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Message du culte du 04 septembre 2016 - « Celui qui ne renonce pas à tout… PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Luc 14. 25 à 33

« Celui qui ne renonce pas à tout… ne peut pas être mon disciple »

E

trange cette parole du Christ ! Radicale même si on la prend à la lettre ! Faudrait-il haïr son père, sa mère, ses enfants, ses frères, ses sœurs et même sa propre vie pour être disciple du Christ ? Les textes des évangiles de ces derniers dimanches sont assez déconcertants. Avouons qu’ils ne sont pas très engageants ! Certaines traductions d’ailleurs ont adouci ce texte du jour en traduisant « préférer », au lieu de « haïr ». Par ailleurs, on est là encore face à des paroles qui tendraient à nous faire penser que le salut éternel se gagne, se mérite. Qu’il n’est pas une grâce offerte à tous ! Sans parler de la croix à porter et du renoncement aux biens de ce monde ! Comment devenir et être un véritable disciple du Christ ? Quel est le message qu’il nous adresse ce matin à travers ces paroles et ces paraboles ? C’est la méditation que je vous propose en cette rentrée 2016, l’invitation du Christ, à être son disciple dans ce monde et nos vies troublées. Laissons l’Esprit Saint nous interpeler, nous éclairer et nous encourager à le suivre.

1°) « De grandes foules faisaient route avec Jésus… »

C’est à ce moment que Jésus se rend compte qu’il y a peut-être un malentendu à son sujet. Il se retourne et il dit stop, attendez un peu, réfléchissez à ce que vous faites, ce à quoi vous vous engagez ! Ne sommes-nous pas parfois nous aussi comme ces grandes foules qui suivaient Jésus sans trop savoir pourquoi. Ou bien qui suivaient par simple curiosité, ou pour voir des miracles, ou pour faire comme tout le monde ? Pourquoi suivons-nous le Christ ? En d’autres termes, pourquoi venons-nous à l’église ? Pourquoi participons-nous à la vie de l’église ? Pourquoi désirons-nous nous engager et servir ? Pourquoi sommes-nous chrétiens ? Dimanche dernier nous avons plutôt médité sur « comment servir » ? « Avec humilité, considérez les autres comme supérieur à vous… ». (Phil. 2. 4). Ici, Jésus nous parle du « pourquoi le suivre» ? Quelles sont nos motivations profondes ? Avons-nous soif de Dieu, de sa personne, de sa présence ? Sommes-nous prêts à tout pour le suivre ? Ou sommes-nous comme beaucoup peut- être, dans la foule de celles et de ceux qui suivent le mouvement, par habitude, éducation… ?

2°) « Jésus se retourna et dit : « Si quelqu’un vient à moi… »

Jésus n’hésite pas à choquer, bousculer, mettre chacun devant des choix qui sont loin d’être évidents et faciles. Il n’hésite pas non plus à entrer en contradiction avec d’autres paroles. Honorer son père et sa mère (6ème commandement), aimer notre prochain, aimer ceux qui nous sont proches, ceux qui nous entourent, aimer et non pas haïr ! Mais la contradiction disparaît si l’on comprend que Jésus parle ici de priorité comme l’évangile de Matthieu le précise : « celui qui aime père ou mère plus que moi… » (Matth. 10. 37). Ce que Jésus exprime ici, c’est que si nos affections familiales, ou amicales, sont au premier plan, nous ne pouvons pas devenir et être de véritables disciples du Christ. Nos sentiments humains, même les plus légitimes et honorables, peuvent parfois inverser nos priorités, et par là affecter notre vie spirituelle et notre attitude envers Dieu et les autres. C’est ce mal là qu’il faut haïr. Et Jésus va encore plus loin lorsqu’il nous parle de haïr notre propre vie. Là encore, il ne s’agit pas de nous vouloir du mal, mais de veiller à ce que notre égo, ou notre amour propre ne passe pas en premier, avant l’amour que nous devons avoir pour Dieu. Devenir et être disciples du Christ, c’est bien sûr d’abord se tourner vers lui et croire qu’il est le Christ, le messie envoyé par Dieu. Croire qu’il s’est sacrifié pour le pardon de toutes nos fautes. C’est lui demander humblement pardon et s’engager dans une nouvelle façon de vivre en conformité à sa Parole. Etre disciple du Christ, c’est veiller à ce qu’il soit toujours au centre de ma vie, Lui, le Seigneur. Et non pas moi, mes idées, ma personne ou ma famille ou mes amis… C’est lui que je dois adorer, écouter, prier… C’est discipliner sa vie pour lui ressembler avec l’aide de son Esprit.

Puis Jésus renchérit et parle alors de croix à porter. Si tu ne portes pas de croix et si tu ne marches pas à ma suite, tu ne peux pas être mon disciple. Si tu ne supportes pas la souffrance, si elle t’éloigne de moi, alors, tu ne peux pas être mon disciple. Il n’y a pas de vie de disciple sans souffrance. Elle est partie intégrante de la vie chrétienne. Notre croix peut prendre des formes bien différentes. Elle peut être d’intensité plus ou moins forte. Mais Jésus l’a promis, si on le suit, il ne nous lâchera jamais ! Jamais !

3°) « En effet… » Dit Jésus :

Pour finir, deux petites paraboles, pour être sûr que tout le monde a bien compris. Jésus ne prêche pas un évangile du mérite. Il veut nous encourager à ne pas le suivre à la légère, par habitude ou par tradition ; ou pour faire comme les autres, ou de façon intéressée. Il veut nous encourager à examiner les motivations profondes de nos engagements avec lui et son église. Il nous encourage à nous asseoir et à réfléchir avant tout engagement, toute promesse : « Suis-je prêt à aller jusqu’au bout ? ». Il faut calculer la dépense afin de ne pas être contraint d’abandonner en chemin. On ne devient pas disciple sous le coup d’une émotion, ou sur un coup de tête, ou pour faire plaisir à tel ou tel. C’est un engagement qui doit être murement réfléchit. C’est, par exemple, le sens de la préparation au baptême. La seconde parabole est aussi un encouragement à la sagesse, à la réflexion avant tout engagement à devenir et à être disciple du Christ. Il y a un prix à payer. Le prix à payer n’est pas celui du salut ou de l’amour de Dieu. Ils nous sont offerts par grâce. Le prix à payer, c’est celui de l’acceptation de la grâce de l’amour de Dieu, de son pardon et de l’obéissance à sa parole. C’est ce renoncement à soi, à vouloir être maître de sa vie. C’est lui donner notre vie afin qu’il la remplisse de son Esprit et qu’il nous conduise à sa suite.

Conclusion :

« Celui qui ne renonce pas à tout… ne peut pas être mon disciple »

Voulons-nous devenir disciples du Christ ? Voulons-nous être disciple du Christ ?

Sommes-nous prêts à renoncer à tout, à revoir nos motivations, à payer le prix, à nous laisser changer par le Saint Esprit ?

Sommes-nous prêts à faire passer les intérêts de Dieu et de son œuvre, son église, avant les nôtres, ceux de nos familles, de nos amis ?

Venons à lui ce matin, il est là au milieu de nous. Il nous rappelle son amour, ce qu’il a fait pour nous. Il n’a pas fait dans la demi-mesure. Allons à lui avec notre croix, il est là pour nous aider à la porter. Allons vers lui et soyons de véritables disciples dans ce monde troublé !

Pasteur Joël Mikaélian 04/09/16

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux