Accueil Messages du Culte Message du culte du 28 août 2016 - «Quiconque s’élève sera abaissé ...»
Message du culte du 28 août 2016 - «Quiconque s’élève sera abaissé ...» PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Prov. 16. 18 et 19 / Lc 14, 7 à 1 / Phil. 2. 1 à 11

« Quiconque s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé »

S

’il est un domaine sensible de la nature humaine c’est bien celui-ci : l’orgueil. Aux confins même de l’existence du mal, il est là, cet égo peu ou prou dimensionné ou surdimensionné ! Qu’on le nomme par son nom ou qu’on lui donne quelques titres de noblesses (amour propre, conviction, caractère…), il n’en demeure pas moins ce « moi » qui empoisonne les relations humaines. S’il est des risques dans la vie chrétienne, celui de l’humilité tient une place de choix. Car tout dans l’expérience semble nous dire le contraire. Tout nous incite à l’élévation, sous couvert parfois d’affirmer nos convictions, de servir ou d’honorer Dieu. Certes, la question est complexe. Elle demande beaucoup de sincérité avec soi-même et avec Dieu. Elle demande sans cesse réflexion, prière, remise en question, courage, partage et renoncements. Mais elle est aussi liée à de belles de promesses. Méditons sur ces textes et laissons l’Esprit Saint nous parler, nous visiter et nous humilier peut-être de cette humiliation du Christ, qui précède la gloire.

1°) « Jésus… remarquait qu’ils choisissaient les premières places… »

On ne trompe pas Dieu. On peut facilement tromper les autres, soi-même, mais pas Celui qui sonde les cœurs. Jésus est dans la maison d’un chef religieux, un jour de sabbat. Il vient de guérir un malade et c’est peut-être au moment de passer à table qu’il remarque ces comportements si naturels aux humains. Chercher les bonnes places, les premières places. C’est ce que beaucoup font dans notre monde ou dans l’église de façon plus subtile ou inconsciente peut-être. Mais le Seigneur remarque tout. Il connait tout de nous, même nos pensées les plus secrètes. C’est la raison pour laquelle nous sommes invités à être sincères toujours devant Dieu. Nous avons besoin de vivre dans la vérité avec Dieu. Besoin de se placer régulièrement devant lui, dans une prière d’écoute. De cette prière du psalmiste « Sonde moi, ô Dieu, et connais mon cœur, éprouve-moi et connais mes pensées. Regarde si je suis sur une mauvaise voie, et conduis moi dans la voie de la vérité » (Ps. 139. 23). Nous avons tous besoin de temps de vérité avec Dieu, avec nous-même avant d’aller vers les autres. Que Dieu nous sonde et nous connaisse, c’est à la fois redoutable ou rassurant, mais toujours bienfaisant. Car il est amour, pardon, miséricorde et bon. Ne redoutons jamais les instants de vérité avec Dieu, mais au contraire recherchons-les, prenons le temps de les vivres, donnons à Dieu le temps de nous sonder. De réfléchir aux motivations et à la qualité de notre engagement dans l’église.

2°) « Jésus… leur dit… »

C’est avec beaucoup de tact et d’amour que Jésus va reprendre les comportements orgueilleux qu’il remarque. Il leur dit une parabole. (Je ne sais pas si c’est la parabole à l’origine des premiers bancs vides des églises. Mais si tel était le cas, cela reste une mauvaise compréhension et application de la parabole). L’enseignement de la parabole est simple : Attention à l’orgueil, au « moi », à ton égo, à la recherche de t’élever aux yeux des autres et au-dessus des autres. A te prendre pour quelqu’un de mieux que les autres, à penser que tu mérites plus que d’autres. A croire que la meilleure place te revient. Attention à la prétention, celle d’avoir toujours raison, celle de se croire supérieur, meilleur… Attention car tu peux te tromper. Il y a peut-être meilleur que toi ! Tu prends le risque de l’humiliation. Non pas de cette humiliation volontaire du Christ qui élève, mais cette humiliation qui rabaisse et qui fait mal. Que ce soit chez toi, au travail ou à l’église, attention à l’orgueil, la prétention d’être au-dessus des autres, elle peut nous jouer de très mauvais tours !

« Au contraire… » Dit Jésus dans la seconde partie de la parabole : « va te mettre à la dernière place… ». Avouons qu’ici, l’exercice est plus compliqué. Et qu’il peut y avoir de mauvaises compréhensions. C’est là que peut entrer en compte parfois ce qu’on appelle « la fausse humilité », une humilité teintée d’orgueil, ou d’indifférence, de replis sur soi, une fausse humilité. C’est là que peut entrer en compte aussi une humilité dépressive : « je ne vaux rien, je ne suis pas à la hauteur, je n’ai aucune capacité, aucun don, je ne suis rien ». Certes nous ne sommes pas grands choses, mais pourtant tous précieux aux yeux de Dieu. Nous avons tous de la valeur, nous avons tous des dons, des capacités. Dieu a un projet de vie et de bonheur pour tout être humain. Il nous veut tous à son service. Se mettre à la dernière place, ce n’est pas démissionner de la vie, se retirer, ou s’écraser, se sous-estimer. C’est simplement être modeste, savoir considérer les autres et pas seulement soi-même, les aimer, les apprécier, ne pas les écraser. C’est vivre en accord dans l’église, rechercher l’unité, le bien commun, considérer les autres supérieurs à soi (Phil. 2). C’est savoir attendre avec confiance parfois, le temps de Dieu. Ne pas se précipiter, vouloir forcer les choses. C’est attendre avec confiance le temps où Dieu te diras : « Mon ami, avance plus haut ».  Ce sera peut-être aujourd’hui, demain ou au temps de la fin. Lorsque le Seigneur dira à tous ceux qui auront servi dans l’ombre peut-être, dans les petites choses, dans une véritable humilité : « Venez, vous tous qui êtes bénis de mon Père… C’est bien bon et fidèle serviteur, tu as été fidèle en peu de choses… entre dans la joie de ton Maître… ».

3°) « Comportez-vous ainsi entre vous… »

Alors qu’il s’adresse à l’église de Philippe, l’apôtre Paul leur lance un vibrant appel à l’humilité. Appel qui nous est adressé à nous aussi ce matin : « Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus Christ… ». Le Christ n’a pas cherché à être l’égal de Dieu le Père. Il n’y a pas de compétition, de rivalité au sein de la tri-unité de Dieu. C’est l’égalité, l’unité et la diversité parfaite. Le Christ est l’exemple même de la véritable humilité. Celle qui élève. Il s’est dépouillé, il s’est abaissé, il a pris le risque énorme de devenir semblable à nous. Et de vivre une pleine obéissance à Dieu jusqu’à la mort sur la croix. Le fruit de cette humilité, c’est le salut de l’humanité, notre salut, le salut de quiconque croit. C’est aussi la gloire, l’élévation du Christ au-dessus de tout et la gloire du Père. C’est l’exemple même de ce principe spirituel : « Quiconque s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé ». « L’humilité précède la gloire ».

Conclusion :

« Quiconque s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé »

Laissons-nous sonder par Dieu ce matin. Vivons-nous dans la vérité avec lui et nous-même ? Quels sont les sentiments qui nous animent dans nos actions ? Notre service dans l’église ? Jusqu’où je sers ou je me sers ? Dans nos relations aux autres, qu’elle est leur place, la place que je leur donne ? Comment je les considère ?

Apprenons du Seigneur, de son humilité et de son obéissance. Recherchons toujours l’unité, le bien commun pour que Dieu soit glorifié. Sachons aussi attendre le temps de Dieu. Ayons confiance qu’il est celui qui élève chacun au temps convenable. (Jacques 4. 10). Servons-le avec zèle et humilité. Prenons le risque de l’humilité, de belles promesses l’accompagnent.

Pasteur Joël Mikaélian 28/08/16

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux