Accueil Messages du Culte Message du culte du 30 octobre 2016 - «Souvenez-vous… »
Message du culte du 30 octobre 2016 - «Souvenez-vous… » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Héb. 10. 32 à 39

« Souvenez-vous… »

L

’auteur de l’épître aux Hébreux fait de nombreuses références aux souvenirs. Il évoque certes la centralité du sacrifice du Christ, comme une œuvre parfaite de salut pour l’humanité, mais il encourage également ses lecteurs à se souvenir du passé, à la fois pour ne pas tomber dans les mêmes travers, pour rester sensibles à ceux qui souffrent et pour être encouragés par la foi de ceux qui les ont précédés. Ici, il s’adresse à des chrétiens qui ont dû faire face à de nombreuses oppositions à leurs débuts. Il remarque qu’ils ont tenu bon malgré tout et qu’ils sont restés solidaires de ceux qui souffraient la persécution, la prison. Rester solidaire, c’est aussi le sens de toute l’action missionnaire de l’église aujourd’hui, de notre église en particulier en ce dimanche de la mission. Méditons sur ce que le Seigneur veut nous dire ce matin, ouvrons nos cœurs à l’Esprit Saint et recevons cette parole pour notre édification. Pourquoi se souvenir, être solidaire, comment se souvenir ?

1°) « Souvenez-vous… vous avez enduré un lourd et douloureux combat ».

L’auteur de l’épître ne précise pas quels sont ses destinataires, ni les circonstances auxquelles il fait allusion. De cette épître, d’ailleurs, on ne connait pas l’auteur non plus. Mais il semble qu’elle s’adresse à des églises anciennes, certainement de culture juive, passées par de nombreuses persécutions à cause de leur foi. Certaines ayant même connu la prison. Ces chrétiens semblent aller mieux au moment où l’auteur leur écrit. Et l’auteur les invite à se souvenir de ce passé douloureux. Pourquoi ? Afin qu’ils prennent tout d’abord la mesure de la fidélité de Dieu. Qu’ils réalisent les conséquences du sacrifice du Christ et qu’ils soient encouragés dans leur foi.  C’est ce qu’il leur rappelle un peu plus haut : « Nous avons ainsi frères, pleine assurance d’accéder au sanctuaire par le sang de Jésus… Approchons-nous donc avec un cœur droit et dans la plénitude de la foi, le cœur purifié… ». Nous sommes nous aussi issu pour la plupart, d’un peuple qui a souffert un Génocide. Nous avons peut-être aussi un passé douloureux. Ou bien il se peut que nous passions aujourd’hui par diverses épreuves. Nous avons aussi nos propres combats, nos propres soucis. Que faire ? Comment devons-nous réagir ? Face à toutes ces choses, nous devons nous aussi nous souvenir tout d’abord de la fidélité de Dieu. Nous devons nous souvenir qu’en Jésus, nous avons accès auprès de Dieu grâce à son sacrifice. Nous pouvons déposer devant lui toutes nos requêtes avec confiance. Dans le texte, l’auteur encourage aussi ces chrétiens à veiller les uns sur les autres. Il s’inquiète d’une certaine désertion qu’il remarque en bien des endroits à cause des difficultés. C’est pourquoi il leur écrit aussi : « Ne désertons pas nos assemblées, comme certains en ont pris l’habitude… ». Combien nous devons nous aussi recevoir cette exhortation pour nous même aujourd’hui ! Le passé douloureux, les épreuves de la vie comme les injustices de ce monde ne doivent pas nous décourager, bien au contraire, elles doivent nous stimuler dans la prière devant le trône de la grâce.

2°) « Vous avez pris part à la souffrance des prisonniers… »

L’auteur évoque ensuite l’attitude positive et solidaire de ces chrétiens. Malgré leurs épreuves passées, mais aussi présentes, ces chrétiens sont restés solidaires des autres chrétiens persécutés et emprisonnés à cause de leur foi. Ils ont même, dit l’auteur : « Accepté avec joie la spoliation de leurs biens… ». Nous ne savons pas à quels événements l’auteur fait allusion, mais ce que nous savons, c’est que, se souvenant de leurs détresses, ils ont été sensibles à celles des autres. C’est aussi l’exhortation que le Seigneur nous adresse à travers ce texte. Nous aussi, nous sommes invités aujourd’hui à nous souvenir et à prendre part aux souffrances de nos sœurs et frères dans le monde. Nous avons évoqué la Syrie, l’Irak, l’Iran, nous pouvons y ajouter le Liban mais aussi les pays d’Afrique, d’Asie et bien d’autres lieux malheureusement. Nous sommes invités à prier, mais aussi à donner de nos biens, de nos dons grands ou petits, selon les moyens que Dieu nous donne. Restons toujours solidaires de tous ceux qui souffrent dans ce monde. C’est notre vocation de chrétien.

3°) « Ne perdez pas votre assurance… »

Au 1er siècle, il y avait de quoi perdre son assurance chrétienne, tant la persécution et les souffrances étaient importantes. Nous ne devons jamais perdre de vue cette réalité lorsque nous lisons et méditons le NT aujourd’hui. Aujourd’hui encore, nous avons parfois bien de raisons d’être découragés dans notre foi et notre engagement au service de Dieu. Nous vivons tant de situations qui nous dépassent ! Nous voyons autour de nous tant de souffrances et de situations d’injustices ! Nous pouvons être tentés par le découragement en évoquant des passés douloureux. Mais la Parole de Dieu nous invite à ne pas perdre notre assurance en Christ, la certitude de son amour et de sa Seigneurie sur le monde. « C’est d’endurance, en effet, que vous avez besoin, pour accomplir la volonté de Dieu et obtenir ainsi la réalisation de la promesse ». Endurance, persévérance, voilà les maîtres mots à considérer. Pourquoi ? Parce que le Christ revient bientôt et manifestera sa justice. « Encore si peu, si peu de temps… écrit l’auteur, et celui qui vient sera là, il ne tardera pas. Mon juste vivra par la foi… ». Nous sommes appelés à vivre par la foi. Foi en l’amour et la justice de Dieu ; foi en ses promesses ; foi en sa providence pour chaque jour ; foi en son pouvoir et en sa puissance pour agir en fonction de nos requêtes selon sa volonté. Que Dieu nous donne cette endurance.

Conclusion :

« Souvenez-vous… »

Souvenons-nous de nos épreuves passées et présentes, celles de ceux qui nous ont précédés ; souvenons-nous, non pour nous décourager et nous apitoyer sur nous-même. Mais souvenons-nous de la fidélité de Dieu. Que l’accès au trône de la grâce est ouvert en Jésus. Souvenons-nous de son amour, de sa puissance, sa Seigneurie sur toutes choses.

Souvenons-nous afin de rester solidaires de ceux qui traversent les épreuves aujourd’hui. Solidaires par nos prières et par nos dons.

Souvenons-nous sans perdre notre assurance. Soyons persévérants dans notre foi et notre engagement vis-à-vis de Dieu et de l’église, de la mission. « Nous, nous ne sommes pas de ceux qui se retirent… mais de ceux qui ont la foi pour sauver leurs âmes ». Ne nous décourageons pas face à nos épreuves et à celles de nos frères et sœurs dans le monde.

Pasteur Joël Mikaélian
30/10/16

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux