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Messages du Culte

So 2. 3 / 1 Cor 1. 26 à 31 / Mt 5. 1 à 12

«Heureux …»

L

e monde sublime la richesse matérielle, la réussite, la puissance des capacités humaines. D’après la célèbre citation de Francis Blanche, « Mieux vaut être riche et bien portant que pauvre et malade ». On pense généralement qu’il n’y a rien de bon à tirer de la pauvreté, de la maladie, de l’humilité, des épreuves de la vie. Il n’y a rien à attendre de ces choses si ce n’est des larmes, des frustrations, de la souffrance. Et il se peut qu’en tant que chrétiens nous le pensions également. Les « béatitudes » de Jésus viennent bousculer ces « évidences ». Mais peut-on croire vraiment à ces « bonheurs » que Jésus énumère ? Pouvons-nous adhérer à ces paroles ? Beaucoup font ici une lecture eschatologique et pensent que les béatitudes ne concernent que le futur royaume de Dieu. Ce qui est vrai en partie. Mais Jésus ne dit pas : « Courage les pauvres, les humbles, ceux qui pleurent… patientez, … là-haut vous serez heureux ». Jésus emploi le présent et non le futur : « Heureux… ». Ce qui nous amène à réfléchir sur le bonheur aujourd’hui. Quel bonheur cherchons-nous ? Quelles sont nos attentes de la vie ? Quelle est notre conception du bonheur ?

1°) « Recherchez le Seigneur, vous tous les humbles… »

Le prophète Sophonie vit à une époque dramatique de l’histoire. De grands empires s’affrontent et les petits peuples, comme le sien, subissent toutes ces guerres. Le peuple d’Israël est de surcroit dans une période d’apostasie. Le roi Josias est mis sur le trône à huit ans et n’est pas en mesure de gouverner. Mais le prophète ne se laisse pas envahir par le pessimisme. Il lance un appel vibrant à rechercher le Seigneur. Il sait que la majorité n’écoutera pas. Tant ils sont aveuglés par l’idolâtrie, tentés par la recherche du bonheur matériel. Mais cela ne l’empêche pas de lancer cet appel : « Recherchez le Seigneur… ». Quelques années après, on retrouvera de façon inattendue le livre de la loi de Moïse. La lecture de ce livre suscitera un extraordinaire mouvement de repentance au sein du peuple. Chacun prenant personnellement conscience de son état devant Dieu et changera profondément sa façon de vivre. Ce qui entrainera un véritable réveil spirituel et moral sur le plan collectif.

Que recherchons-nous aujourd’hui ? Quel bonheur recherchons-nous ? Où est notre bonheur ? Venez, recherchons nous aussi le Seigneur, le droit, la justice, l’humilité comme le dit le prophète. Recherchons le Seigneur, sa présence d’abord et avant tout, son royaume d’abord et avant tout. Le reste, dira Jésus, vous sera donné par-dessus (Mt. 6. 33). Recherchons-le dans sa Parole et laissons-nous saisir par l’Esprit Saint, laissons-nous conduire à la repentance et au renouveau, au véritable bonheur.

2°) « Heureux… »

La joie des béatitudes ne concerne pas seulement le royaume de Dieu. Jésus nous invite à connaître le bonheur aujourd’hui. A trouver notre bonheur dans une vie qui lui est consacrée, une vie tournée vers lui et vers les autres. Loin de cette recherche d’épanouissement personnel à la mode depuis toujours.  Jésus nous donne une conception nouvelle du bonheur. Le véritable bonheur ne se trouve pas dans la réussite. Il se trouve dans une vie tournée vers Dieu et notre prochain.

Le bonheur, c’est être pauvre de cœur ou d’esprit (selon les traductions). Que veut dire Jésus ? Faudrait-il chercher à être un « pauvre type » pour trouver le bonheur ? Certes pas ! Il s’agit d’une prise de conscience de notre pauvreté intérieure. Les pauvres de cœur, « Ce sont tous ceux qui ont l’esprit détaché des biens de la terre » dira Bossuet. Ce sont ceux qui ont soif de Dieu, qui recherchent Dieu selon l’appel de Sophonie. Il y a du bonheur aujourd’hui à chercher Dieu. D’autant plus que cette recherche nous mène à la foi en Jésus, en son sacrifice pour nous, et par là au royaume de Dieu.

Le bonheur, c’est être doux ou humble (selon les traductions). Quelle belle vocation ! Il ne s’agit pas d’être mous, de se laisser faire ou de se laisser écraser par les autres. La douceur, c’est le refus de la violence et de la colère. C’est la maîtrise de soi, l’amour de l’autre. L’humilité c’est reconnaître et voir en l’autre, quel qu’il soit, une créature aimée de Dieu. Ceux qui agissent ainsi seront toujours au bénéfice de la providence de Dieu. Dieu prendra toujours soin d’eux. Ils ne seront jamais abandonnés. « Le monde emploie la force pour posséder la terre, Jésus nous apprend qu'on la gagne par la douceur » Luther.

Le bonheur c’est… les larmes ? Peut-on se réjouir des larmes ? Y a-t-il quelque chose de bon dans les larmes ? Joie et larmes, rien de plus antinomique, sauf s’il s’agit de larmes de joie. Et pourtant, là encore, le Seigneur nous invite à nous réjouir. Car les larmes nous permettent d’expérimenter la consolation de l’Esprit Saint. Quel bonheur lorsque le Saint Esprit vient nous consoler !

Le bonheur c’est avoir faim et soif de justice. C’est ne pas être indifférent aux injustices que nous voyons dans ce monde. Certes, nous ne sommes pas appelés à nous déguiser en justicier. Il s’agit de dénoncer les injustices et de s’en remettre à Dieu, seul juste juge. Il y a un bonheur à prier, à soutenir, à compatir avec ceux qui sont victimes d’injustices dans ce monde.

Le bonheur c’est être miséricordieux. C’est avoir de l’amour, du cœur pour ceux qui souffrent. C’est être témoins, porteur de la miséricorde divine. Avoir du cœur pour ceux qui sont dans la misère. Que cette misère soit matérielle, morale ou spirituelle. Si Dieu a été miséricordieux envers nous, nous devons l’être à notre tour avec ceux qui nous entourent. Ne fermons pas nos cœurs aux autres, mais ouvrons-les aux autres. Il y a du bonheur à exercer la miséricorde et à recevoir celle de Dieu.

Le bonheur, c’est avoir le cœur pur. C’est ce que nous devons sans cesse rechercher. Certes, il ne s’agit pas d’être parfait, mais d’être purifié sans cesse par le sacrifice du Christ. Il s’agit de notre relation avec Dieu. Apprenons à nous repentir de nos fautes, de nos péchés, à nous « convertir » de nos mauvais comportements. « Recherchez la paix avec tous et la sanctification, sans laquelle personne ne verra le Seigneur » (Heb.12. 14). La repentance produit la joie, le péché, la tristesse.

Le bonheur c’est être artisans de paix. C’est s’efforcer de procurer la paix autour de nous. C’est ne pas mettre de l’huile sur le feu. Cette recherche de paix, fait de nous de dignes fils et filles du Dieu de paix. C’est un bonheur de procurer la paix autour de soi.

Pour finir, Jésus évoque la persécution. Il le fait par anticipation. Il sait que ceux qui le suivront seront persécutés. Leur joie, sera alors que le royaume des cieux est à eux. Ici, Jésus met un accent particulier sur l’espérance eschatologique et les récompenses dans le monde à venir. Il est en effet difficile de se réjouir de la persécution pour ce qu’elle est en elle-même.

3°) « Ce qui est faible dans le monde, Dieu l’a choisi pour confondre ce qui est fort ».

Un tel style de vie peut paraître totalement décalé, anachronique dans un monde qui magnifie la force, la puissance, la réussite, le pouvoir, la richesse. Certes ces choses ne sont pas mauvaises en soi. Mais c’est l’utilisation que l’on en fait qui est souvent mauvaise, si c’est que pour soi. Ce qui est mauvais également ce sont les moyens que l’on utilise pour accéder à ces choses. La réussite à tout prix, devient vite, la réussite à n’importe quel prix. Ce qui conduit à des dérives, des excès, des sacrifices, et en dernier recours à la corruption. Les béatitudes nous invitent à vivre autrement et à trouver le véritable bonheur ailleurs. Dans une vie tournée vers Dieu et notre prochain. Cela peut paraître fou, insensé aux yeux des hommes. Mais cela constitue la sagesse selon Dieu. L’apôtre Paul expérimentera cela jusque dans ses épreuves. Dans sa maladie, Dieu lui dira : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse ». Il dira alors : « Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort… » (2 Cor. 12. 9 et 10). Nous n’avons pas à nous décourager de nos faiblesses, de nos manques de moyens, de nos incapacités. Nous n’avons pas à nous sous-estimer à nous laisser impressionner et paralyser par ce qui nous semble plus fort que nous. Dieu se plait à choisir ce qui est faible ou qui paraît faible aux yeux du monde (une vie selon les béatitudes), pour confondre ce qui est fort. Dieu agit ainsi afin que nul ne se glorifie. Le miracle que Dieu accompli chaque jour, c’est de choisir de simples créatures telles que nous pour accomplir de grandes choses. Ceci afin que chacun donne gloire à Dieu.

« Heureux… »

Quel est notre bonheur ? Quelle est notre conception du bonheur ? Les béatitudes bousculent les idées traditionnelles qui nous atteignent parfois.

Le bonheur, c’est chercher Dieu, vivre en adéquation avec sa Parole, le cœur tourné vers lui et vers ceux qui nous entourent pour faire le bien. C’est ça le véritable bonheur. Qu’il soit le nôtre chaque jour. Soyons heureux de ce bonheur-là !

Pasteur Joël Mikaélian
29/01/17

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux