Accueil Messages du Culte Message du 05 novembre 2017 - « Si vous ne voyez… »
Message du 05 novembre 2017 - « Si vous ne voyez… » PDF Տպել Էլ.փոստ
Messages du Culte
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Lam. 3. 21 à 26 / Jean 4. 46 à 54

«Si vous ne voyez… Vous ne croirez donc jamais ! »

Pour beaucoup aujourd’hui encore la foi demeure un mystère. Pourtant nous utilisons tous le verbe croire de façon courante. On croit que demain il fera beau ; on croit que telle personne nous aime, ou ne nous aime pas ; on croit que telle chose va arriver… Finalement, croire est devenu dans le langage courant davantage une hypothèse, un souhait, qu’une conviction ! La plupart du temps c’est même devenu une chose teintée de doute, d’incertitude. « Je crois » veut souvent dire, « je pense ». Alors que la Bible affirme : « La foi, est une ferme assurance des choses qu’on espère, la certitude de celles qu’on ne voit pas ». Mais est-ce bien raisonnable de dire cela ? Peut-on dans ce sens croire tous nos désirs ? Au risque d’être déçu, si au final, ce que l’on « croit » ne se réalise pas ! N’est-il pas dangereux et risqué de fonctionner ainsi ? Les textes de ce matin peuvent nous aider à mieux comprendre ce qu’est la foi et comment la vivre en conformité avec la pensée de Dieu, qui en est l’auteur. Quel message ce récit de l’évangile de Jean veut-il transmettre ici ? Chaque « signe », « miracle », a un sens qui le dépasse, un enseignement qui va au-delà de lui-même.

1°) « Un officier royal… vint le trouver et le prier… »

Le texte de l’évangile nous indique tout d’abord comment nous devons nous approcher de Dieu ? Il nous présente un officier royal, quelqu’un de haut rang dans la société de son temps. Celui-ci prend un double risque, celui d’être méprisé par son entourage et celui d’être rejeté par Jésus. Il risque la honte de se voir humilié et critiqué par son entourage royal. Pourtant il passe outre toutes ces considérations et il vient vers Jésus et le prie de guérir son fils. On ne s’approche pas de Dieu n’importe comment. Cela demande de l’humilité, du courage, de la sincérité, un engagement. Cela demande de « sortir de sa zone de confort » pour employer une expression à la mode. Aller vers lui, c’est ce que la Bible nous invite à faire sans cesse. Jésus a dit : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés… ». La foi est liée à l’humilité, à la reconnaissance de nos limites.

2°) « Cet homme crut à la parole de Jésus… »

Ce texte de l’évangile nous dit également, qu’il ne suffit pas de croire nos désirs, nos rêves, nos attentes pour que Dieu les réalise. C’est peut-être même dangereux de fonctionner ainsi. C’est une façon de « tenter de domestiquer Dieu », de le mettre à notre service. La foi véritable, la foi « raisonnable », croit ce que dit la Parole de Dieu. Non pas nos désirs et nos attentes ; non pas ce que je pense que Dieu me dit, mais ce qu’il dit dans sa Parole qui est la Bible. La nuance est peut-être subtile dans les mots, mais non dans le sens des mots, dans l’esprit qui est derrière les mots. C’est un point essentiel : La foi véritable se fonde sur la Parole de Dieu. Elle n’a aucun doute sur son amour, sur la grâce du salut en Jésus car c’est ce que la Bible affirme avec force. Elle n‘a aucun doute sur la valeur rédemptrice du sacrifice de Jésus ; sur les bontés de Dieu qui ne sont jamais épuisées et qui se renouvellent chaque matin (cf. Lam. 3. 21 à 26). Dieu affirme à maintes reprises qu’il a toujours du bien en réserve pour ceux qui le cherchent ; pour ceux qui s’attendent à lui. La foi ne sera jamais prise à défaut si elle se fonde sur la Parole de Dieu.

3°) « Va ton fils vit. Cet homme crut… et se mit en route… »

Se mettre en route, en mouvement. A travers l’expérience de cet homme, l’évangile nous dit que la foi est active, elle est mouvement. Ici au sens propre, il s’agit d’aller, de faire comme si la Parole dite était accomplie ; aller sans voir encore le miracle. Au sens figuré, cela peut vouloir dire pour nous aujourd’hui, obéir à ce que l’Esprit Saint nous révèle à travers la Bible et notre conscience. Il s’agira parfois d’une remise en question, ou d’une plus grande consécration, ou d’un renouvellement de notre confiance en Dieu avec les attitudes qui l’accompagnent. Se mettre en route, c’est vivre en confiance avec Dieu. C’est être proche de lui, apprendre parfois, comme le dit le prophète Jérémie, à attendre en silence l’intervention du Seigneur ; c’est accepter son chemin, même si ce n’est pas celui que l’on voudrait. « Seigneur, descends avant que mon fils ne meure… Va, ton fils vit… » « Va, tout seul ! dit Jésus ! Non Seigneur, viens avec moi… ». Non, va, dit Jésus, ton fils vit, c’est réglé ! Cet homme crut à la Parole de Jésus et se mit en route tout seul, sans que Jésus l’accompagne comme il l’aurait souhaité. Le Seigneur ne fait pas toujours ce qu’on lui dit. Même si notre demande est sincère et faite avec foi. Ce qui va de soi pour nous ne va pas toujours de soi pour lui. Mais cet homme se met en route quand même avec la conviction que quelque chose s’est passé. Par ce qu’il croit que ce Jésus qui lui a parlé n’est pas quelqu’un de commun, il est autre, il est le Fils Unique de Dieu ; il sait ce qu’il dit, il sait de quoi il parle ! Il ne parle pas en l’air. Tout est là ! Ou Jésus est le Christ, le Messie, l’envoyé de Dieu ou il ne l’est pas ! Mais si je crois qu’il l’est, et le crois fermement, alors tout change et doit changer dans ma façon de le considérer et de considérer sa Parole ! « La foi sans les œuvres est morte ! »

Dieu règne au de-là de tout. Il règne sur tout l’univers aussi grand et complexe soit-il. Il déroule son plan selon son agenda et pas selon le nôtre. Il le fait avec compassion, avec attention. Mais ne nous trompons pas, la foi n’est pas un moyen de faire pression sur la souveraineté de Dieu. Nos échecs, nos épreuves, nos difficultés, ne sont pas toujours le fruit de notre manque de foi. Ils s’inscrivent aussi dans les plans et la volonté de Dieu. Nous l’oublions trop souvent !

« Ton enfant vit… A quelle heure il s’est trouvé mieux ? » Ce second « signe » de Jésus nous parle aussi du temps. Quand est-ce que Dieu va agir ? A quel moment ? Question qui nous perturbe souvent en tant que chrétiens. Au final, c’est sa parole qui s’accomplit, et elle s’accomplit au moment même où il le dit. Elle se réalise quand il le dit et à distance, comme pour nous dire qu’il ne faut jamais limiter Dieu dans nos idées, nos projets, notre temps.

« Si vous ne voyez… Vous ne croirez donc jamais ! »

« La foi, est une ferme assurance des choses qu’on espère, la certitude de celles qu’on ne voit pas ». Elle demande de l’humilité pour s’approcher de Dieu et de reconnaître nos limites. Elle doit être fondée sur la Bible, Parole de Dieu, ses exhortations, ses exigences, ses promesses. Elle doit nous mettre en mouvement, nous pousser à la prière, au service, aux bonnes œuvres. Que Dieu nous accorde de vivre une telle foi !

Pasteur Joël Mikaélian
05/11/17

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux