Accueil Messages du Culte Message du culte du 02 juillet 2017 - «Qui perdra sa vie à cause de moi l’assurera…»
Message du culte du 02 juillet 2017 - «Qui perdra sa vie à cause de moi l’assurera…» PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

2 Rois 4. 8 à 16 / Matth. 10. 37 à 42

« Qui perdra sa vie à cause de moi l’assurera… »

L

es paroles de Jésus sont parfois étonnantes, choquantes. Elles viennent nous questionner ce matin. Qu’en est-il de notre vie ? Que faisons-nous de notre vie ? Que veut dire « perdre sa vie à cause de Dieu, pour Dieu » ? Qu’est-ce-que Dieu attend de ma vie ? Qu’est-ce-que moi-même j’attends de ma vie ? Qu’est-ce-que les autres attendent de moi ? Méditons à partir de l’histoire de cette femme de Shounem et des textes de l’évangile de ce matin. Comment comprendre et vivre les paroles de Jésus ?

1°) « Il y avait là une femme de condition… »

L’histoire de cette femme qui vivait du temps du prophète Elisée illustre assez bien les propos de Jésus. C’est au point que l’on peut se demander si Jésus l’avait pas en tête lorsqu’il disait : «  Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ». L’histoire nous raconte comment cette femme de condition, invite un jour spontanément le prophète Elisée chez elle. Le texte ne nous donne aucun détail sur ses motivations. Mais il semble bien qu’elle n’a d’autre motivation que le respect de Dieu. Un respect qu’elle traduit en actes, en accueil du prophète. Mais le texte passe pratiquement sous silence l’épreuve immense qu’elle vit depuis un temps assez long. C’est le serviteur du prophète qui la mentionne : « Elle n’a pas de fils, et son mari est âgé ». De quoi être malheureuse surtout à cette époque, où une telle situation était vécue comme une malédiction divine. Malgré cela, malgré cette souffrance, cette femme vit dans la crainte et le respect de Dieu. Son épreuve ne l’a pas incité pas à se replier sur elle-même. Il ne semble pas qu’elle ait passé son temps à s’apitoyer sur elle-même, ou à en vouloir à Dieu. Elle ne questionne même pas le serviteur de Dieu à ce sujet : « Pourquoi Dieu permet-il cela ? ». Elle l’accueille chez elle et prend soin de lui. L’accueil devait être chaleureux puisque Elisée avait pris l’habitude de s’arrêter chez elle lorsqu’il passait par là ! L’histoire nous montre que sa crainte de Dieu la pousse à aller encore plus loin, jusqu’à faire construire un logis pour le serviteur de Dieu. Et dans tout cela, à aucun moment, elle ne manifeste une demande pour elle-même. Elle ne réclame pas de fils ! C’est peut-être ce que Jésus voulait dire lorsqu’il disait : « qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ». Jésus ne demande pas ici de négliger sa famille ou de ne pas l’aimer. C’est à l’encontre des commandements de la Parole de Dieu. Mais ce que Jésus récuse ici, c’est d’accorder plus d’importance à sa famille qu’à Dieu. De l’aimer plus que Dieu. De se préoccuper davantage de soi que de Dieu et de son prochain. Ce que dit le plus grand commandement : aimer Dieu et notre prochain. Suivre Jésus nous invite à nous décentrer de nous-même pour nous ouvrir aux autres, nous soucier, prendre soin de ceux qui nous entourent aussi.

On parle beaucoup d’accueil dans l’église aujourd’hui. C’est un aspect important à ne pas négliger. Jésus nous encourage dans ce sens. Les apôtres aussi ont écrits à ce sujet : « Accueillez-vous les uns les autres comme Christ vous a accueillis ». Accueillir, c’est faire une place à l’autre, c’est le considérer comme étant ce proche. C’est être attentif, prévenant, sans être pesant ou indiscret. C’est réfléchir, penser à ce qui pourrait être utile à l’autre, ce qui lui ferait du bien. En fait, c’est un aspect pratique de l’amour du prochain. Qui nous montre qu’il ne suffit pas de ne pas avoir de problèmes avec tel ou tel pour penser qu’on l’aime. Mais que l’amour véritable va plus loin. C’est de cet amour que le Christ nous a aimés. C’est de cet amour qu’il nous demande de nous aimer. Apprenons toujours plus à nous accueillir les uns les autres comme Christ nous a accueillis.

Que nos vies personnelles ou familiales, que nos épreuves ou nos soucis, ne nous ferment pas aux autres ; ne nous enferment pas sur nous-mêmes, encore moins dans l’amertume vis-à-vis de Dieu dans le découragement, ou le doute. Que nos cœurs restent ouverts aux autres, à leurs besoins tout autant qu’aux nôtres. Soyons toujours prêt à servir, à consacrer nos vies au service de Dieu.

2° « Qui accueille… recevra une récompense… »

L’histoire de cette femme nous parle également de la justice de Dieu, de sa sensibilité vis-à-vis de ce que nous vivons. Un jour ou l’autre, ou certainement dans l’éternité, Dieu récompense le service, la générosité de ses enfants. De ceux qui pratiquent la miséricorde, l’amour du prochain sans calcul, sans attente de retour sur investissement. Le retour, c’est lui qui le donne en son temps, comme il l’a fait pour cette femme sans qu’elle n’ait rien demandé.  « Que faire pour toi ? » lui demande un jour Elisée. Qu’est-ce-que je peux faire pour toi ? Là encore, cette femme est étonnante. Elle ne demande rien, elle n’attend rien en retour de ce qu’elle fait pour Dieu. Et Dieu lui accordera le fils qu’elle n’a même pas osé lui demander. Quelle histoire ! La suite du récit confirme le caractère profondément respectueux de cette femme vis-à-vis de Dieu. Lorsque quelques années après, son enfant meurt suite à une maladie, elle ira immédiatement vers Elisée. Elle fera à nouveau appel à l’homme de Dieu et son enfant reviendra à la vie.

Cette histoire illustre bien les paroles de Jésus à propos de la récompense qu’il accorde à tous ceux qui le servent avec consécration. Que le salut que nous avons en lui, la vie nouvelle qui se traduit en actions, en bonnes œuvres recevront toujours leur récompense. Jésus ira même jusqu’à dire que « le moindre verre d’eau » donné en son nom ne perdra pas sa récompense.

3°) « Qui perdra sa vie à cause de moi l’assurera… »

Perdre sa vie, n’est pas chose facile. On n’aime pas perdre. Certains plus que d’autres, mais d’une façon générale, personne n’aime perdre, renoncer. Ici de quoi s’agit-il ? Il s’agit de suivre Christ. De renoncer, de perdre, de laisser tout ce qui nous empêche de le suivre. Tout ce qui va à l’encontre de sa volonté, de sa parole. Il s’agit de laisser tomber le péché, le mal, l’égoïsme, l’orgueil, l’égo. Laisser tomber mes envies, mes désirs propres, égoïstes.  Pour m’engager résolument à le suivre et à le servir.

Conclusion : « Qui perdra sa vie à cause de moi l’assurera… »

Ce n’est pas la journée de la femme, mais c’est une femme consacrée que le Seigneur place devant nous ce matin. Une femme qui craint Dieu, dont la crainte et le respect ne se contentent pas de paroles, de pensés, d’idées, mais d’actes concrets.

Qu’en est-il de notre vie ? Que notre crainte de Dieu, que notre consécration à Dieu, ne soit pas que des mots, que des pensées. Apprenons à les traduire en actions pour l’œuvre de Dieu, pour ceux qui nous entourent. Soyons généreux en amour, en soutien, en aide. N’hésitons pas à penser aux autres au-delà de nous-mêmes, de nos familles. Que nos vies aient du sens. Dieu est juste et bon, il sait aussi récompenser ceux qui le servent, ceux qui agissent avec amour en son nom, sans arrières pensées. Il sait récompenser le moindre verre d’eau.

Quand à nos épreuves, nos besoins, nos souffrances, Dieu n’est pas insensible au point de les ignorer. Il les voit, il les connait, il y pourvoira certainement un jour. Il s’approche de nous ce matin encore pour nous demander comme Jésus l’a fait tant de fois : Que puis-je faire pour toi ? Ayons confiance en son amour, sa bonté, sa justice. Il a donné sa vie pour nous.

Pasteur Joël Mikaélian
2/07/17

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux