Accueil Messages du Culte Message du culte du 16 octobre 2016 - «Et Dieu, ne ferait-il pas justice… ?»
Message du culte du 16 octobre 2016 - «Et Dieu, ne ferait-il pas justice… ?» PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Ex. 17. 8 à 13 / 2 Tim. 3. 14 à 17 / Luc 18. 1 à 8

« Et Dieu, ne ferait-il pas justice… ?»

L

a question de la justice et de l’injustice reste une des questions les plus troublantes de l’expérience humaine. L’injustice génère frustrations, sentiments de victimisation, découragement, mais aussi révoltes, indignation, questionnements profonds. Les Arméniens en savent quelque chose, ils vivent depuis un siècle la négation d’un Génocide ! Malheureusement dans notre monde, la justice n’est pas une valeur absolue. Elle se définit souvent en fonction des intérêts propres de chacun. C’est le cas, par exemple, des politiques qui la définissent trop souvent, davantage en fonction de leurs intérêts, de leur électorat, que du bien commun. Ce qui leur a valu cette semaine une volée de bois vert de la part des évêques de France ! Bien que protestants, on ne peut que se réjouir de ce cri d’alarme des évêques pour une société plus juste ;  de cet appel à promouvoir une vie qui ait du sens et de l’espérance au-delà du consumérisme. Et Dieu dans tout cela, comment fait-il justice ? Et nous, comment pouvons-nous faire face à tous nos combats quotidiens ? Et participer à la construction d’un monde plus juste en attendant le monde à venir ?  Quel message recevoir de la Parole de Dieu ce matin ?

1°) « Demain, je serai debout… »

Quel courage et quelle détermination chez Moïse ! A peine sorti d’Egypte, voilà que tout à coup, ce peuple fatigué, exténué doit faire face à la guerre. Le chemin de la terre promise commence mal. Les obstacles ne manquent pas sur le chemin de la terre promise comme sur le chemin de nos vies. Face à cette situation, Moïse donne ses ordres à Josué et se rend sur la montagne pour invoquer le secours de Dieu. Il se passe alors un merveilleux miracle. Lorsque Moïse lève ses mains et son bâton vers Dieu, Josué et le peuple ont l’avantage. Mais Moïse fatigue. Il n’est pourtant qu’au début de son ministère ! Etrange ce Dieu, n’est-ce pas ? Ne pouvait-il pas donner à Moïse la force nécessaire pour rester debout ? Certes oui, mais alors pourquoi cette fatigue ? Dieu choisit un autre moyen pour faire justice à ceux qui crient vers lui. Il choisit d’utiliser aussi Aaron et Hur. Ceux-ci verront la fatigue de Moïse et le feront asseoir. Ils prendront ses bras et les soutiendront devant le Seigneur jusqu’à la victoire. C’était comme pour dire à Moïse : « tu as besoin des autres, besoin d’être aidé ». Quelle belle image de l’église. C’est ainsi que les combats se gagnent. Nous avons tous besoin les uns des autres. Nous avons besoin d’amour et d’attention les uns envers les autres, de prévenance même. Et puis, nous avons besoin de foi et d’humilité. Foi pour croire en la puissance de Dieu. Et humilité pour accepter nos limites et accepter d’être aidé. Humilité pour accepter de n’être qu’une aide pour d’autres. Il faut des « Josué », des « Moïse », des « Aaron », des « Hur », et des anonymes aussi. « Demain, je serai debout devant le Seigneur, j’aurai besoin de sa force, mais j’aurai peut-être aussi besoin de m’asseoir, d’être soutenu. Demain, je devrai soutenir un frère, une sœur, fatigué de lutter et qui baisse les bras… ». Que Dieu augmente au milieu de nous cet amour et cette humilité dans l’église et là où il nous place. Plutôt que de s’ignorer, ou de se jalouser, ou de perdre son énergie dans des luttes de pouvoir, soyons toujours plus solidaire les uns des autres et de ceux qui ont besoin d’aide dans ce monde.

2°) « Mais toi, demeure ferme… »

C’est ainsi que l’apôtre Paul encourage le jeune Timothée : « Les temps sont durs, mais tiens bon ! Démarques-toi de tout ce qui est mauvais dans ce monde : égoïsme, orgueil, cupidité, ingratitude, rébellion, médisance, indiscipline, amis des plaisirs plutôt qu’amis de Dieu, apparence de piété, hypocrisie… Démarques-toi de tout cela… Demeure ferme… ». Comment ? En méditant les Ecritures Saintes. Il faut lire, méditer, réfléchir sous la direction de l’Esprit Saint. Ces Ecritures « ont le pouvoir de te communiquer la sagesse qui conduit au salut par la foi en Jésus Christ… ». La Parole de Dieu nous conduit au salut par la foi en Jésus. C’est elle qui nous révèle l’immensité de la grâce et de l’amour de Dieu manifestée en Jésus. Son sacrifice à la croix, nous réconcilie avec Dieu. La foi, et la foi seule dans la puissance de ce sacrifice sauve tous ceux qui croient. Cette Parole, poursuit l’apôtre Paul, « est utile pour enseigner, réfuter, éduquer dans la justice… ». Nul ne peut faire l’économie d’une méditation sérieuse de cette Parole, s’il veut rester ferme au milieu des crises et des tempêtes de la vie et de notre monde. Méditation, réflexion, remise en question et obéissance, c’est le cercle vertueux qui mène à la victoire dans nos combats personnels comme dans nos actions vers les autres.

3°) « Une parabole… »

Pour lutter contre les injustices, les situations complexes, il faut prier longtemps. Jésus imagine un cas désespéré, une situation perdue d’avance, où l’on serait tenté de dire, ça sert à rien, c’est impossible ! Il met en scène un juge sans aucun scrupule face à une veuve, personne des plus fragiles et vulnérables à cette époque. Il imagine alors que la pugnacité de cette veuve aura raison de l’indifférence de ce juge. Jésus aurait pu s’arrêter là et dire : « Voilà, les amis, dans la vie, il ne faut jamais se décourager, il faut toujours prier, insister… ». Mais non, il prend le risque d’une comparaison osée pour donner toute sa force à la puissance de la grâce de Dieu et de la prière. « Et Dieu… ne ferait-il pas justice à ses élus…? ». Certes oui ! « Bien qu’il use de patience… il fera justice… ! ». C’est là que Jésus marque la différence dans sa comparaison. L’attente du juge (Dieu), son silence, n’est pas indifférence, ni refus, encore moins caution du mal, des injustices et des souffrances qu’elle génère. Son silence est patience. Il répondra en son temps, il interviendra dans nos vies et dans ce monde en son temps. Il a déjà fait justice en Jésus en sauvant tous ceux qui croient. La justice de Dieu est une justice de la grâce, de la patience, pour amener le plus grand nombre au salut. Dieu fait justice sur toutes choses aussi en son temps. Pas de doute à ce sujet ! « Mais le Fils de l’homme, le Christ, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? ». Foi de croire pour être justifié et sauvé en Jésus ; foi de croire que Dieu est juste et qu’il fera toujours triompher sa justice. Une parabole pour dire qu’il faut prier longtemps quand bien même le juste juge reste silencieux.

Conclusion : « Et Dieu, ne ferait-il pas justice… ?»

Certes oui, Dieu est juste, il se lèvera un jour pour établir un nouveau monde où la justice habitera. En attendant, il nous appelle, il nous invite à la conversion, à nous tenir debout, à prier, prier sans cesse pour faire face à tous nos combats quotidiens, pour participer à la construction d’un monde plus juste. Prions : « Demain, je serai debout… mais j’aurai besoin de toi Seigneur, de ta force, pour tous ces combats (luttes intérieures, causes perdues, situations d’injustices, difficultés de tous ordres, dérives du monde…). Je serai debout, mais j’aurai besoin de toi, de mes frères et sœurs pour persévérer ; besoin de ta Parole et ton Esprit aussi pour tenir ferme et ne pas baisser les bras. Donne-moi de croire en ta puissance, d’avoir l’humilité de reconnaître que la force est en toi ; que j’ai besoin de mes frères et sœurs. Donne-moi de prier et d’agir avec foi sans me lasser. Prier et t’écouter, entendre ta voix, et suivre ta voie. De comprendre que ton silence n’est jamais indifférence, mais patience de ton amour pour tous. Que Dieu nous accorde la grâce d’être ensemble, ces élus qui crient à lui jour et nuit.

Pasteur Joël Mikaélian
16/10/16

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux