Accueil Messages du Culte Message du culte du 17 septembre 2017 «Combien de fois lui pardonnerai-je ? »
Message du culte du 17 septembre 2017 «Combien de fois lui pardonnerai-je ? » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Es. 55. 6 et 7 / Matth. 18. 21 à 35 / Col. 3. 12 à 16

Message en arménien

Message en français

« Combien de fois lui pardonnerai-je ? »

L

a question du pardon demeure une question essentielle dans les rapports humains. Le pardon est indispensable au vivre ensemble ; incontournable pour vivre une vie commune, que ce soit dans le couple, la famille, l’église ou la société. C’est un remède efficace aux disfonctionnements relationnels. Certes, le sujet est complexe, et avouons que parfois, face à la difficulté, nous nous contentons d’une attitude d’indifférence ou d’une sorte de « pacte de non-agression », ou nous remettons à plus tard. Mais les textes bibliques sur ce sujet vont plus loin, très loin même, peut-être trop loin pour nous les humains. Est-il raisonnable de pardonner toujours ? Qu’est-ce-que pardonner ? Jusqu’où pardonner ? Peut-on pardonner à des meurtriers ? Lorsque le mal causé est irréparable ? Peut-on pardonner à des responsables de Génocides ? Les questions sont nombreuses et les réponses beaucoup moins. Comment réagir aux paroles de Jésus ? Ouvrons nos cœurs à l’Esprit Saint.

1°) « Notre Dieu… ne se lasse pas de pardonner ». dit le prophète Esaïe.

On ne peut parler de pardon sans parler d’abord de la grâce du pardon de Dieu. On ne peut parler du pardon également sans parler de nous, de notre nature humaine, de notre tendance au mal. C’est ce que Jésus suggère à plusieurs reprises à propos du pardon. C’est ce que nous faisons (peut-être inconsciemment) chaque fois que nous prions : « pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ». Qui n’a jamais fait de mal à autrui ? Consciemment ou inconsciemment ? Qui n’a jamais commis de faute ? Qui n’a jamais blessé ? Certes, il y a faute et faute. Il existe, qu’on le veuille ou pas, une hiérarchie du mal. Les conséquences des fautes ne sont pas toutes identiques. Mais ne sommes-nous pas tous pécheurs ? Le reconnaître est déjà un premier pas. Premier pas vers la nouvelle naissance, certes, mais premier pas aussi vers le pardon à donner.

« Revenez à notre Dieu qui ne se lasse de pardonner… » L’appel est clair, il est fort, il résonne dans toute la Bible. Dieu pardonne. Il résonne encore plus fort à la croix « Père pardonne leur car ils ne savent ce qu’ils font ». C’est ici toute la mesure, la dimension du pardon de Dieu. Pardon que nous sommes invités à recevoir sans cesse. Pardon qui nous permet de comprendre ce qu’est le pardon et de le donner à ceux qui nous ont fait du tort. Dieu pardonne, il te pardonne ce que tu confesses, ce que tu reconnais comme mal. Le pardon de Dieu est parfait, il est oubli de la faute. « Je ne me souviendrai plus de tes péchés » (Es. 43. 25). « Je ne garde pas tes fautes en mémoire » (TOB). Avons-nous déjà vécu, expérimenté cette grâce ? Elle est offerte à tous en Jésus. Il suffit de la recevoir par la foi. Avons-nous besoin de l’expérimenter à nouveau ? N’hésitons pas à aller à lui ce matin avec un cœur brisé pour le recevoir à nouveau.  « Notre Dieu… ne se lasse pas de pardonner ».

2°) « Combien de fois lui pardonnerai-je ? »

Venons-en à la question de Pierre. Question que l’on s‘est posée certainement maintes fois. Vis-à-vis de telle personne « récidiviste » ! De telles situations répétitives. Que ce soit dans le couple, la famille, l’église, au travail… Combien de fois, Seigneur ? Jusqu’à sept fois ? Pierre pense certainement qu’il a la bonne mesure et qu’il pose la bonne limite. Car il y a des limites, n’est-ce pas ? Tout n’est pas pardonnable non ? Et la justice, Seigneur ? Et les réparations des préjudices subis Seigneur ? Qu’est-ce qu’on en fait ? Les questions légitimes ne manquent pas ! Sans parler de l’entourage où chacun peut avoir son avis sur la question. Ce qui complique encore les choses. Pierre lui a compris qu’il doit pardonner à son frère qui commet une faute envers lui. C’est déjà bien. Peut-être que nous l’avons compris nous aussi, et c’est bien. Mais, Seigneur, j’ai déjà pardonné tant de fois ! Faut-il encore pardonner ? Ce n’est pas lui rendre service ! Et pourtant la qualité d’une relation, n’est-elle pas tributaire de ce pardon que l’on doit donner sans cesse ? Et si le pardon de Dieu était conditionné au nôtre ?

3) « soixante-dix fois sept fois »

490 fois, c'est-à-dire, pardonne généreusement à qui te fait du tort dit Jésus à Pierre. Pardonne comme tu as été pardonné par Dieu. Agit toujours avec amour, compassion, compréhension, patience. Souviens-toi sans cesse comment tu as été pardonné par Dieu. Considère qu’en Jésus, le pardon est donné à tous, à ceux qui le demandent comme à ceux qui ne le demandent pas. Il est donné abondamment, inlassablement. Dieu ne dira jamais stop, tu as épuisé ton crédit de pardon. Certes, le pardon de Dieu devient salvateur, libérateur seulement pour celui qui le demande et qui croit. Pour ceux qui ne le demandent pas et n’y croient pas, il n’a aucun effet bénéfique. Mais cela n’enlève rien à sa qualité et à ce qu’il est donné à tous. Et pour être sûr d’être bien compris, Jésus raconte cette parabole du débiteur impitoyable. Parabole choquante, comment ce débiteur peut-il agit ainsi envers son prochain alors qu’il vient juste d’être gracié ? Souvenons-nous que chaque fois que nous refusons de pardonner nous ressemblons à ce débiteur. N’oublions jamais aussi que dans les relations humaines, le pardon est libérateur pour celui qui le donne comme pour celui qui le reçoit. Que faire alors ? Dans sa lettre aux Colossiens, l’apôtre Paul s’adresse particulièrement aux chrétiens : « Puisque vous êtes élus, sanctifiés, aimés de Dieu, revêtez des sentiments de compassion, de bienveillance, d’humilité, de douceur, de patience. Supportez-vous les uns les autres, et si l’un a un grief contre l’autre, pardonnez-vous mutuellement ; comme le Seigneur vous a pardonné, faites de même vous aussi ».

Conclusion :

« Combien de fois lui pardonnerai-je ? »

Rendons grâce tout d’abord au Seigneur pour son pardon, pour la qualité, l’infini de son pardon. Il est toujours prêt à nous pardonner, même ces fautes que l’on répète, ces travers dans lesquels on peut tomber souvent. Il ne se lasse pas, il oubli volontairement. Il peut le faire parce qu’il a payé une fois pour toutes et pour tous le prix fort. Il a donné sa vie pour que le pardon de nos fautes soit possible.

Venons à lui tels que nous sommes pour recevoir son pardon ce matin si nous en avons besoin. Et apprenons à pardonner comme Lui nous pardonne. C’est une grâce, une source de paix. Soyons généreux en pardon, c’est un témoignage qui libère.

Pasteur Joël Mikaélian 17/09/17

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux