Accueil Messages du Culte Message du culte du 06 novembre 2016 - « Quelques-uns… firent cette question à Jésus… »
Message du culte du 06 novembre 2016 - « Quelques-uns… firent cette question à Jésus… » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Es. 55. 6 à 9 / Luc 20. 27 à 40

« Quelques-uns… firent cette question à Jésus… »

C’est dans la nature de l’homme de se poser des questions, surtout des questions existentielles. L’homme a depuis toujours cherché à trouver le sens de cette vie. Depuis toujours, le croyant comme le non croyant se questionne sur le sens à donner à cette vie. C’est ce que nous faisons nous aussi avec plus ou moins d’intensité, au gré de nos circonstances. Ces questionnements peuvent aussi bien concerner nos vies personnelles ou familiales, nos amis, notre vie d’église, notre prochain, ou la situation du monde en général. Mais force est de constater que, questionner Dieu avec notre logique nous amène parfois à des incompréhensions. C’est le cas dans ce texte de l’évangile de Luc. Un texte qui met en lumière le fossé qui existe entre nos pensées et celles de Dieu. Méditons quelques instants ce matin et laissons le Seigneur nous interpeler par le message qu’il veut nous adresser. Que pouvons-nous recevoir de cette Parole ce matin ?

1°) « Maître, voici ce que Moïse nous a prescrit… »

 

L’histoire de ces saducéens qui viennent questionner Jésus est assez cocasse. Ils imaginent une situation extrême, une histoire en forme d’argumentaire implacable. Ils sont sûrs d’eux. Ils se réfèrent même à l’autorité de Moïse. Ils sont pratiquement sûrs d’avoir piégé Jésus au sujet de la résurrection. Jésus les écoute attentivement avant de leur répondre. Puis il leur répond avec calme et respect. Il aurait très bien pu les ignorer ou les remettre en place sans explication. C’est dire toute la patience du Seigneur. Certes, la démonstration des saducéens paraît tout à fait pertinente, logique, méthodique, un vrai cas d’école. La réponse de Jésus nous donne la mesure du fossé qui sépare le raisonnement humain des réalités divines. Jésus leur dit en quelque sorte : « vous n’avez pas bien compris la question de la résurrection. Le royaume de Dieu est une réalité totalement différente de celle que vous vivez aujourd’hui. Et vous ne pouvez pas penser les choses célestes avec des pensées terrestres. La vie dans l’au-delà est d’une autre dimension. Elle dépasse de loin l’entendement humain, votre entendement ».

Ce texte nous montre à quel point nos pensées ne sont pas les pensées de Dieu. Même lorsque nous nous appuyons sur des paroles de la Bible, comme ces saducéens, nous pouvons nous tromper dans l’interprétation. « Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre autant mes pensées sont élevées au-dessus de vos pensées… » (Es. 55). Que de fois, il nous semble que notre raisonnement est juste, logique, même spirituellement. L’apôtre Paul lui-même devait admettre, malgré toutes les révélations qu’il avait eues qu’ : « Aujourd’hui nous voyons au moyen d’un miroir, d’une manière obscure, mais alors nous verrons face à face ; aujourd’hui je connais en partie, mais alors je connaitrai comme j’ai été connu » (1 Cor. 13. 12). Ce qui nous amène à avoir beaucoup d’humilité lorsque nous parlons des réalités spirituelles. Ce qui nous oblige à l’étude sérieuse de la Parole de Dieu, et à faire preuve de foi dans beaucoup de domaines. Surtout dans le domaine de l’au-delà. Ce qui est sûr, c’est que la vie ne se termine pas à la mort. La mort n’est qu’un passage vers l’éternité, le plus important est à venir. Quelqu’un qui nous a quittés dernièrement disait même que cette vie était comme un stage pour la vie future. La réalité de la résurrection est plus qu’une espérance. Elle n’est pas destinée seulement à nous rassurer face à la mort. Elle n’est pas destinée seulement à alimenter notre questionnement sur le monde à venir. C’est elle qui donne son sens à cette vie. Elle nous place alors face à un vaste programme de vie ; une vie entièrement tournée vers Dieu et vers l’essentiel. Elle nous amène à considérer cette vie autrement, dans la perspective de l’éternité.

2°) « Recherchez le Seigneur puisqu’il se laisse trouver… »

La réalité de la résurrection nous questionne sur notre foi. Avons-nous cette assurance du salut, que le Christ nous ressuscitera un jour ? Avons-nous accepté l’offre de la grâce ? Avons-nous reçu ce pardon dont parle le prophète Esaïe ? « Notre Dieu pardonne abondamment ». Un domaine où heureusement pour nous, Dieu ne pense pas comme nous, il pardonne et pardonne sans se lasser. Ce pardon a un prix : le sacrifice du Christ. Avons-nous trouvé le Seigneur, nous sommes-nous laissés trouver par lui ? Sommes-nous entrés dans cette nouvelle dimension de vie par la nouvelle naissance et le baptême ?

La réalité de la résurrection nous questionne aussi sur notre vie chrétienne. Qui dit résurrection dit aussi, se retrouver devant Dieu tel que nous sommes, tel que nous avons été. Ce qui nous amène à veiller sur nous-même, sur notre vie au quotidien. A réaliser que nous ne vivons pas seulement pour cette vie. Tout n’est pas là. La vie chrétienne est une vie en perspective de l’éternité. Nos œuvres nous suivront. Le moindre verre d’eau dit Jésus : « … ne perdra pas sa récompense… ». N’avons-nous pas le désir que le Seigneur nous dise un jour : « Venez, vous qui êtes bénis de mon Père ; prenez possession du royaume… » ? (Matth. 25.34). Ne voulons-nous pas entendre cette voix un jour ? Alors pourquoi ne pas se donner, s’engager dans les différents services de l’église, dans la prière, le témoignage en actes et en paroles… ? Vivons dans la perspective de la résurrection et non dans celle de ce monde seulement.

3°) « Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants… »

Ce texte nous parle aussi de la patience de Dieu. Si nous le questionnons, il prendra toujours le temps de nous répondre comme il l’a fait pour ces saducéens. Certes, la réponse n’était pas celle qu’ils attendaient. Elle les a même confondus au point qu’ils n’osèrent plus lui poser de questions. Dieu ne répond pas toujours comme on le souhaite et quand on le veut. Mais il répond toujours. Parfois il nous faudra comprendre, parfois il nous faudra croire sans comprendre. Parfois il nous faudra accepter, parfois il nous faudra attendre. Mais toujours, nous pourrons espérer. Car son amour est grand, incompréhensible, immense. Il dépasse de loin notre entendement. Son pardon aussi est immense en Jésus. Son œuvre nous dépasse comme le texte d’Esaïe nous le dit par cette image de la pluie qui féconde la terre. La Parole divine ne revient jamais à Dieu sans effet.

Au final « Ils n’osaient plus lui faire aucune question »

Faut-il cesser de poser des questions à Dieu ? Certes non. Mais ne soyons pas étonnés si les réponses nous surprennent et dépassent notre logique. Soyons prêts à accepter qu’il existe un fossé de connaissance entre celle de Dieu et la nôtre. Certes, Jésus a comblé le fossé qui nous séparait de Dieu, par lui nous avons le salut et un accès auprès de Dieu. Mais nous n’aurons jamais toute la connaissance de Dieu, de son immensité.

Qu’il nous suffise de savoir et de croire combien il nous aime, combien il est bon, sage, que tout concours au bien de ceux qui l’aiment, qu’il est juste, que sa justice triomphera, qu’il rendra à chacun selon ses œuvres. Qu’il nous suffise de savoir et de croire qu’il sait ce qu’il fait. Que tout a un sens pour lui, un but bien précis : Notre éternité avec lui.

Il nous invite, en attendant, de mettre notre vie à son service, au service de l’église, par nos prières, nos dons, notre témoignage et notre service pour sa gloire.

Pasteur Joël Mikaélian 6/11/16

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux