Accueil Messages du Culte Message du culte du 21 août 2016 - «Efforcez-vous… »
Message du culte du 21 août 2016 - «Efforcez-vous… » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Es. 66. 22 à 24 / Luc 13. 22 à 30

« Efforcez-vous… »

D

’une façon générale, la nature humaine n’aime pas faire des efforts. On n’aime pas être forcé à faire les choses. On n’aime pas les contraintes, la discipline, les obligations. Pour beaucoup de choses, dans des domaines très divers, l’homme préfère la facilité, ce qui va de soi. Mais on le sait, on n’a rien sans effort. Même si certains sont plus doués que d’autres, il y a toujours des efforts à fournir pour atteindre un but. Et ils sont même généralement proportionnels aux objectifs que l’on se donne. Les jeux olympiques de Rio nous l’on rappelé. Que de contraintes, de disciplines, de renoncements, de sacrifices derrière chaque athlète ! Que d’énergie au moment de la compétition. Chacun y allant de toutes ses forces et de ses capacités jusqu’au bout afin de gagner. Dans le domaine du salut, Jésus semble suggérer qu’il en est de même. Il ne répond pas immédiatement à la question de savoir « combien » atteindrons le royaume de Dieu. Mais il semble dire qu’il faille faire des efforts et qu’au final, tout le monde n’atteindra pas le but. Quel message Jésus veut-il passer ici ? Un salut au mérite ou à son bon vouloir ? Comment comprendre cette parole ? Méditons.

1°) « Efforcez-vous… »

Cette invitation est surprenante. Elle est à l’opposé de la théologie de la grâce du salut. Faudrait-il faire des efforts pour être sauvé ? Quels types d’efforts pour atteindre le paradis ? Tout au long de l’histoire les hommes se sont posé ce genre de question. Et leurs réponses ont été très diverses. Des bonnes œuvres aux sacrifices les plus choquants, la panoplie des pseudos moyens de salut reste assez large. Nous en avons un triste exemple à l’heure actuelle avec l’islam radical.

Mais Jésus ne se situe pas dans ce registre. Pour lui, le salut est donné comme une grâce. Il le compare à une porte étroite qui est déjà là et qui est ouverte. Il ne s’agit pas de trouver des moyens de salut par nos efforts, il en existe déjà un en Christ. En Jean 10, Jésus dira clairement qu’il est lui-même la porte du salut. Cette porte étroite a été ouverte par son sacrifice à la croix. Elle est ouverte et le restera jusqu’à la fin de ce monde. Nul ne pourra la fermer avant cela. C’est pourquoi, plutôt que de répondre d’abord à la question du « combien » ou de « qui » sera sauvé, Jésus invite chacun à entrer par cette porte. C'est-à-dire à accepter que c’est par là que l’on entre dans le royaume de Dieu. Par le Christ, par sa croix, son sacrifice. « Efforcez-vous d’entrer… ». Ce qui pourrait plutôt dire : « efforcez-vous de renoncer à vos mérites, à vos prétentions, ne cherchez pas ailleurs ». C’est à cela que Jésus pense lorsqu’il dit que « beaucoup chercheront à entrer et ne le pourront pas ». Parce que beaucoup cherchent mal, ils comptent sur eux-mêmes, sur leur mérite : « Seigneur, nous avons mangé avec toi… », on se connaît, on était là à l’église… Non, ça ne marche pas comme ça, le salut n’est pas fondé sur notre piété ou notre pratique religieuse. C’est une grâce à accepter. Efforcez-vous de renoncer à vos efforts pour entrer dans le royaume de Dieu. Et acceptez cette grâce avec joie et reconnaissance.

2°) « Eloignez-vous de moi, vous tous qui faites le mal… »

Puis Jésus pointe un second malentendu : penser que derrière la porte étroite, le chemin est large. Mais non, si la porte est étroite, le chemin qui mène au royaume de Dieu est étroit aussi. En Matth. 7. 13, Jésus précise : « Entrez par la porte étroite. Large est la porte et spacieux le chemin qui mène à la perdition, et nombreux sont ceux qui s’y engagent ; combien étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la vie, et peu nombreux sont ceux qui le trouvent ». Le salut est une chose, la vie chrétienne en est une autre. L’un nous est donné par grâce, l’autre est une invitation à vivre sur un chemin étroit. Certes sur ce chemin Dieu est avec nous. Il nous donne son Esprit et nous accompagne, nous éclaire, nous garde du mal. Mais tout ceci ne nous dispense pas d’efforts, de sacrifices, de renoncements au mal, aux tentations… car le chemin est étroit. La vie chrétienne n’est pas une vie de facilité, une vie sans effort, une vie sans douleurs, sans larmes, c’est un chemin étroit. Ce n’est pas une vie sans sacrifices, sans renoncements. C’est une vie dans l’obéissance à sa Parole, dans la crainte de Dieu, une vie de prière, d’adoration, de service. Une vie qui témoigne de notre citoyenneté par l’amour que nous avons les uns pour les autres et pour tous ; par la paix et la confiance dans les situations difficiles et les épreuves ; par la joie de se savoir aimé de Dieu, écouté de Dieu ; d’être persuadé que toutes choses concourent à mon bien dans ce monde. C’est une vie de sainteté, de recherche de sa volonté, de ce qui est agréable à Dieu. C’est un chemin étroit, mais il mène à la vie et au royaume de Dieu. C’est sur ce chemin que Jésus nous invite à marcher, à persévérer si nous ne voulons pas entendre un jour : « Eloignez-vous de moi… ».

3°) « Alors, il en viendra du levant et du couchant… »

Jésus ne donne pas de chiffre, mais il finit par répondre à la question de son interlocuteur : « N’y aura-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? » Après avoir renvoyé chacun à lui-même, Jésus révèle une bonne nouvelle que la fin du livre d’Esaïe annonçait déjà. Dans les nouveaux cieux et la nouvelle terre, ils seront nombreux à venir des quatre coins du monde. De toutes langues, de toutes nations ils viendront se prosterner devant le Seigneur. Ils seront nombreux à prendre place au festin dans le royaume de Dieu. Le jour où la porte se fermera, ce sera la ligne d’arrivée, la fin du match, la médaille. Ils seront nombreux à l’avoir. Tous ceux qui auront accepté la grâce du salut et marché sur le chemin étroit la recevront. Et nous chanterons ensemble l’hymne du royaume de Dieu avec la joie et les larmes de joie des vainqueurs.

Mais Jésus dit aussi qu’il y aura des pleurs, les pleurs des incrédules, de ceux qui auront refusé la grâce. Certes Jésus vise ici les religieux de son temps qui s’opposaient à lui. Mais cela concerne aussi plus largement tous ceux qui n’auront pas voulu s’efforcer d’entrer et de marcher sur le chemin étroit.

« Efforcez-vous… »

Plaçons-nous devant Dieu ce matin et laissons-le sonder nos cœurs. Suis-je entré par la porte étroite, en Christ ? Sur quel chemin suis-je en train de marcher ? Persévérons sur le chemin étroit, même dans les passages les plus difficiles. C’est le chemin qui mène à la vie, à la victoire, au festin ! Derrière la porte, il n’y a pas d’autoroute.

Dans le domaine spirituel, comme dans le sport, il n’y a pas de réussite soudaine, sans effort, sans discipline, sans renoncements…

La différence avec les JO et le sport, c’est le résultat, le but, la médaille. Elle est éternelle et pour tous ceux qui entrent par la porte étroite et qui suivent le chemin étroit jusqu’au bout, sans s’arrêter, sans se décourager. Il y en a pour les premiers comme pour les derniers. Et Jésus va même jusqu’à dire qu’il y aura même une inversion des places à l’arrivée !

Pasteur Joël Mikaélian 21/08/16

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux