Accueil Messages du Culte Message du culte du 24 septembre 2017 «Venez, retournons vers le Seigneur… »
Message du culte du 24 septembre 2017 «Venez, retournons vers le Seigneur… » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Osée 6. 1 à 3 / Mat. 20. 1 à 16 / Eph. 2. 8 à 10


Message en arménien

Message en français

« Venez, retournons vers le Seigneur… »

L

e monde protestant fête ces jours-ci et le mois prochain en particulier, l’anniversaire des 500 ans de la réformation. Le 31 octobre 1517 le moine Martin Luther affichait sur la porte de l’église de Wittenberg en Allemagne, 95 thèses contestant certaines pratiques de l’église catholique romaine. Il venait de vivre une profonde remise en question de sa foi chrétienne. Il avait réalisé à travers les textes bibliques que le salut était une grâce donnée par Dieu en Jésus Christ. Que l’homme devait se l’approprier par la foi pour être sauvé. Cet acte de foi devait initier un mouvement de réforme de l’église qui touchera toute l’Europe et qui se poursuivra en France et en Suisse avec le réformateur Jean Calvin. L’événement a été marqué vendredi et samedi dernier par un colloque organisé par la FPF à la Mairie de Paris. Marqué lui-même par la présence et l’intervention remarquée du Président de la république française. Son discours a été largement repris par la presse dès le lendemain, suscitant appréciation côté protestant comme forte réprobation côté laïque. Quelle que soit l’analyse que l’on porte, cette présence nous oblige à revisiter notre identité protestante et les convictions qui l’ont fait naître et dont nous sommes les héritiers. Méditons.

1°) « Venez, retournons vers le Seigneur… »

L’appel du prophète Osée résonne aujourd’hui encore aux oreilles de l’église. Dans un contexte historique particulier Osée invitait son peuple à revenir vers Dieu. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il s’en était éloigné en s’adonnant à des pratiques païennes, en se conformant au monde ambiant d’alors. Le conformisme au monde ambiant, c’est exactement ce qui a toujours été la tentation de l’église, c’est ce qui guette l’église aujourd’hui encore. L’église comme nouveau peuple de Dieu, peuple de la nouvelle alliance en Jésus a de tout temps eu du mal à résister à cette tentation du conformisme au monde ambiant. « Si notre civisme devenait conformisme, si notre tranquillité se muait en indifférence, alors nous aurions déserté le désert » (J. Beaubérot). Notre église elle-même n’échappe pas à cette tentation du repli sur soi, de l’entre-soi. De plus, ne sommes-nous pas sans cesse fortement sollicités par les tentations diverses de ce monde ? Tentations du matérialisme, du pouvoir, tentation du mal, du péché sous toutes ses formes : Orgueil, égoïsme, conflits, rivalités, jugements, jalousie, convoitises ; relâchement des mœurs dans le domaine de la vie de couple, de la vie de famille, vie d’église…

Ne sommes-nous pas tentés également par le relativisme ambiant, même en ce qui concerne la Bible comme parole de Dieu ; parole normative de la vie chrétienne ?

Tout ceci nous conduit de façon sournoise et subtile vers l’éloignement de Dieu, la tiédeur spirituelle, le contentement d’une approximation, une auto satisfaction, une acceptation de nos faiblesses comme étant inhérentes à notre nature humaine. Voilà pourquoi l’appel du prophète Osée reste d’actualité pour l’église aujourd’hui. Pourquoi revenir vers Dieu et comment ?

2°) « Vois-tu d’un mauvais œil que je sois bon ? »

Qui est Dieu ? Celui vers qui nous devons sans cesse revenir, chaque fois que nous nous en sommes éloignés ? La Bible nous le révèle. Il est un Dieu de grâce et non un Dieu revanchard, « père fouettard » tel que l’église le considérait au 16ème siècle, tel que certains le considèrent aujourd’hui encore. Dieu est bon, il est un bon Père. Il ne correspond pas à nos représentations. Il ne pense pas comme nous, il ne voit pas comme nous. Il gagne à être mieux connu même de ceux qui se réclament de lui. Il est un Dieu bienveillant, il sait se faire proche de nous bien qu’il soit infiniment loin de nous, tout autre que nous. Il est celui qui pardonne, qui restaure, qui relève, qui guérit. Il est un Dieu d’amour, un Père aimant qui invite sans cesse les hommes au salut, à entrer dans son royaume éternel. En tout temps, en toutes circonstances, il dit à tous comme dans la parabole : « Allez, vous aussi dans ma vigne… ». Il invite à entrer et à travailler, à servir pour son royaume. A accepter le salut et à œuvrer dans son royaume représenté ici-bas par l’église.

C’est vers ce « bon » Dieu que nous sommes invités à revenir, comme le souligne Osée. Il est un Dieu étonnant. Témoin cette parabole incompréhensible « des ouvriers de la onzième heure ». Parabole qui surprend toutes nos logiques, notre pensée, notre morale… Une parabole aux conclusions inacceptables dans le monde du travail, injuste ! Avouons que nous serions nous aussi tentés de crier au scandale comme les ouvriers de la première heure. Cette façon de faire est inacceptable, injuste. N’est-elle pas contraire à la normalité ? Et pourtant non, le maître reste juste tout en étant bon. Il est juste en ce qu’il donne ce qui est convenu aux premiers. Le reste est de sa liberté. S’il veut être bon, agir autrement envers d’autres, n’en a-t-il pas le droit ? C’est son bien ! Oui, Dieu est bon, n’hésitons jamais à revenir vers lui.

3°) Comment ?  « Efforçons-nous de connaître le Seigneur… »

Le prophète Osée n’hésite pas à parler d’effort pour connaître Dieu. De son temps, il s’agissait de connaître la loi et d’y obéir. Accomplir les rites du Temple, suivre les enseignements, prendre au sérieux la parole que Dieu leur adressait par les prophètes. Chaque fois que le peuple revenait ainsi vers Dieu, il retrouvait la paix, la guérison, la restauration. Pour nous il s’agit aujourd’hui d’accepter tout d’abord la grâce du salut en Jésus et d’obéir à sa Parole. Il s’agit de lire et de méditer, de réfléchir, de contextualiser cette Parole écrite qui nous a été transmise. C'est-à-dire la replacer dans son contexte historique, sociologique, culturel. Et d’en faire une application dans notre vie personnelle et communautaire.

Lors du colloque vendredi dernier, les intervenants toutes tendances confondues ont souligné ce qui a marqué la réforme et qui est devenu la « marque de fabrique » des protestants, à savoir ce rapport aux Ecritures, à la Bible. Mais force est de constater qu’aujourd’hui l’église protestante a tendance à ne conserver que le souvenir de cette « marque de fabrique », et non plus son contenu. Ce qui a fait la force de la réforme de 1517, et de celles qui ont suivi, a toujours été ce rapport particulier à la Bible. Une lecture et une étude des textes, conjuguant intelligence, raison, cœur, prière, ouverture à l’Esprit Saint qui porte ces paroles. Une « lectio divina », telle qu’elle se pratiquait déjà par les pères de l’église dès le 2ème siècle. Pratique reprise par les réformateurs comme Calvin au 16ème siècle et remise à l’ordre du jour actuellement dans l’église catholique. Lecture, Méditation, Prière et Contemplation. C’est cette pratique qui permet d’entrer dans une connaissance qui transforme, qui réforme sans cesse la vie intérieure et qui s’exprime par une vie ouverte aux autres, décentrée de soi et de ses intérêts propres. C’est cette connaissance de Dieu par la parole qui entraine la pratique de bonnes œuvres, le service dans l’église, le témoignage dans le monde. « Nous avons été créés en Jésus Christ pour les œuvres bonnes que Dieu a préparées d’avance afin que nous les pratiquions ». (Eph. 2. 10) Ce sont ces œuvres que Dieu attend de nous. Ce genre de connaissance qui porte du fruit.

En Jésus, nous avons le privilège d’une connaissance plus claire encore, plus accessible de Dieu. Les évangiles, les épîtres, les écrits des apôtres sont autant de richesses supplémentaires à notre disposition. Prenons le temps chaque jour de les utiliser pour notre croissance spirituelle et pour le bien de ceux qui nous entourent ; pour l’avancement de l’œuvre de Dieu. « Efforçons-nous de connaître le Seigneur… ». « L’Ecriture seule », c’était la première devise de Martin Luther, qu’il faisait suivre par « la grâce seule » et « la foi seule ».  Retrouvons ce chemin spirituel qui transforme ; cette contemplation qui transforme en Jésus. « Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire ; comme par le Seigneur, l’Esprit » (2 Cor. 3. 18)

Conclusion

« Venez, retournons vers le Seigneur… »

En ces jours d’anniversaire des 500 ans de la réforme, entendons cet appel et répondons-y. En rejetant le mal et les convoitises de ce monde, en acceptant joyeusement la grâce du salut, en considérant la bonté et l’amour de Dieu, en nous laissant transformer par sa parole et l’Esprit Saint qui la porte. En consacrant nos vies au service de Dieu et de notre prochain.

Ne soyons pas des « consommateurs de la grâce », mais des acteurs de la grâce. Ne « désertons pas le désert » mais habitons-le de la paix du Christ, de l’amour de Dieu, de sa bonté et de sa miséricorde.

De Martin Luther :

« Oh ! que c’est une chose vivante, agissante, active, puissante que la foi, et il est impossible qu’elle n’opère pas sans cesse le bien. Elle ne demande pas s’il y a de bonnes œuvres à faire, mais avant qu’on le lui ait demandé, elle les a déjà faites et est toujours en action… Le croyant, sans contrainte, est avide et désireux de faire du bien à tous, de rendre service à tous, de tout supporter, par amour pour Dieu et à la gloire de Dieu qui lui a accordé une telle grâce, de sorte qu’il est impossible de se séparer la chaleur et la lumière de la flamme. » Préface de la Lettre aux Romains.

Pasteur Joël Mikaélian
24/09/17

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux