humain qui se laisse envahir par le mal. « C’est du cœur que sortent les mauvaises pensées… » Disait Jésus. C’est le mal, l’orgueil, l’égoïsme qu’il faut combattre par la prière, l’amour, l’humilité, la générosité, le respect de la vie humaine. C’est dans ce sens que les textes bibliques de ce matin nous invitent à réfléchir. Quel sens donner à cette vie, et à son activité, son travail, ses biens ?

1°) « J’en suis venu à me décourager pour tout le travail que j’ai fait sous le soleil… » Dit l’Ecclésiaste.

D’où viennent son découragement, sa fatigue, sa déception ? Simplement du constat suivant : sous le soleil, tout est vanité. Il n’y a rien de durable. Tout finit un jour pour tout le monde. Pour celui qui réussit comme pour celui qui n’y parvient pas. S’il n’y a pas de transcendance, pas de référence à Dieu et à l’éternité, tout est vanité et n’a pas de sens. Cette vie n’a aucun sens si ce n’est la jouissance prônée par les épicuriens et les athées.

C’est décourageant de ne travailler que pour soi, de n’amasser que pour soi puisqu’au final, on n’emporte rien. Comme il est décourageant aujourd’hui aussi de vivre ces temps de crises, d’insécurité. De vivre avec la crainte que tout bascule du jour au lendemain par une maladie, un accident, un attentat… Sans Dieu, tout est dérisoire. Sans le seul vrai Dieu, le Dieu d’amour et de compassion, Jésus-Christ, la vie n’est que vanité.

2°) « Maître, dis à mon frère de partager avec moi… »

A l’origine de la parabole et de l’enseignement qui va suivre, Il y a cette demande à Jésus. On lui demande d’intervenir dans un litige familial. Jésus refuse de se mêler de cette affaire familiale. Mais il va en profiter pour raconter une parabole et donner un enseignement général sur la question des biens de ce monde, du matérialisme, de l’égoïsme ou de la peur du lendemain.

« Il y avait un homme riche… » Tout commence par une « succès stories ». Non seulement notre homme est riche mais en plus, il a réussi une bonne année. Il a une telle abondance qu’il n’a plus de place pour amasser. Il ne sait plus quoi faire de ce qu’il vient de récolter. Peut-être qu’il pourrait donner son surplus, le partager ? Cela ne lui vient même pas à l’idée. Il réfléchit à une meilleure solution : s’agrandir, démolir et construire plus grand, et jouir de la vie. Voilà un projet sensé, comme beaucoup de projets de vie aujourd’hui. Quoi de plus normal, naturel ?

« Insensé… » Dit Dieu. Dieu s’invite dans la parabole de façon brutale et sans appel. « Cette nuit même… » C’est fini pour toi. Et alors à quoi te serviront ces biens que tu as amassés ? A rien !

« Voilà ce qui arrive… » Dit Jésus pour conclure « à celui qui amasse un trésor pour lui-même et qui n’est pas riche pour Dieu (ou) en Dieu ».

Tout travail pour soi, toute vie seulement pour soi-même conduira toujours tôt ou tard au même constat : insensé, pas de sens, vanité ! Une vie dont il ne restera rien pour l’éternité. Une fatigue pour rien.

3°) « C’est pourquoi je vous dis… » Poursuit Jésus, « ne vous inquiétez pas pour votre vie… »

A la crainte, la peur du lendemain qui pousse au découragement, à l’égoïsme ou au repli sur soi, Jésus oppose la confiance en Dieu. Si la réponse pour ceux qui font le mal est la prière, afin qu’ils comprennent le message de l’Amour de Dieu et de la croix. La réponse pour nos craintes, nos inquiétudes, nos découragements est dans la confiance en ce Dieu qui prend soin de sa création. Il prend soin des oiseaux et des fleurs dit Jésus. Et vous, les humains, vous valez beaucoup plus qu’eux. Alors, ne donnez pas toute votre énergie à la vie matérielle. Ne soyez pas insensés. « Cherchez d’abord le royaume et la justice de Dieu… ». Cherchez ce royaume, cette justice qui nous est donnée en Jésus. C’est lui qui a ouvert la porte de ce royaume et a satisfait la justice de Dieu en mourant sur la croix à notre place. Il a pris sur lui nos fautes, notre condamnation. C’est en lui que Dieu nous pardonne et nous accepte comme ses enfants, citoyen du royaume de Dieu.

Si vous n’avez pas encore accepté cette grâce, la porte est toujours ouverte.

Quant à nous qui l’avons acceptée, écoutons ce que l’apôtre Paul dit aux chrétiens de Colosse : « recherchez ce qui est en haut, là où se trouve le Christ, assis à la droite de Dieu… C’est en haut qu’est votre but… ». Ne nous trompons pas de finalité. Vivons, jouissons de cette vie avec reconnaissance. Apprécions-la à sa juste valeur comme une grâce de Dieu. Mais ne la vivons pas que pour nous même. Vivons-la avec générosité, avec disponibilité pour Dieu, son œuvre, son église. Vivons-la sans perdre de vue le royaume de Dieu. Réfléchissons à notre vie, à notre engagement dans l’église, à la qualité de notre relation avec Dieu, de notre adoration et de notre vie de prières.

Conclusion :

« Attention, gardez-vous… »

Gardons-nous d’une vie que pour nous-mêmes. Elle est insensée et ne génère au final que fatigue, découragement et désespoir quand vient la fin.

Vivons avec Dieu et pour lui en Jésus-Christ. Vivons en confiance dans son amour et sa bonté. Il prendra toujours soin de nous, de nos bienaimés si nous lui confions nos vies et le servons chaque jour.

Pasteur Joël Mikaélian
31/07/16

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux