Accueil Messages du Culte Message du culte du 11 décembre 2016 «Devons-nous en attendre un autre ? »
Message du culte du 11 décembre 2016 «Devons-nous en attendre un autre ? » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Es. 35. 3 à 7 / Matth. 11.2 à 6

« Devons-nous en attendre un  autre ? »

E

n ce 3ème dimanche de l’Avant, dimanche de l’ACO également, le texte de l’Evangile nous questionne au sujet de l’attente. Question que Jean Baptiste se pose au sujet de Jésus. Question angoissante peut-être alors qu’il se retrouve injustement en prison. L’attente fait partie intégrante de la vie. L’homme vit en attente. Attente de mieux être, attente de plus, attente de guérison, attente de travail, de promotion, de reconnaissance, attente de réconciliation, de libération, attente de réalisation de désirs divers… Qui n’attend plus rien de la vie n’a pas de vie ! Mais qu’attendons-nous réellement ? Comment vivons-nous nos attentes ? Que faisons-nous dans nos attentes ? C’est sur ce sujet que je vous invite à méditer ce matin. Priant que Dieu nous parle à chacun en ce temps de Noël.

1°) « Devons-nous en attendre un autre ? »

Ce n’est pas sans angoisse, il me semble, que Jean Baptiste pose la question. Il vient d’accomplir une belle mission, celle de préparer le chemin du Messie, de l’envoyé de Dieu, du sauveur du monde. Il l’a accomplie à la perfection, avec une profonde humilité, une consécration totale sans compromis. Et pour toute récompense, le voilà en prison. Prison qui lui sera fatale (Matth.14 nous rapporte comment suite à une promesse insensée du roi Hérode, Jean Baptiste sera décapité). Mais à l’heure où Jean Baptiste pose la question, il ignore cela. Sa question ici, exprime une sincère interrogation. Jésus est-il bien le Messie ? Est-il bien celui dont je devais préparer la venue ? Question et doute légitimes qui traversent sa pensée comme la nôtre lorsque nous sommes éprouvés. Jésus répond sans hésitation en citant des textes du prophète Esaïe concernant le Messie. Il n’y a pas de doute, mais il est permis d’en avoir. Jésus ne fait aucun reproche à Jean Baptiste quant à sa question. Dans la suite du texte Jésus dira même que parmi ceux qui sont nés d’une femme, il n’en a pas paru de plus grand que Jean Baptiste.

Jésus est bien le Messie promis, inutile d’en attendre un autre aujourd’hui. Mais, n’oublions pas, les fêtes de Noël nous rappellent que si le Messie est né dans le monde conformément aux prophéties, il reviendra un jour selon sa promesse. S’il est né comme un simple enfant, modeste, il reviendra en gloire avec puissance. Qu’attendons-nous aujourd’hui ? La réalisation de nos désirs, de nos attentes ou bien d’abord et avant tout, la venue du Fils de l’homme, le retour promis du Christ ? Est-ce là le sujet principal de notre attente ? Sommes-nous prêt pour ce jour ?

2°) Comment vivons-nous nos attentes ?

Avouons-le, nous vivons généralement assez mal l’attente, quelle qu’elle soit. D’autant plus qu’aujourd’hui, les progrès techniques ont considérablement modifiés les notions de temps et de distances. Nous pouvons voir et avoir des tas de choses de façon quasi instantanée. Nous pouvons parler à quelqu’un qui se trouve à l’autre bout du monde, comme s’il était à nos côtés ! Nous pouvons trouver rapidement une foule de renseignements en tapotant simplement sur un clavier d’ordinateur ou sur un Smartphone !  Mais nous restons malgré tout encore tributaires du temps et de bien d’autres facteurs que nous ne maîtrisons pas. Et cela nous gêne ! Que l’on soit croyant ou pas, nous vivons mal notre rapport au temps. L’incroyant le vit dans un cadre strictement humain. Mais le croyant a l’avantage de le vivre dans un cadre humain et spirituel. Là où l’attente se fait prière. Prière de foi, prière confiante, prière patiente ! Mais il est aussi des temps où la prière manque de foi, de confiance, de patience. C’est ce qu’il nous faut trouver et retrouver sans cesse. La naissance du Christ que nous allons fêter à nouveau nous rappelle que les temps de Dieu ne sont pas les nôtres. Il aura fallu attendre des siècles et des siècles depuis la chute d’Adam, pour que le Messie vienne naître en ce monde ! Pourquoi une telle attente ? Cela fait plus de 20 siècles que les chrétiens attendent le retour du Christ, un nouveau ciel et une nouvelle terre. Comment vivons-nous notre rapport au temps ? Comment vivre dans nos attentes ? « Fortifiez les mains languissantes, et affermissez les genoux qui chancellent. Dites à ceux qui ont le cœur troublé : Prenez courage, ne craignez point ; voici votre Dieu… viendra » (Es. 35. 3 et 4). Que notre attente quelle qu’elle soit demeure prière confiante et patiente. Qu’elle soit d’abord et avant tout, attente de Dieu, du retour du Christ, attente de sa bonté et de sa fidélité pour nos besoins quotidiens.

3°) Que faire dans nos attentes ?

Dans le plan de Dieu, il n’y a pas d’attente passive. Tout d’abord, il nous faut croire. Croire que Dieu a envoyé son Fils unique en ce monde pour sauver le monde. Croire que le Christ est né pour me sauver et me donner accès à la vie éternelle. Croire qu’il est bien le Messie promis. Certes, le doute est permis : « es-tu celui qui doit venir… ? ». Mais il ne doit pas demeurer. Il est appelé à être passage vers la foi, face à l’évidence des signes accomplis par Jésus. « Les aveugles retrouvent la vue, des boiteux marchent droit, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ». C’est à croire. L’apôtre Pierre écrit « le Seigneur ne tarde pas… mais il use de patience… afin que tous viennent à la repentance » (2 Pier. 3. 9). Dieu attend aussi, il t’attend.

Il faut croire, mais aussi servir, suivre les traces du Christ. Etre au service de Dieu et de son prochain dans ce monde. Selon cette règle, appelée « Règle d’or », et qui marque chaque année le dimanche de l’Action Chrétienne en Orient. « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites le de même aussi pour eux ». (Matth. 7. 12). C’est bien parce que le Dr Pasteur Paul Berron avait compris cela que fut créée le 6 décembre 1922 cette œuvre missionnaire en Alsace. Cette œuvre a été providentielle pour le peuple arménien en général et pour l’église évangélique arménienne de France en particulier. Elle est venue en aide aux réfugiés du Génocide arméniens à Alep puis en France à partir de 1923. C’est elle qui aida nos églises à se constituer en France. Elle encouragea les premiers pasteurs, Barsoumian, Ghazarossian, Khayiguian à venir s’installer en France. Si nous sommes là aujourd’hui, c’est bien entendu grâce à Dieu, mais aussi grâce à tous ces témoins qui nous ont précédés et qui ont consacré leur vie au service de Dieu et du prochain. L’ACO a sauvé des milliers d’orphelins arméniens, des milliers de réfugiés au Moyen Orient. Elle a soutenu financièrement nos églises en France durant de nombreuses années. Aujourd’hui, elle poursuit son œuvre au moyen Orient. C’est à notre tour d’aider et de soutenir nos frères et nos sœurs dans le besoin en Syrie, en Irak, au Liban, par nos prières et nos dons à travers cette mission.

Conclusion

« Devons-nous en attendre un  autre ? »

Non, pas un autre, mais le même. Aujourd’hui, nous sommes invités à l’attendre, Lui, le Christ, le sauveur du monde. C’est son retour en gloire que nous attendons.

Quant à nos attentes diverses, apprenons à les traduire en prières confiantes et patientes. Ne cédons pas à l’air du temps, de l’instantané, du doute, du découragement. Inscrivons nos attentes dans le temps de Dieu et portons-les devant son trône de grâce chaque jour.

Gardons-nous de toute attente passive. Que notre attente soit aussi service, amour, générosité. Apprenons à nous décentrer de notre égo pour nous tourner vers ceux qui nous entourent, ceux que Dieu place sur notre chemin, ici comme au loin. Soyons de fidèles témoins du Christ.

Pasteur Joël Mikaélian / 11/12/16

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux